Critique Ciné : The Rip (2026, Netflix)

Critique Ciné : The Rip (2026, Netflix)

The Rip // De Joe Carnahan. Avec Matt Damon, Ben Affleck et Teyana Taylor.

 

Avec The Rip, le cinéma policier revient à quelque chose de simple et efficace. Pas de discours grandiloquent ni de volonté de réinventer le genre. Le film mise avant tout sur une ambiance lourde, une intrigue resserrée et surtout sur la dynamique entre Matt Damon et Ben Affleck. Un choix assez logique, tant leur alchimie reste l’un des moteurs les plus solides du long métrage. L’histoire démarre de manière assez classique. Après la mort d’une policière lors d’une intervention, une équipe est chargée de suivre une piste liée à un possible détournement d’argent. Ce qui devait être une opération presque routinière bascule rapidement lorsqu’ils mettent la main sur une somme bien plus importante que prévue. 

 

La méfiance s'installe au cœur d'une équipe de flics de Miami après la découverte de millions en cash dans une planque abandonnée. À mesure que se répand la nouvelle de l'ampleur de la saisie, plus personne ne sait quoi penser... ni à qui se fier.

 

À partir de là, The Rip change de visage. Le danger ne vient plus seulement de l’extérieur, mais s’installe au sein même du groupe. Le scénario adopte une structure en trois temps assez lisible : une mise en place qui pose les enjeux, un long segment quasi en huis clos où la tension s’épaissit, puis une dernière partie plus mouvementée qui sert de résolution. Rien de très original sur le papier, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien. Le film prend le temps de créer un climat de méfiance, où chaque regard et chaque silence deviennent suspects. L’un des points forts évidents de The Rip, c’est le duo Affleck–Damon. Les deux acteurs se connaissent parfaitement et cela se ressent à l’écran. 

 

Leur relation, faite de loyauté, de doutes et de non-dits, donne une vraie épaisseur émotionnelle à l’intrigue. Ben Affleck incarne un flic usé, méfiant, qui commence à se demander si son ami de toujours n’a pas franchi une ligne. Matt Damon, de son côté, joue sur l’ambiguïté et maintient le flou sur ses véritables intentions pendant une bonne partie du film. Autour d’eux, le casting remplit correctement son rôle. Steven Yeun apporte une tension supplémentaire avec un personnage plus discret, mais pas forcément plus fiable. Teyana Taylor, dans un rôle secondaire, s’en sort avec justesse et parvient à exister malgré un temps d’écran limité. À l’inverse, les personnages féminins restent globalement sous-exploités. 

 

Certains servent surtout de fonctions narratives, ce qui est assez dommage dans un film qui cherche pourtant à explorer la notion de confiance et de trahison. La mise en scène choisit la sobriété. La photographie très sombre participe pleinement à l’atmosphère anxiogène. Les rues vides, les intérieurs confinés et cette sensation d’isolement constant renforcent l’impression que quelque chose cloche. Le décor devient presque un personnage à part entière, accentuant la paranoïa qui gagne peu à peu l’équipe. Ce parti pris visuel peut dérouter au début, mais il finit par trouver sa logique au fil du récit. Les scènes d’action, bien que correctement filmées, laissent une impression mitigée. 

 

Elles sont efficaces mais manquent parfois d’impact. Le film semble hésiter entre le thriller tendu et le film d’action plus frontal. Certains affrontements à coups de feu, surtout dans la dernière partie, paraissent presque excessifs par rapport à l’ambiance installée auparavant. Un traitement plus minimaliste aurait sans doute renforcé la tension plutôt que de la dissiper. Côté écriture, The Rip joue avec les codes du genre sans vraiment les bousculer. Le soupçon d’un ripoux dans l’équipe, les faux-semblants, les retournements de situation : tout est là. Le film cherche clairement à orienter le spectateur dans une direction avant de prendre un virage attendu. Le twist principal reste assez prévisible, surtout pour les habitués des thrillers policiers, mais il a le mérite de rester cohérent avec ce qui précède. 

 

Les dialogues, en revanche, manquent parfois de relief. Ils font le travail, sans plus. Certaines conversations auraient gagné à être plus tranchantes ou plus naturelles. Cela n’empêche pas le film de maintenir un suspense constant, notamment grâce à son rythme bien maîtrisé dans les deux premiers actes. La tension ne repose pas uniquement sur l’action, mais aussi sur l’attente et le doute. Là où The Rip convainc le plus, c’est dans sa capacité à tenir le spectateur en haleine sans chercher à en faire trop. Le film assume son côté très classique et ne tente jamais de masquer ses influences. Il s’inscrit dans la lignée des thrillers policiers sombres, un peu rugueux, qui privilégient l’ambiance et les relations humaines plutôt que le spectaculaire. 

 

La dernière partie, plus bruyante et plus explicative, fait légèrement retomber la pression. Le film perd un peu de ce qui faisait sa force initiale, à savoir cette sensation de piège qui se referme lentement. La conclusion, plutôt optimiste, reste cohérente mais manque de surprise. Elle donne le sentiment d’un choix rassurant, presque attendu. Malgré ces réserves, The Rip reste un divertissement solide. Il ne cherche pas à marquer l’histoire du genre, mais propose un moment de cinéma tendu et bien interprété. La réalisation est propre, le scénario suffisamment accrocheur, et la performance du duo principal suffit à maintenir l’intérêt jusqu’au bout. 

 

Note : 6/10. En bref, sans être un film marquant, The Rip s’impose comme un thriller policier honnête, efficace, et plutôt bien exécuté. Une proposition qui plaira aux amateurs de récits sombres et de jeux de dupes, et qui prouve qu’avec des bases simples et de bons acteurs, il est encore possible de captiver sans artifices inutiles.

Sorti le 16 janvier 2026 directement sur Netflix

 

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