24 Janvier 2026
The Italians // De Michelle Danner. Avec Matthew Daddario, Abigail Breslin et Rob Estes.
The Italians prétend raconter le choc entre traditions familiales et modernité à travers une famille italo-américaine envahissante et une belle-fille qui ne correspond pas aux attentes. Sur le papier, le terrain est balisé mais peut fonctionner. À l’écran, le film s’enfonce rapidement dans une suite de clichés lourds, de situations téléphonées et de personnages tellement caricaturaux qu’ils finissent par devenir pénibles. Ce qui devait être une comédie familiale se transforme en un long tunnel de malaise et d’ennui. L’histoire est d’une simplicité presque insultante. Nico présente Lily à sa famille, et surtout à sa mère Angelina, matriarche autoritaire persuadée de savoir ce qui est bon pour son fils.
La famille Vitali, une famille italo-américaine, rencontre la nouvelle fiancée de son fils qui n'est décidément PAS italienne.
Lily cumule tout ce qui dérange : elle est végétarienne, divorcée, peu attirée par l’idée d’avoir des enfants et ne correspond pas au modèle de la “bonne Italienne” fantasmée par Angelina. Dès les premières minutes, le film annonce exactement ce qu’il va faire pendant près de deux heures, sans jamais surprendre ni dévier de sa trajectoire. Chaque scène est construite sur le même principe : une situation supposée drôle, un conflit prévisible, une réaction excessive, puis un retour au point de départ. Les repas de famille, censés être le cœur battant du film, deviennent rapidement insupportables. Tout y est exagéré, appuyé, surjoué. Les dialogues crient plus qu’ils ne racontent quelque chose.
Le film confond agitation et énergie, bruit et humour. Le scénario accumule les stéréotypes sans le moindre recul. La mère est intrusive et autoritaire, le père est transparent, la grand-mère est acerbe, l’ex-petite amie est outrageusement “italienne”, et la nouvelle compagne est constamment humiliée. Rien n’est nuancé, rien n’évolue vraiment. Une fois les rôles distribués, chacun reste enfermé dans sa fonction jusqu’au bout. Cette absence totale de progression rend le film mécaniquement ennuyeux. La structure narrative, avec ses scènes de confession censées apporter un regard extérieur, n’arrange rien. Au lieu d’enrichir le récit, ces passages ralentissent le rythme et expliquent lourdement ce que le spectateur a déjà compris.
Le film semble ne faire aucune confiance à son public, répétant sans cesse les mêmes informations, comme si le message risquait de se perdre. Résultat : un sentiment d’artificialité constant. Angelina, incarnée par Michelle Danner, occupe une place écrasante. Le personnage est présenté comme une figure centrale, mais son écriture manque cruellement de finesse. Sa dureté est martelée sans subtilité, et les rares tentatives de fragilité arrivent trop tard et sans préparation. Le jeu, souvent excessif, finit par fatiguer. Plutôt que de susciter une quelconque empathie, Angelina devient rapidement irritante. Face à elle, Lily, interprétée par Abigail Breslin, est paradoxalement le seul personnage à peu près supportable.
Elle incarne l’étrangère dans ce huis clos familial étouffant, et son malaise est crédible. Mais même ce personnage est sacrifié par le scénario. Ses réactions sont trop sages, trop prévisibles, comme si le film refusait de lui donner une vraie voix. Elle subit plus qu’elle n’existe, ce qui limite fortement l’impact émotionnel de son parcours. Nico, censé être le point d’équilibre entre tradition et amour, est complètement effacé. Incapable de s’imposer, incapable de trancher, il traverse le film sans jamais prendre de décisions claires. Ce manque de caractère n’est jamais interrogé, jamais utilisé intelligemment. Il devient simplement un moteur passif permettant aux autres personnages de s’agiter autour de lui.
L’apparition de l’ex-petite amie Geena est l’un des moments les plus pénibles du film. Tout, dans son écriture, relève de la caricature grossière. Elle n’existe que pour souligner à quel point Lily n’est “pas à sa place”. Cette opposition forcée, digne d’une mauvaise sitcom, achève de faire basculer le film dans le ridicule. Visuellement, The Italians ne relève jamais le niveau. La maison familiale ressemble davantage à un décor figé qu’à un lieu vivant. Chaque objet semble là pour rappeler les racines italiennes, mais sans aucune authenticité. Cette accumulation de signes extérieurs finit par donner une impression de musée poussiéreux, loin de toute chaleur humaine.
Le plus problématique reste la représentation de la culture italienne. Le film prétend rendre hommage à une tradition familiale forte, mais ne montre qu’un ensemble de comportements agressifs, envahissants et irrespectueux. Difficile d’y voir autre chose qu’une vision caricaturale, presque insultante, qui confond identité culturelle et mauvais comportements. Ce portrait manque totalement de justesse et de respect. Sur le plan du jeu d’acteur, l’ensemble est très inégal, mais souvent mauvais. Beaucoup de scènes sont plombées par un surjeu constant, comme si chaque émotion devait être hurlée pour exister. L’absence d’alchimie entre les personnages principaux achève de rendre le film artificiel. Rien ne semble naturel, rien ne respire.
Au final, The Italians est une comédie familiale ratée, qui recycle des clichés éculés sans jamais leur apporter un regard neuf. Le film pense être chaleureux, mais il est surtout bruyant et lourd. Il pense être drôle, mais il est prévisible. Il pense être touchant, mais il reste creux. Une expérience pénible, qui donne l’impression d’un mauvais remake de films similaires bien plus réussis. Un film qui ne mérite ni le temps ni l’attention, et qui laisse surtout un goût amer de gâchis.
Note : 2/10. En bref, une comédie familiale ratée qui empile les clichés sans jamais trouver le ton.
Prochainement en France en SVOD
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