10 Janvier 2026
People We Meet in Vacation // De Brett Haley. Avec Tom Blyth, Emily Bader et Lukas Gage.
Avec People We Meet in Vacation, Netflix propose une nouvelle comédie romantique portée par le voyage, les souvenirs et cette idée bien connue du bon moment jamais assumé. Le film, adapté du roman à succès d’Emily Henry, coche toutes les cases du genre : deux amis très différents, des vacances répétées, des sentiments évidents mais jamais exprimés, et une fin que personne n’ignore vraiment. Reste à savoir si le trajet vaut le coup, même quand la destination est connue d’avance. L’histoire suit Poppy et Alex, deux jeunes adultes que tout oppose. Elle est expansive, spontanée, toujours prête à partir ailleurs. Lui est plus réservé, attaché à ses habitudes, à sa ville, à une forme de stabilité.
Tous les étés pendant près de dix ans, la fantasque Poppy et le sage Alex sont partis en voyage à l'aventure, et puis ils se sont perdus de vue. Après quelques années de silence, voilà qu'un périple fatidique les réunit à nouveau et les force à affronter des sentiments inavoués.
Leur rencontre se fait lors d’un trajet en voiture, presque par accident, et de cette rencontre naît une tradition : une grande escapade ensemble chaque été. Année après année, ces voyages deviennent le cœur de leur relation, sans jamais franchir la ligne du couple officiel. Dès les premières minutes, People We Meet in Vacation installe un ton léger. Les dialogues cherchent le naturel, parfois avec des petites phrases qui font sourire, parfois avec des échanges plus mécaniques. Le film joue beaucoup sur l’opposition de caractères : Poppy fonce, Alex freine. Elle parle vite, il réfléchit trop. Cette dynamique fonctionne au début, notamment grâce à l’énergie d’Emily Bader, très à l’aise dans ce registre. Son personnage donne du rythme et empêche le film de sombrer trop vite dans la monotonie.
La structure narrative repose sur des allers-retours constants entre présent et souvenirs de vacances passées. L’idée est plutôt intéressante sur le papier, car elle permet de montrer l’évolution du lien entre Poppy et Alex sur plusieurs années. Dans les faits, ce montage non linéaire finit par poser problème. Le film saute d’une époque à l’autre sans toujours prendre le temps d’installer un contexte clair. Les lieux changent souvent, les années passent, mais peu de détails permettent de sentir réellement le temps qui s’écoule. Tout semble un peu hors-sol. Le voyage est clairement au centre du projet. Boston, Barcelone, New Orleans, l’Italie, le Canada… Les décors s’enchaînent comme des cartes postales. C’est joli, bien filmé, parfois agréable à regarder.
Mais cette accumulation de destinations donne aussi l’impression que le film compte beaucoup sur ses paysages pour créer de l’émotion. Le déplacement devient un gimmick plus qu’un moteur narratif. Finalement, ces vacances servent surtout de toile de fond à des discussions qui pourraient avoir lieu n’importe où. Le cœur du film repose sur la relation entre les deux personnages. Et c’est là que People We Meet in Vacation montre ses limites. Le scénario passe beaucoup de temps à expliquer pourquoi Poppy et Alex se complètent, mais montre assez peu ce qui rend leur lien réellement unique. Les dialogues insistent sur leur importance mutuelle, sur ce qu’ils s’apportent, mais les scènes manquent souvent de moments simples, silencieux, qui feraient ressentir cette connexion plutôt que de la décrire.
Il y a pourtant quelques passages qui fonctionnent. Une danse un peu excessive dans un bar, une dispute sous la pluie, une scène plus douce quand l’un prend soin de l’autre. Ces instants laissent entrevoir ce que le film aurait pu être s’il avait pris le temps de respirer. Malheureusement, ils sont souvent expédiés, comme si le récit avait peur de s’attarder trop longtemps sur l’émotion. Le personnage d’Alex souffre particulièrement de ce manque de profondeur. Son attachement à sa ville natale, son rapport à la famille, ses responsabilités personnelles sont à peine esquissés. Sans ces éléments, certaines de ses décisions paraissent abruptes, voire injustes, alors qu’elles devraient être chargées de doutes et de peurs.
Le film donne parfois l’impression de le rendre plus froid qu’il ne devrait l’être, ce qui déséquilibre la relation avec Poppy. Poppy, de son côté, est mieux définie, mais reste aussi prisonnière d’un traitement superficiel. Son rapport au voyage, à l’instabilité, à l’idée de « chez soi » est abordé, sans être réellement creusé. Une phrase résume assez bien le propos du film : chez soi serait l’endroit où l’on peut être pleinement soi-même. C’est une idée intéressante, mais qui reste au stade de la déclaration, sans véritable exploration émotionnelle derrière. Sur le plan de la mise en scène, le film est propre, sans prise de risque. La réalisation de Brett Haley reste sage, presque trop.
La photographie est flatteuse, la musique bien choisie, mais rien ne vient vraiment marquer la mémoire. Même les scènes censées être fortes émotionnellement manquent d’impact, faute de construction sur la durée. Le plus grand problème de People We Meet in Vacation est sans doute son rythme. Le film donne souvent l’impression d’être pressé, comme s’il voulait couvrir trop de choses en trop peu de temps. Cette sensation est d’autant plus frustrante que le matériau de départ aurait mérité plus d’espace. L’histoire aurait sans doute gagné à être racontée sur un format plus long, ou de manière plus linéaire, afin de mieux faire exister les personnages et leur évolution.
Au final, People We Meet in Vacation reste une comédie romantique correcte, agréable par moments, mais vite oubliable. Le film se regarde sans déplaisir, surtout pour celles et ceux qui aiment les romances douces et les décors ensoleillés. Mais il manque cette étincelle, cette sincérité un peu brute qui transforme une histoire attendue en expérience touchante. Une escapade sympa, mais qui laisse l’impression d’être passée trop vite, sans vraiment laisser de traces.
Note : 5/10. En bref, People We Meet in Vacation reste une comédie romantique correcte, agréable par moments, mais vite oubliable. Le film se regarde sans déplaisir, surtout pour celles et ceux qui aiment les romances douces et les décors ensoleillés.
Sorti le 9 janvier 2026 directement sur Netflix
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