Critique Ciné : Black Spines (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Black Spines (2026, direct to SVOD)

Black Spines // De Jordon Foss. Avec Jan Luis Castellanos, Tiana Le et Elizabeth Yu.

 

Black Spines part avec des idées intéressantes et une vraie envie de faire autrement, mais le film peine à transformer ces intentions en un ensemble vraiment convaincant. Ce premier long métrage de Jordon Foss cherche à mélanger slasher adolescent et drame intime autour du deuil. Sur le papier, l’équilibre peut intriguer. À l’écran, le résultat reste souvent bancal, parfois touchant, mais globalement trop fade pour marquer durablement. Le récit suit Cameron, un adolescent marqué par la mort récente de son père. Une absence qui pèse lourdement sur son quotidien, déjà compliqué par un harcèlement scolaire constant. 

 

Un adolescent qui enquête sur des meurtres mystérieux dans sa petite ville découvre une collection de cassettes VHS qui pourraient révéler l’identité d’un tueur en série notoire.

 

Le film insiste sur cette solitude, sur ce sentiment d’être invisible ou mal compris, aussi bien à l’école qu’au sein de sa propre famille. Sa sœur Kathryn traverse le même deuil, mais d’une manière plus contenue, plus explosive aussi. Cette dynamique familiale est clairement l’un des aspects les plus solides du film. Autour de ce drame personnel se greffe une intrigue de slasher assez classique. La petite ville de Page Hollow est la cible d’un tueur masqué connu sous le nom de The Pill. Une figure presque morale dans sa présentation, censée “soigner” ceux qui dépassent les limites. Le concept est simple, pas inintéressant, mais il reste en surface. 

 

Le film n’approfondit jamais vraiment cette idée, se contentant d’en faire un moteur narratif sans véritable réflexion derrière. Là où Black Spines essaie de se distinguer, c’est dans son rythme. Le film prend son temps, parfois beaucoup trop. Jordon Foss privilégie une progression lente, presque contemplative, loin des slashers nerveux et bruyants. Ce choix peut séduire sur certaines scènes, notamment lorsqu’il s’agit de suivre Cameron dans son isolement. Mais cette lenteur finit aussi par étirer artificiellement le récit, au point de créer des creux difficiles à ignorer. Le scénario souffre particulièrement de son introduction massive de personnages secondaires. Beaucoup apparaissent brièvement, sans réelle caractérisation, avant de disparaître ou de mourir sans que cela n’ait un réel impact. 

 

Le film semble parfois se souvenir trop tard qu’il doit donner un minimum d’épaisseur à ses victimes, allant jusqu’à expliquer qui elles étaient après leur mort. Ce procédé casse le peu d’émotion que certaines scènes auraient pu provoquer. Sur le plan émotionnel, Black Spines reste pourtant plus sincère que beaucoup de productions du même genre. Le traitement du deuil évite les scènes trop appuyées ou les dialogues grandiloquents. La tristesse est discrète, presque étouffée, ce qui fonctionne plutôt bien. Cameron est un personnage fermé, fatigué, et cette retenue rend sa détresse crédible. Le film n’en fait pas trop, et c’est sans doute l’un de ses mérites. L’interprétation de Jan Luis Castellanos contribue à cette impression. 

 

Sans être mémorable, sa prestation reste juste et cohérente avec le ton du film. Tiana Le, dans le rôle de Kathryn, apporte une énergie différente, plus nerveuse, qui équilibre bien le duo. Leur relation fraternelle est probablement ce que Black Spines a de plus humain à offrir. C’est là que le film touche parfois juste, sans jamais aller assez loin pour vraiment émouvoir. Les scènes de meurtre, élément central de tout slasher, sont correctement exécutées. Les effets spéciaux, signés Gary J. Tunnicliffe, font le travail. Les kills sont lisibles, efficaces, parfois brutaux, mais rarement surprenants. Le film respecte les codes sans les détourner. Rien de honteux de ce côté-là, mais rien de réellement marquant non plus. On est loin de scènes qui restent en tête une fois le générique passé.

 

La musique d’Alexander Bornstein tente, elle aussi, d’apporter une identité au film. Le choix de souligner les moments qui suivent les meurtres, plutôt que de passer immédiatement à la suite, est intéressant. Cela donne un certain poids aux scènes, une impression de malaise persistant. Malheureusement, cet effort sonore ne suffit pas à compenser un manque global de tension. Le suspense peine à s’installer durablement. Le plus gros problème de Black Spines reste son écriture. Le film accumule les petites incohérences, surtout dans sa dernière partie. Les personnages prennent des décisions discutables, omettent de partager des informations importantes, uniquement pour faire avancer l’intrigue. 

 

Le twist final, pourtant central, est trop prévisible et mal préparé. Le film ne joue jamais vraiment avec le doute, ce qui rend la révélation assez plate. Il y avait pourtant matière à faire mieux avec les éléments en place. Le tueur, le contexte, le thème du deuil, tout est là. Mais l’ensemble manque de liant et de précision. Black Spines donne souvent l’impression de vouloir être plus profond qu’il ne l’est réellement, sans jamais assumer pleinement une direction claire. Au final, Black Spines n’est pas un désastre, mais il reste très en dessous de ce qu’il promet. Quelques idées fonctionnent, certains moments touchent juste, mais l’ensemble est trop mou, trop prévisible et trop mal structuré pour réellement convaincre. 

 

Note : 4/10. En bref, un slasher médiocre, porté par de bonnes intentions, qui se regarde sans déplaisir mais s’oublie presque aussitôt.

Prochainement en France en SVOD

 

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