Critique Ciné : Play Dead (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Play Dead (2026, direct to SVOD)

Play Dead // De Carlos Goitia. Avec Paula Brasca, Damian Castillo et Catalina Motto.

 

Play Dead partait pourtant avec un avantage certain : une durée courte, un concept simple et un décor unique, autant d’éléments qui peuvent donner naissance à un bon film d’horreur tendu et efficace. Malheureusement, malgré quelques intentions intéressantes, le résultat final reste largement décevant. Rien d’irregardable ici, mais clairement pas un film qui marque ni qui exploite vraiment son potentiel. L’histoire débute avec Alison, interprétée par Paula Brasca, qui se réveille dans une cave sombre, blessée et entourée de cadavres de femmes. Elle ne sait pas comment elle est arrivée là, ni pourquoi elle a été enlevée. 

 

Une femme se réveille blessée dans une cave, entourée de cadavres. Pour survivre, elle fait semblant d’être morte pendant qu’un rituel grotesque se déroule dans la maison au-dessus.

 

Rapidement, un homme massif et masqué descend récupérer les corps. Alison comprend qu’elle n’a qu’une option pour survivre : faire la morte. Sur le papier, cette idée fonctionne. Elle crée une tension immédiate et impose une règle claire au film. Le problème, c’est que cette idée reste quasiment la seule véritable trouvaille du scénario. Très vite, Play Dead donne l’impression de tourner en rond. La mécanique est toujours la même : le ravisseur descend, Alison retient sa respiration, il repart. Ce schéma se répète sans réelle variation ni montée dramatique. Là où le film aurait pu jouer sur le temps, la fatigue, la douleur ou la peur qui s’accumule, il se contente de reproduire la même situation avec peu d’évolution. 

 

La tension finit par s’user, et l’attente devient plus mécanique qu’angoissante. L’apparition d’une seconde survivante, Emily, aurait pu relancer l’intérêt. Leur tentative de communication apporte un peu d’humanité à l’ensemble, mais cette sous-intrigue est expédiée trop rapidement. La scène où le ravisseur découvre qu’Emily est encore en vie est brutale, certes, mais surtout prévisible. Le film ne prend jamais vraiment le temps de construire une relation ou un attachement qui rendrait ce moment marquant. Le passage avec l’appel téléphonique du mari d’Emily illustre bien les limites du scénario. Alison essaie d’expliquer la situation, supplie qu’on appelle la police, mais personne ne la croit. 

 

L’idée est logique, mais la scène manque de crédibilité émotionnelle. Tout semble trop rapide, trop facile, comme si le film cochait une case obligatoire plutôt que de chercher à créer un vrai malaise. À mi-parcours, Play Dead quitte enfin la cave pour se déplacer à l’étage supérieur de la maison. Sur le moment, cela laisse espérer un renouvellement du récit. En réalité, ce changement reste très limité. Deux ou trois pièces, pas plus, et des situations qui ne font que prolonger artificiellement le concept de départ. Certaines scènes se veulent étranges, voire dérangeantes, mais elles tombent souvent à plat, faute de mise en scène forte ou de véritable enjeu.

 

L’explication derrière les enlèvements et la présence des corps se veut volontairement bizarre. Le souci n’est pas tant l’étrangeté que le manque de préparation. La révélation arrive sans réel impact, comme une idée lancée trop tard pour surprendre. La fameuse “twist ending” évoquée par certains donne surtout l’impression d’un bricolage de dernière minute. Elle ne recontextualise pas le film, elle ne le rend pas plus intéressant rétrospectivement. Sur le plan technique, Play Dead est correct sans jamais aller plus loin. La photographie est sombre, parfois efficace, mais souvent plate. Le décor unique aurait pu devenir un personnage à part entière ; il reste finalement un simple espace fonctionnel. 

 

Les effets sont modestes, ce qui n’est pas un problème en soi, mais ils manquent de précision et de finition dans certaines scènes clés. La question de la langue pose aussi problème. Le film est tourné en anglais, visiblement pour des raisons de diffusion internationale, mais cela sonne souvent faux. Le doublage de Catalina Motto est particulièrement visible et casse l’immersion. Paula Brasca, elle, n’est pas doublée, ce qui crée un décalage étrange entre les personnages. Avec si peu de dialogues, un tournage en espagnol aurait sans doute été plus naturel et plus cohérent. Le choix d’utiliser de vieux téléphones, sans jamais expliquer l’époque du récit, ajoute une confusion inutile. 

 

Cela donne l’impression d’un film coincé entre deux intentions : être intemporel ou simplement contourner certaines facilités scénaristiques liées aux smartphones. Le résultat reste flou et maladroit. Côté interprétation, Paula Brasca fait ce qu’elle peut avec un rôle très contraint. Elle repose surtout sur le physique et l’expression corporelle, mais le scénario ne lui donne jamais l’occasion de développer une vraie personnalité. Alison reste un corps en survie plus qu’un personnage. Le ravisseur, mutique et masqué, est volontairement opaque, mais là encore, le film ne fait rien de vraiment intéressant avec cette figure. Il est menaçant par principe, sans nuance ni surprise.

 

Avec son format court, Play Dead peine à justifier chaque scène. Certaines séquences semblent étirées, d’autres survolées. L’ensemble manque d’équilibre. Au final, Play Dead n’est pas un désastre, mais reste un film d’horreur largement en dessous de ce qu’il promettait. L’idée de départ est bonne, l’intention est claire, mais l’écriture, la mise en scène et les choix techniques empêchent le film de décoller. C’est le genre de film qui se regarde sans souffrir, mais qui s’oublie presque aussitôt.

 

Note : 3.5/10. En bref, pour les amateurs de cinéma de genre, Play Dead peut éveiller une curiosité ponctuelle. Mais il s’agit surtout d’un exemple parlant : une bonne idée ne suffit pas à faire un bon film. Ici, tout n’est pas à jeter, loin de là, mais l’ensemble manque trop de maîtrise pour vraiment convaincre.

Prochainement en France en SVOD

 

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