Critiques Séries : Made in Korea. Saison 1. Episode 5.

Critiques Séries : Made in Korea. Saison 1. Episode 5.

Made in Korea // Saison 1. Episode 5. #1.05.

 

L’épisode 5 de Made in Korea marque un basculement discret mais décisif dans la trajectoire de Gi-tae. Jusqu’ici, le personnage avançait avec une forme de contrôle, donnant l’impression d’anticiper chaque coup. Ce nouvel épisode montre au contraire un homme pris dans un engrenage qu’il a lui-même déclenché, incapable de distinguer loyauté, pouvoir et survie. Le récit s’ouvre sur un retour en arrière situé en 1965, pendant la guerre du Vietnam. Gi-tae apparaît déjà comme un homme vidé de toute idéologie. La guerre n’a pas de sens politique à ses yeux, elle représente uniquement une mécanique brutale où tuer devient une condition pour rester en vie. 

 

Cette séquence éclaire un aspect fondamental du personnage : Gi-tae a toujours été un exécutant, utilisé par des forces plus puissantes que lui.  Ce passé explique en partie son obsession actuelle pour l’argent et l’ascension sociale. Il ne veut plus servir, il veut diriger. De retour dans le présent, la tension judiciaire monte d’un cran. Jang tente de faire tomber Gi-tae en utilisant Pyo comme levier, convaincu que la mort de Hwang peut être reliée à une opération interne mal dissimulée. L’interrogatoire révèle surtout les limites du système judiciaire face à l’appareil politique. Même lorsque les soupçons sont clairs, l’absence de preuves concrètes suffit à tout faire s’écrouler. La libération rapide de Pyo agit comme une gifle pour Jang, déjà isolé au sein de son propre service.

Gi-tae, de son côté, continue de jouer sur plusieurs tableaux. Il restitue l’argent détourné tout en présentant un projet bien plus vaste : transformer une somme initiale en un financement massif au service de la réélection présidentielle. Cette proposition n’est pas qu’un simple deal financier. Elle représente une tentative de changement de statut. Gi-tae ne veut plus être un pion utile, il cherche à devenir indispensable. Cheon accepte, non sans rappeler que ce genre d’ambition attire toujours des ennemis. L’épisode insiste sur les jeux d’influence au sommet de l’État. Les échanges entre Cheon et Na montrent une rivalité froide, presque administrative, où chaque mot peut être interprété comme une menace. 

 

Gi-tae devient un enjeu politique, plus qu’un individu. Sa valeur dépend uniquement de son efficacité et de sa discrétion, deux qualités déjà mises à mal. Sur le plan personnel, la situation dégénère rapidement. La trahison interne finit par se révéler, et Gi-tae comprend que les fuites viennent de son entourage proche. La confrontation avec Dae-il est l’une des scènes les plus révélatrices de l’épisode. Plutôt que de chercher la vérité par le dialogue, Gi-tae choisit l’intimidation pure. Ce moment souligne à quel point la violence est devenue son langage principal, même face à ceux qui lui étaient loyaux. La manipulation qui suit, destinée à détourner l’attention de Jang avec une fausse piste, montre une certaine efficacité stratégique. 

Pourtant, cette victoire ressemble davantage à un pansement qu’à une solution durable. L’enquête interne lancée contre la division de Jang renforce l’idée que le système préfère neutraliser ceux qui posent trop de questions plutôt que résoudre les problèmes. Pendant ce temps, le récit s’élargit à l’international. À Osaka, le trafic de méthamphétamine est sous pression. Les clans japonais hésitent, reculent, mais Yuji refuse d’abandonner. Elle incarne une vision pragmatique du crime organisé, prête à déplacer les opérations pour survivre. Sa rencontre avec Cheon introduit une menace supplémentaire pour Gi-tae. Elle ne le voit pas comme un allié, mais comme un outil fragile, trop attaché à sa famille pour rester fiable.

 

Cette notion de faiblesse familiale devient centrale avec l’intrigue autour de Ki-hyun, le frère de Gi-tae. Dans l’armée, Ki-hyun tente de protéger un soldat harcelé, mais la situation dégénère jusqu’au drame. Le traitement de cette storyline met en avant un contraste fort entre les deux frères. Là où Gi-tae agit dans l’ombre et par la peur, Ki-hyun cherche encore à croire en une forme de justice institutionnelle. L’intervention directe de Gi-tae dans les affaires militaires de son frère marque une rupture. En écrasant les supérieurs hiérarchiques par son influence, il prouve qu’il peut gagner, mais au prix de la dignité de Ki-hyun. Ce dernier refuse cette victoire arrangée. 

Son choix de partir au Vietnam n’est pas une fuite, mais une tentative de reprendre le contrôle de sa propre valeur. La confrontation finale entre les deux frères est lourde de sens. Gi-tae ne comprend pas ce refus. À ses yeux, le pouvoir justifie les moyens. Ki-hyun, au contraire, rejette cette logique, quitte à se mettre en danger. Cette fracture familiale renforce l’isolement de Gi-tae, déjà cerné par des alliés prêts à le remplacer. L’épisode se conclut sur une disparition inquiétante. Jang, en apparence toujours droit malgré les obstacles, disparaît brutalement. La mise en scène laisse planer le doute sans apporter de réponse immédiate. Ce choix narratif crée une attente tendue pour le final.

 

Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 5 de Made in Korea ne cherche pas à accélérer artificiellement l’intrigue. Il préfère montrer l’accumulation des fissures autour de Gi-tae. Chaque décision renforce son pouvoir à court terme, mais fragilise son avenir. À ce stade, il ne s’agit plus de savoir s’il tombera, mais combien de personnes seront entraînées avec lui.

Disponible sur Disney+

 

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