Menace imminente (Saison 1, 6 épisodes) : un thriller cyber qui promet beaucoup et livre un récit brouillon

Menace imminente (Saison 1, 6 épisodes) : un thriller cyber qui promet beaucoup et livre un récit brouillon

Quand j’ai commencé Menace Imminente, je n’avais aucune idée de son origine littéraire. Je ne connaissais pas le roman dont elle s’inspire et je n’avais pas d’attente particulière. Je me suis contenté de lancer les épisodes en espérant découvrir un thriller solide, mêlant espionnage contemporain, cybermenaces et tensions diplomatiques. Avec six épisodes et une course annoncée de 72 heures, je m’attendais à un récit dense et tendu. Au final, la saison m’a surtout laissé la sensation d’une série longue, fainéante dans son écriture et saturée de clichés, au point de devenir parfois incompréhensible.

 

Le point de départ semble clair : un logiciel pirate extrêmement dangereux est utilisé à Paris pour éliminer une cible de manière déguisée. Cet acte déclenche une enquête croisée entre services français et israéliens. Sur le papier, c’est un terrain fertile. Le cyberespace, les jeux d’alliances, la course contre la montre… Tout cela pourrait former un cadre convaincant. Mais dès les premiers épisodes, j’ai eu du mal à suivre la logique de l’enquête. Les changements de lieux s’enchaînent, les personnages apparaissent puis disparaissent, les pistes se multiplient sans direction claire. L’intrigue semble vouloir tout montrer, tout expliquer, mais sans jamais prendre le temps de structurer son propos.

 

Je ne parle pas ici d’un manque de complexité ; c’est plutôt un sentiment d'accumulation sans hiérarchie. À force de vouloir étoffer un univers, la série obscurcit ses propres enjeux. Au bout du deuxième épisode, je me suis surpris à revoir certaines scènes, persuadé d’avoir raté une information essentielle. Rien n’y faisait : l’histoire restait floue, comme si elle refusait de se poser. Au centre du récit, deux personnages mènent l’enquête : Zeev Abadi, figure du renseignement israélien, et Fleur Giroud, officier de l’antiterrorisme française. Leur passé commun est censé donner du relief à leur relation, mais j’ai trouvé cette dynamique artificielle. 

 

On sent la volonté de créer une tension personnelle en parallèle de l’enquête, mais l’écriture ne parvient pas à rendre cette relation crédible. Patrick Bruel incarne Abadi avec retenue, parfois trop. Son personnage semble constamment sur la défensive, comme si quelque chose freinait son implication. Cette posture peut convenir à un espion, mais elle finit par donner une impression d’inertie. J’avais souvent du mal à percevoir ce que le personnage ressentait ou ce qu’il cherchait réellement. Quant à Natacha Lindinger, son interprétation ne manque pas d’engagement, mais elle se heurte à des dialogues très rigides et à des scènes où la mise en scène la laisse seule face à un texte déjà fragile. 

 

Sa capitaine Giroud aurait mérité une écriture plus cohérente et un arc plus lisible. À la place, elle se retrouve au cœur d’une intrigue qui la bouscule sans toujours lui permettre d’exister. Le plus déroutant, dans Menace Imminente, reste son usage systématique de clichés. À mesure que les épisodes avancent, les poncifs s’empilent : la tueuse froide et sans nuance, les conflits personnels qui refont surface pile au mauvais moment, les figures d’autorité qui passent leur temps à gronder, les révélations qui tombent juste avant un retournement annoncé, les jeunes recrues virtuoses mais caricaturales. Ces choix donnent parfois l’impression d’assister à une parodie involontaire du thriller d’espionnage. 

 

Même les moments censés être tendus manquent de spontanéité, comme si chaque scène cherchait à cocher une case plutôt qu’à suivre une logique organique. Visuellement, la série propose quelques décors intéressants et une alternance entre Paris et Tel-Aviv qui pourrait enrichir l’intrigue. Mais ce potentiel n’est pas toujours exploité. Les poursuites sont courtes, les scènes d’intérieur manquent de rythme, et l’utilisation du montage rapide donne parfois l’impression que la série tente de masquer des transitions bancales. Certaines séquences sont filmées avec une vraie intention, notamment dans les épisodes centraux, mais j’ai souvent ressenti un manque de cohérence visuelle. 

 

Comme si la réalisation oscillait entre l’envie de dynamiser le récit et la contrainte de s’adapter à un scénario qui peine à maintenir une ligne claire. La série cherche à embrasser énormément de choses : espionnage, cybercriminologie, drame intime, enjeux géopolitiques, rivalités internes, tensions familiales, romance esquissée, conspiration tentaculaire. Cette accumulation produit un effet inattendu : une confusion permanente. À force de multiplier les axes, Menace Imminente rend son propre récit difficile à suivre. Plusieurs personnages apparaissent brièvement, semblent essentiels, puis disparaissent sans explication. D’autres sont réintroduits après de longues absences, comme si le scénario avait oublié leur existence.

 

J’ai ressenti ce manque de clarté jusqu'au dernier épisode. Je suivais le fil général, mais je peinais à comprendre précisément les motivations de certains protagonistes ou la logique derrière certaines décisions. La série donne l’impression de courir après son ambition sans jamais réussir à la canaliser. Après six épisodes, je reste avec l’impression d’un thriller qui aurait pu être beaucoup plus fort. Les thèmes choisis avaient du potentiel, mais l’exécution ne suit pas. Entre le rythme qui s’étire, les clichés à répétition, la confusion narrative et les scènes qui semblent parfois bâclées, la série peine à maintenir l’attention.

 

Je n’ai pas détesté l’expérience, mais j’ai passé plus de temps à essayer de comprendre qu’à me laisser emporter. Et lorsqu’un thriller oblige à s’accrocher non pas par tension, mais par nécessité, c’est que quelque chose ne fonctionne pas. Menace Imminente n’est pas dépourvue d’idées, mais elle manque de cohésion, de direction et d’âme. Pour moi, c’est une série qui se regarde par curiosité, mais qui laisse un goût d’inachevé et une impression persistante : celle d’un projet qui avait de l’ambition mais qui se perd dans sa propre mécanique.

 

Note : 3.5/10. En bref, un thriller cyber ambitieux en apparence, mais en réalité long, brouillon et bourré de clichés, au point d’en devenir presque incompréhensible.

Disponible sur TF1+

 

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