23 Janvier 2026
The Beauty // Saison 1. Episode 2. Beautiful Jordan.
Après un pilote qui posait un cadre volontairement excessif, The Beauty poursuit sa première saison avec l’épisode 2, intitulé « Beautiful Jordan ». Cet épisode opère un déplacement intéressant dans la narration en mettant davantage l’accent sur les personnages principaux et en esquissant plus clairement les forces à l’œuvre derrière le virus de la beauté. Le rythme est plus sec, presque brutal, et certaines décisions créatives marquent une rupture assumée avec ce qui a été installé précédemment. L’épisode débute à Venise, décor élégant qui contraste avec la violence des scènes découvertes par les enquêteurs.
Jordan Bennett et Cooper Madsen sont envoyés sur place après la découverte d’une nouvelle victime liée au virus. Contrairement aux précédents cas de combustion spontanée, le corps retrouvé est encore reconnaissable, bien que mutilé de façon difficilement soutenable. Cette variation dans les symptômes intrigue et suggère que la transformation ne suit pas toujours un schéma identique. Un symbole ancien, peint avec du sang sur le mur, ajoute une dimension presque rituelle à l’ensemble et renforce l’idée que la beauté est ici traitée comme une croyance autant qu’un produit. La victime n’était pas seulement mannequin, mais aussi influenceuse, ce qui permet à la série de prolonger sa réflexion sur l’image et la mise en scène de soi.
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Une vidéo publiée juste avant sa mort sert d’avertissement, bien que son message reste volontairement flou. Cette ambiguïté fonctionne plutôt bien, car elle reflète le fonctionnement de l’industrie qu’elle critique : des signaux faibles, des promesses vagues et une responsabilité toujours déplacée vers les consommateurs. L’épisode 2 introduit également une figure plus clairement antagoniste. Byron Forst, interprété par Ashton Kutcher, apparaît comme un acteur central dans la création et la diffusion initiale du virus. Dirigeant d’une entreprise pharmaceutique aux contours opaques, il semble avoir conçu la formule pour un cercle restreint avant d’en perdre le contrôle.
Sa réaction est immédiate et méthodique, notamment par l’envoi d’un tueur chargé d’effacer les traces. Cette révélation ne répond pas à toutes les questions, mais elle donne enfin un visage à une menace jusque-là abstraite. Sur le plan des personnages, « Beautiful Jordan » approfondit la relation entre Cooper et Jordan. Leur lien dépasse clairement le cadre professionnel, même si chacun s’efforce de maintenir une distance émotionnelle. Cooper apparaît comme plus à l’aise avec cette ambiguïté, tandis que Jordan montre des signes de fatigue face à ce détachement constant. Cette tension n’est jamais surjouée et apporte un contrepoint plus intime à l’horreur corporelle omniprésente.
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Un choix marquant de l’épisode réside dans la longue séquence d’action centrée sur Cooper. Attaqué dans une ruelle, il se défend avec une efficacité presque excessive pour une série d’horreur, genre généralement associé à la vulnérabilité. Cette scène, très chorégraphiée, occupe une place importante dans un épisode pourtant court. Le contraste est surprenant, mais il renforce l’idée que Cooper n’est pas seulement un témoin des événements, mais une cible directe. Le cœur de l’épisode reste toutefois la trajectoire de Jordan. Lorsqu’elle fait la rencontre d’un homme qui semble incarner une version masculine de la tentation déjà vue dans le pilote, la série bascule à nouveau dans le body horror.
La transformation qui s’ensuit reprend des éléments familiers, mais leur impact est différent. Jordan n’était pas marginalisée ni exclue socialement comme Jeremy. Elle correspondait déjà aux standards dominants, tout en restant insatisfaite de son apparence. Cette nuance est essentielle : The Beauty affirme ici que personne n’est réellement à l’abri de cette quête de perfection. Le remplacement de Rebecca Hall par Jessica Alexander après la transformation de Jordan constitue une décision radicale. Ce choix souligne concrètement l’idée que la beauté, dans cet univers, efface l’identité autant qu’elle la reconstruit. Le choc ne vient pas uniquement du changement physique, mais de la perte d’un visage familier auquel le spectateur s’était attaché.
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Cette rupture fonctionne comme un rappel brutal du prix à payer. Visuellement, l’épisode conserve l’esthétique léchée de la série, mais avec une tonalité plus froide. Venise n’est pas filmée comme une carte postale, mais comme un décor clinique où le luxe côtoie la décomposition. Les symboles, les costumes et les décors continuent de renforcer le propos sans chercher à l’expliquer de manière frontale. La fin de l’épisode laisse volontairement plusieurs pistes ouvertes. L’infection de Jordan pose des questions sur la durée de vie des personnages transformés et sur les véritables intentions de ceux qui propagent le virus. Le retour précipité à New York, suite à un nouveau décès très médiatisé, suggère une montée en puissance rapide des événements.
Avec « Beautiful Jordan », The Beauty confirme son intention de ne pas suivre une structure classique. L’épisode privilégie les chocs narratifs et visuels, parfois au détriment de la respiration émotionnelle, mais il parvient à approfondir son propos sur l’obsession de l’apparence. Cette deuxième étape de la saison élargit le champ des possibles et montre que la série ne se limite pas à une simple satire, mais s’intéresse aussi aux mécanismes intimes qui rendent cette obsession si persistante.
Note : 6.5/10. En bref, The Beauty confirme son intention de ne pas suivre une structure classique. L’épisode privilégie les chocs narratifs et visuels, parfois au détriment de la respiration émotionnelle, mais il parvient à approfondir son propos sur l’obsession de l’apparence.
Disponible sur Disney+
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