Critique Ciné : Greenland Migration (2026)

Critique Ciné : Greenland Migration (2026)

Greenland Migration // De Ric Roman Waugh. Avec Gerard Butler, Morena Baccarin et Roman Griffin Davis.

 

Il y a des films catastrophes ratés, et puis il y a Greenland Migration. Le résultat tient moins du grand spectacle apocalyptique que du sketch involontaire, où chaque scène sérieuse provoque surtout un soupir, parfois un rire nerveux, souvent une vraie lassitude. Six ans après Greenland – Le Dernier Refuge, voilà donc la famille Garrity de retour, prête à affronter de nouvelles catastrophes. Cette fois, objectif clair : quitter le bunker du Groenland pour rejoindre un nouvel Eden situé dans le sud de la France. Rien que ça. Le tout dans un monde censé être ravagé par une comète. Sur le papier, l’idée ressemble à un road movie post-apocalyptique ambitieux.

 

Après l’impact dévastateur d’une comète qui a réduit la Terre en ruines, la famille Garrity doit quitter la sécurité de son bunker au Groenland. Commence alors un périple pour leur survie et l’avenir de l’Humanité à travers un monde dévasté à la recherche d’un nouveau foyer.

 

À l’écran, c’est surtout un enchaînement de situations absurdes reliées par un scénario visiblement écrit à la va-vite. Le film démarre à peine que la logique est déjà mise de côté. Les enjeux sont posés à grands coups de dialogues explicatifs, histoire d’être sûr que personne ne se pose trop de questions. Et surtout pas les scénaristes. Le premier Greenland montrait une planète anéantie, chaotique, dangereuse à chaque instant. Greenland Migration, lui, semble se dérouler dans un univers parallèle où la fin du monde est très sélective. Certes, des comètes tombent encore quand le scénario en a besoin, mais à côté de ça, les routes sont praticables, les voitures roulent, l’électricité fonctionne, et l’essence coule à flots.

 

Les personnages traversent des pays entiers en quelques minutes, comme dans un parc d’attractions post-apo. Passer du Groenland à l’Angleterre relève presque du covoiturage, et traverser la France donne l’impression d’une balade dominicale. À ce stade, le voyage n’a plus rien d’un périple dangereux, c’est juste un fond d’écran. Les personnages secondaires apparaissent et disparaissent à une vitesse impressionnante. Ils sont là pour une seule raison : rappeler que le monde est dangereux… juste avant de mourir. Aucun attachement possible, aucune émotion durable. Leur fonction est purement utilitaire, comme des panneaux “attention danger” posés le long de la route.

 

Même les familles croisées dans le bunker, censées partager des années de survie commune, sont oubliées en quelques secondes. Pas un regard en arrière, pas une pensée. La fin du monde, oui, mais sans états d’âme. Gerard Butler reprend son rôle avec le même sérieux imperturbable. Son personnage sait tout faire. Absolument tout. Réparer des moteurs, remettre en marche l’eau potable, survivre à des blessures graves, guider des convois, prendre les bonnes décisions morales au bon moment. C’est moins un père de famille qu’un couteau suisse humain. À force, cette omnipotence devient presque comique. Chaque danger est une formalité, chaque obstacle un petit contretemps. 

 

Même lorsqu’il est mourant, il continue d’avancer comme si de rien n’était, parce qu’un héros de blockbuster ne s’arrête pas pour des détails. Morena Baccarin, de son côté, hérite d’un rôle surtout là pour délivrer un message. Immigration, espoir, humanité… tout est dit, expliqué, répété, souvent à voix haute, au cas où quelqu’un n’aurait pas compris. Le problème, c’est que le film contredit constamment son propre discours par ce qu’il montre à l’écran. Les dialogues méritent une mention spéciale. Lourds, plats, parfois franchement gênants, ils oscillent entre phrases explicatives et tentatives maladroites de poésie. Certaines scènes censées être émouvantes deviennent involontairement risibles.

 

La fameuse scène des étoiles sous le drap avec les ados, par exemple, est ridicule. Tout y est : la musique appuyée, les dialogues pompeux, et une mise en scène qui ne fonctionne pas une seconde. Même quand le film essaie d’être beau, il se prend les pieds dans le tapis. Quand Greenland Migration arrive en France, le film bascule dans une autre dimension. Les clichés s’enchaînent, les décors ne ressemblent pas au pays qu’ils sont censés représenter, et certains détails géographiques frisent l’absurde. Les montagnes surgissent de nulle part, les routes n’ont aucun sens, et les personnages semblent découvrir le territoire comme s’ils avaient atterri sur une autre planète.

 

La France n’est ici qu’un décor approximatif, vaguement identifié, sans aucune crédibilité. Un symbole de plus du manque de soin général. Le film aligne tempêtes, effondrements, submersions et autres désastres naturels avec une application presque mécanique. Le problème, c’est qu’à force de vouloir impressionner, Greenland Migration ne provoque plus rien. Les effets spéciaux sont corrects, sans être mémorables, et chaque nouvelle catastrophe arrive sans surprise. Tout explose, tout s’écroule, mais rien ne reste. Le spectacle devient bruit de fond. Le plus ironique, c’est que Greenland Migration se prend très au sérieux. Il veut parler d’humanité, de survie, d’espoir, de migration. 

 

Mais il ne fait qu’effleurer ces thèmes, sans jamais leur donner de chair. Tout est survolé, expédié, puis remplacé par une nouvelle péripétie bancale. La voix off finale tente de donner un sens profond à l’ensemble, mais elle sonne creux, presque lunaire, tant elle est en décalage avec ce que le film raconte réellement. Greenland Migration n’est pas le désastre absolu qu’il aurait pu être, mais il reste un film profondément raté. Incohérent, maladroit, souvent ridicule malgré lui, il ressemble à un blockbuster sans conviction, fabriqué par automatisme. 

 

Note : 3/10. En bref, pour les amateurs de films catastrophes peu regardants, il pourra éventuellement servir de divertissement de fond. Pour les autres, difficile de ne pas voir cette suite comme une longue blague involontaire, où la fin du monde ressemble surtout à une panne d’inspiration.

Sorti le 14 janvier 2026 au cinéma

 

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G
coucou toi<br /> j'avais bien aimez le premiere film<br /> je vais aller le voir suite pour voir si la suite est bien ou pas<br /> bonne journée
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