Nobody Wants This (Saison 2, 10 épisodes) : une suite qui tourne en rond

Nobody Wants This (Saison 2, 10 épisodes) : une suite qui tourne en rond

La saison 2 de Nobody Wants This était attendue avec une certaine curiosité. La première saison avait su installer une dynamique particulière entre comédie romantique et questionnements identitaires, portée par un duo d’acteurs immédiatement reconnaissable. Dix nouveaux épisodes plus tard, le sentiment dominant reste pourtant celui d’un rendez-vous manqué. Cette suite donne l’impression d’une répétition maîtrisée mais sans réel élan, comme si la série hésitait à faire évoluer ses personnages de peur de perdre ce qui avait fonctionné auparavant. Dès les premiers épisodes, la saison reprend presque exactement là où la précédente s’était arrêtée. 

 

Joanne et Noah sont toujours ensemble, toujours empêtrés dans les mêmes dilemmes, toujours incapables d’avancer sans transformer chaque discussion en mini-crise existentielle. L’enjeu principal reste inchangé : la conversion potentielle de Joanne au judaïsme et ce que cela implique pour leur couple. Le problème ne vient pas du sujet en lui-même, mais de la manière dont il est traité. L’intrigue avance peu, recule souvent, et finit par donner l’impression que chaque conflit est artificiellement prolongé pour tenir dix épisodes. Le personnage de Noah devient particulièrement difficile à suivre cette saison. Là où la première saison le présentait comme un homme plutôt équilibré, parfois idéalisé, cette nouvelle salve d’épisodes le montre plus rigide, parfois condescendant, et souvent déconnecté de ce qu’il est censé incarner. 

 

Son statut de rabbin, censé apporter de la nuance et de l’écoute, contraste avec son incapacité à comprendre les besoins émotionnels de ses proches. Cette dissonance affaiblit fortement l’attachement au personnage et rend certaines scènes franchement frustrantes à regarder. Joanne, de son côté, semble perdre ce qui faisait son charme initial. Son énergie désordonnée, presque attachante en saison 1, laisse place à une instabilité plus lourde, moins drôle, et parfois égocentrée. Les scénarios tentent régulièrement d’expliquer sa personnalité au lieu de la montrer à travers des actions cohérentes. Résultat : un personnage qui parle beaucoup de ses peurs et de ses blocages, mais dont l’évolution reste floue. 

 

Même lorsque des éléments de son passé sont abordés, l’impact émotionnel reste limité, comme si ces révélations arrivaient trop tard ou sans véritable conséquence. La dynamique du couple central souffre directement de cette stagnation. Les scènes à deux existent, mais la série passe beaucoup de temps à isoler Joanne et Noah dans des intrigues séparées, au détriment de leur relation. Là où la saison 1 reposait sur une tension romantique crédible, la saison 2 peine à justifier pourquoi ces deux personnages restent ensemble. Les conflits s’enchaînent sans réelle progression, puis se résolvent brusquement, souvent dans les dernières minutes d’un épisode, ce qui donne un sentiment de facilité scénaristique.

 

Les intrigues secondaires n’aident pas à renforcer l’ensemble. L’arc autour d’Esther et Sasha s’étire inutilement et devient rapidement répétitif. Leur relation traverse des zones de turbulence qui semblent davantage dictées par les besoins du scénario que par une logique interne aux personnages. Cette impression est renforcée par certaines décisions abruptes, difficiles à concilier avec ce qui avait été établi auparavant. L’évolution d’Esther, en particulier, paraît contradictoire et laisse une impression d’inachevé. Morgan reste l’un des personnages les plus vivants de la série, mais la saison 2 choisit de lui offrir une intrigue amoureuse qui manque de crédibilité. 

 

Sa relation avec Andy soulève des questions intéressantes sur la manipulation émotionnelle et le besoin de validation, mais ces thèmes sont survolés. La rapidité avec laquelle cette relation se met en place empêche toute exploration en profondeur, ce qui réduit son impact narratif. Là encore, la série semble pressée d’installer un conflit sans prendre le temps de le développer. Sur le plan thématique, la saison 2 de Nobody Wants This oscille constamment entre volonté de profondeur et traitement superficiel. La question de la religion est omniprésente, parfois plus insistante que dans la saison précédente, mais elle est souvent utilisée comme un outil narratif plutôt que comme un véritable espace de réflexion. 

 

Les références religieuses, les sermons et les parallèles symboliques finissent par sembler mécaniques, presque pédagogiques, ce qui enlève une partie de leur sincérité. La mise en scène et l’univers visuel restent agréables, avec ce Los Angeles idéalisé et lumineux qui sert de décor à toutes les hésitations existentielles des personnages. Toutefois, cet écrin soigné contraste de plus en plus avec une écriture qui manque de surprise. Certains placements de produits particulièrement visibles renforcent même l’impression d’un emballage plus travaillé que le contenu. Le final de la saison 2 cristallise l’ensemble des problèmes rencontrés au fil des épisodes. 

 

La conclusion reprend une structure très proche de celle de la saison 1, sans véritable twist ni prise de risque. Après dix épisodes à éviter le cœur du problème, la résolution arrive rapidement, presque trop facilement. Cette répétition donne le sentiment que la saison entière servait surtout de transition, sans réelle justification narrative. Au terme de ces dix épisodes, la question n’est pas tant de savoir si une saison 3 est souhaitable, mais si elle est nécessaire. 

 

Note : 5.5/10. En bref, la saison 2 de Nobody Wants This laisse une impression de stagnation, comme un avant-goût étiré artificiellement. Sans évolution claire des personnages ni renouvellement des enjeux, l’attente d’une suite paraît plus fatigante qu’excitante. Le casting reste solide, mais il ne suffit plus à masquer une écriture qui tourne en rond.

Disponible sur Netflix

Netflix à renouvelé Nobody Wants This pour une saison 3. 

 

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