Critique Ciné : The Painted (2026, Insomnia)

Critique Ciné : The Painted (2026, Insomnia)

The Painted // De Sasha Sibley. Avec Aleksa Palladino, Sean Bridgers et Jadon Cal.

 

Quand un film d’horreur propose une maison ancienne remplie de tableaux inquiétants dont certains semblent vivre leur propre vie, la curiosité est immédiate. The Painted part clairement avec un avantage : son concept. L’idée de figures piégées dans des peintures, capables d’influencer le réel et de hanter une famille, n’est pas courante et évoque une peur assez universelle. En tant qu’amateur de cinéma horrifique, difficile de ne pas tenter l’expérience, surtout face à un film jamais vu auparavant. Malheureusement, si la promesse est là, le résultat final laisse un goût assez fade. L’histoire suit une famille qui emménage dans une vieille maison remplie de tableaux anciens. 

 

Les projets d’une famille de banlieue des années 1960 sont bouleversés lorsqu’elle est appelée au domaine d’un parent décédé. Là, elle commence à découvrir les secrets qui hantent les lieux : phénomènes étranges, rituels archaïques et peintures sinistres sur les murs.

 

Très vite, des événements étranges surviennent, en particulier autour des enfants. Une présence semble se manifester à travers certaines peintures, brouillant peu à peu la frontière entre le réel et l’irréel. Sur le papier, le point de départ fonctionne. Le synopsis donne envie, et les premières minutes installent une ambiance plutôt soignée, aidée par un décor central réussi. La maison, avec ses couloirs, ses pièces sombres et ses tableaux omniprésents, est clairement l’un des atouts du film. Le problème vient rapidement de l’écriture. Le scénario introduit beaucoup d’idées, mais sans jamais vraiment les structurer. Les règles qui régissent ces peintures restent floues. Certaines peuvent être détruites, d’autres non, sans explication claire. 

 

Toutes semblent animées par une force malveillante, sans que le film ne prenne le temps de questionner cette uniformité. Pourquoi ces âmes seraient-elles toutes hostiles ? Pourquoi vouloir posséder un enfant plutôt qu’un adulte ? Et surtout, quel intérêt y a-t-il à passer l’éternité coincé dans un tableau ? Ces questions restent sans réponses, ce qui finit par nuire à l’implication. Certaines réactions des personnages posent aussi problème. Lorsqu’un événement grave survient, comme une intrusion évidente dans la maison ou un acte violent visant un enfant, les parents réagissent avec un détachement difficile à croire. Il ne s’agit pas de demander qu’ils acceptent immédiatement une explication surnaturelle, mais simplement qu’ils se comportent comme des adultes confrontés à une situation inquiétante. 

 

Cette absence de crédibilité casse souvent la tension que le film essaie d’installer. Du côté des personnages, The Painted fait des choix discutables. Le père est clairement celui qui agit le plus, tente de comprendre ce qui se passe et de protéger ses enfants. Pourtant, le film insiste pour en faire un personnage désagréable, parfois brutal, souvent réduit à des colères peu naturelles. À l’inverse, la mère est présentée comme une figure presque absente émotionnellement, peu impliquée, mais constamment montrée comme une victime. Ce déséquilibre donne une impression étrange, presque involontaire, comme si le film cherchait à forcer un point de vue qui ne correspond pas à ce qui est montré à l’écran.

 

Les enfants s’en sortent un peu mieux, surtout l’aînée, dont l’évolution est l’un des rares arcs narratifs réellement travaillés. La relation tendue avec sa petite sœur évolue progressivement, et cette dynamique apporte un peu d’humanité à l’ensemble. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est suffisamment bien amené pour être noté. En revanche, les parents, pourtant centraux, manquent clairement de finesse dans leur écriture. Le casting, composé en grande partie de visages peu connus, n’est pas un problème en soi. Certaines performances sont correctes, sans être marquantes. L’acteur incarnant le père est sans doute celui qui tient le mieux le film, malgré les défauts du personnage. 

 

La mère, en revanche, souffre d’une interprétation rigide, qui rend le personnage plus agaçant qu’émouvant. Cela donne parfois l’impression que le film se sabote lui-même sur un rôle pourtant essentiel. Visuellement, The Painted alterne entre de bonnes idées et des limites évidentes. Les effets spéciaux ne sont pas toujours au niveau, ce qui transforme parfois des scènes censées être inquiétantes en moments involontairement maladroits. En revanche, certains plans fonctionnent très bien, notamment ceux jouant sur les reflets, les miroirs ou les mouvements subtils dans les tableaux. Ces instants montrent clairement ce que le film aurait pu être avec un peu plus de moyens ou de maîtrise.

 

Le film adopte un style assez old school, loin des excès actuels du cinéma d’horreur. Pas de violence gratuite, peu de sang, pas de surenchère sonore. Ce choix est appréciable et aurait pu donner naissance à une ambiance plus pesante. Malheureusement, le manque de tension constante empêche cette approche de vraiment fonctionner. Les scènes s’enchaînent parfois trop vite, comme si le film était pressé d’arriver à sa conclusion sans avoir pris le temps de construire la peur. L’époque choisie, les années 60, est une bonne idée sur le papier, notamment pour éviter les facilités liées aux téléphones portables et à la technologie moderne. Pourtant, cette période est finalement peu exploitée visuellement ou narrativement. 

 

Hormis quelques détails, le film pourrait presque se dérouler à une autre époque sans que cela change grand-chose. Le dernier acte tente d’expliquer l’origine de la malédiction, mais le fait de concentrer autant d’informations aussi tardivement donne une impression de précipitation. Le final, en particulier, manque d’impact et se termine sans réel souffle, laissant une sensation d’inachevé. Le film ne s’effondre pas totalement, mais il s’éteint doucement, sans marquer durablement. Au final, The Painted n’est pas un désastre total, mais c’est un film frustrant. Il contient de bonnes idées, quelques moments visuellement réussis et un concept qui méritait mieux. 

 

Note : 3/10. En bref, le manque de cohérence, les choix d’écriture discutables et les limites techniques empêchent le film de réellement décoller. Il se regarde sans déplaisir si l’attente reste mesurée, mais il est difficile d’en garder un souvenir marquant. Et pour un film d’horreur, être oubliable reste sans doute l’un des pires défauts.

Sorti le 12 janvier 2026 directement sur Insomnia

 

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