Critiques Séries : The Beauty. Saison 1. Episode 5.

Critiques Séries : The Beauty. Saison 1. Episode 5.

The Beauty // Saison 1. Episode 5. Beautiful Billionaires.

 

L’épisode 5 de The Beauty marque un tournant particulier dans la saison. Intitulé autour de l’origine du produit, il choisit de couper son récit en deux temporalités distinctes : le présent, avec Cooper et Jordan enfin réunis, et le passé, trois ans plus tôt, au moment où Byron Forst met la main sur ce qui deviendra le cœur du chaos actuel. Ce choix narratif modifie sensiblement le rythme de la série et révèle autant de forces que de faiblesses. Le point de départ de l’épisode repose sur une question simple mais chargée : Cooper reconnaît-il vraiment Jordan ? Malgré un visage totalement différent, certains souvenirs partagés et des détails intimes suffisent à dissiper le doute. 

 

La série joue ici sur une idée intéressante : l’identité ne se limite pas à l’apparence, même dans un univers obsédé par la beauté. Pourtant, cette reconnexion ne se fait pas sans malaise. Cooper reste sur la réserve, non seulement par peur de l’infection, mais aussi parce que la transformation de Jordan agit comme un révélateur de ses propres insécurités. Jordan, de son côté, raconte son parcours sans chercher à se dédouaner. La contamination n’est pas présentée comme un accident pur, mais comme une conséquence de choix dictés par le désir, le manque et une forme de solitude. Ce discours donne de l’épaisseur au personnage : la beauté devient à la fois une armure et une prison. 

Les regards changent, les comportements aussi, et l’épisode montre bien comment cette nouvelle apparence attire autant qu’elle déshumanise. La violence qui surgit ensuite n’est pas idéalisée ; elle est impulsive, presque incontrôlable, suggérant que The Beauty altère plus que le corps. Face à cela, Cooper adopte une position ambivalente. Son refus de céder à Jordan n’est pas seulement rationnel ou médical. Il y a une forme de jugement, parfois même de maladresse, qui souligne le décalage émotionnel entre les deux personnages. Cette tension donne un relief intéressant à leur relation, même si elle laisse une impression d’inachevé. En parallèle, l’épisode poursuit l’arc de l’Assassin et de Jeremy à travers un nouveau cas : Nate. 

 

Ce personnage incarne la diffusion incontrôlée du virus, conséquence directe d’un comportement inconscient plutôt que malveillant. La réponse apportée par l’Assassin reste froide, méthodique, presque administrative. Sa relation avec Jeremy continue d’évoluer vers une dynamique de transmission, où le meurtre devient un savoir-faire à enseigner. Cette partie renforce l’idée que le véritable danger ne réside pas uniquement dans le produit, mais dans les structures mises en place pour le contenir. Le cœur de l’épisode se situe cependant dans le long flashback consacré à Byron Forst. Cette plongée dans le passé éclaire enfin la manière dont The Beauty est passée d’un projet scientifique à une arme de domination. 

Le décor est classique : une poignée de milliardaires, un lieu isolé, un discours sur la finitude humaine et la promesse d’un corps réécrit. Ray, le scientifique à l’origine du procédé, incarne une foi naïve dans le progrès, rapidement écrasée par la brutalité de Byron. Ce segment fonctionne comme une satire assez directe du pouvoir économique. Byron ne cherche pas à partager la découverte, ni même à en contrôler les dérives : il veut l’exclusivité. Le massacre final, suivi de la destruction des preuves, ancre définitivement le personnage dans un rôle de prédateur rationnel, prêt à sacrifier tout ce qui dépasse pour conserver son avantage. Cette séquence explique clairement pourquoi Byron détient aujourd’hui toutes les cartes, mais son ampleur interroge. 

 

La démonstration est longue, parfois insistante, et ralentit la progression du récit principal. Ce déséquilibre temporel constitue sans doute le principal point faible de l’épisode. Alors que la situation de Cooper commence enfin à devenir critique, le récit s’interrompt longuement pour expliquer des éléments qui auraient pu être suggérés autrement. Le retour au présent n’en est que plus abrupt, avec une image forte : un cadavre laissé comme avertissement, rappelant que Cooper n’est plus seulement un enquêteur, mais une cible. Malgré ces réserves, l’épisode 5 a le mérite de clarifier les enjeux. The Beauty n’est pas uniquement une série sur l’obsession de l’apparence ; elle parle aussi de contrôle, de transmission et de responsabilité. 

La question qui reste en suspens concerne la mutation du produit : comment une injection élitiste est-elle devenue une infection sexuelle incontrôlable ? Cette zone d’ombre paraît désormais plus importante que l’origine même du projet. À mi-saison, The Beauty donne l’impression d’hésiter entre exploration psychologique et exposition explicative. L’épisode 5 penche clairement vers la seconde option. Reste à voir si les prochains épisodes sauront rééquilibrer le récit et exploiter pleinement les tensions désormais en place, notamment autour de Cooper et Jordan, pris dans un engrenage qui les dépasse largement.

 

Note : 5.5/10. En bref, l’épisode 5 de The Beauty apporte des réponses attendues sur l’origine du produit et sur le rôle central de Byron Forst, mais au prix d’un long retour en arrière qui casse l’élan narratif amorcé dans le présent. Malgré des enjeux émotionnels plus intéressants autour de Cooper et Jordan, l’épisode donne le sentiment de freiner la série au moment même où elle commençait à devenir vraiment tendue.

Disponible sur Disney+

 

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K
Je me lasse déjà...
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D
J'espère que le prochain épisode va réveiller la série car ça commence à tourner un peu au vinaigre oui