Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 1.

Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 1.

Will Trent // Saison 4. Episode 1. Speaking of Sharks.

 

La saison 4 de Will Trent démarre sans ménagement. Cinq mois se sont écoulés depuis le final éprouvant de la saison 3, et pourtant rien ne semble réellement apaisé. Cet épisode 1, intitulé « Speaking of Sharks », donne immédiatement le ton : il n’est pas question de repartir sur des bases propres, mais bien d’assumer les conséquences laissées par les choix passés. Ce parti pris me parle, même s’il rend l’épisode parfois inconfortable à regarder. Dès la première scène, Will est confronté à son passé le plus brut. Le voir devant l’orphelinat qui a façonné — et abîmé — son enfance, avant de jeter une pierre contre une fenêtre, résume parfaitement son état d’esprit. Qu’il s’agisse d’un acte réel ou d’un exercice thérapeutique importe finalement peu. 

 

Ce moment symbolise une colère longtemps contenue qui cherche enfin une sortie. Will Trent a toujours été un personnage dans le contrôle, et cet épisode montre clairement que ce contrôle commence à se fissurer. L’introduction de la thérapie, via le personnage du Dr Roach incarné par Margaret Cho, est l’une des meilleures idées de ce début de saison. Le ton est juste, sans caricature. J’ai apprécié que la série ne transforme pas la thérapie en solution miracle. Will ne va pas mieux, il est simplement obligé de regarder ce qu’il évite depuis des années. Sa difficulté à accepter le bonheur, l’idée même d’avoir une famille, fait écho à tout ce qui a été construit depuis la saison 1. Il n’est pas triste parce qu’Angie est enceinte, il est triste parce qu’il a l’impression d’avoir raté le dernier train.

La relation avec Caleb, son père biologique, reste profondément ambiguë. Les scènes de dîner familial sont volontairement bruyantes, chaotiques, presque oppressantes pour Will. Là où Nico s’intègre naturellement, Will reste en retrait. Ce contraste est parlant. Il ne s’agit pas d’un rejet de Caleb en tant qu’homme, mais d’un rejet de ce que représente une famille normale pour quelqu’un qui n’en a jamais connu. La discussion avec le jeune Calvin, autour des requins, est d’ailleurs l’un des moments les plus tendres de l’épisode. Will sait rassurer un enfant, mais ne sait toujours pas se rassurer lui-même. En parallèle, le retour de James Ulster change complètement la dynamique de l’épisode. J’avais des réserves sur l’idée de ressortir ce personnage, tant il est lié au trauma fondateur de Will. 

 

Pourtant, cette réapparition fonctionne précisément parce qu’elle arrive à un moment où Will est déjà fragilisé. Ulster n’est pas seulement un antagoniste, il est une voix intérieure, une incarnation du doute et de la culpabilité. Les scènes où Will le voit sur la scène de crime sont particulièrement efficaces, car elles montrent à quel point Ulster vit encore dans sa tête. Ce que je trouve intéressant, c’est que la série ne cherche pas à faire d’Ulster un simple monstre. Il est manipulateur, dangereux, mais surtout obsessionnel. Son besoin de se définir comme le vrai père de Will en dit long sur sa volonté de posséder, de marquer, de détruire. Face à lui, Will doute. Il se demande s’il n’est pas responsable de ces morts simplement parce qu’il est issu de cet homme. 

Cette culpabilité-là est au cœur de l’épisode, et elle est traitée avec une certaine retenue que j’apprécie. Le choix de tenir Will à l’écart de l’enquête officielle est logique sur le papier, mais contre-productif dans les faits. Amanda et Caleb pensent le protéger, mais cette mise à distance ne fait qu’aggraver sa spirale. Heureusement, Faith reste fidèle à elle-même. Elle comprend que Will a besoin d’agir, même de manière officieuse. Leur duo reste l’un des piliers émotionnels de la série, et cet épisode rappelle pourquoi. Du côté de l’APD, l’épisode apporte une respiration bienvenue. Ormewood, Franklin et Angie offrent des scènes plus légères, sans jamais tomber dans le décalage total. 

 

La filature de la fiancée d’Ulster, qui se révèle avoir une concurrente, est à la fois absurde et révélatrice de la duplicité du personnage. Franklin, notamment, brille par son empathie et son humour. C’est dans ces moments-là que Will Trent se distingue des procéduraux plus rigides. Angie, quant à elle, avance. Sa grossesse n’est pas traitée comme un simple élément de décor, mais comme une véritable remise en question identitaire. Son acceptation de la demande en mariage de Seth est à la fois sincère et teintée de mélancolie. Elle aime Seth, mais n’a pas totalement tourné la page de Will. La scène où elle avoue penser encore à ce que ça aurait pu être sonne juste. Rien n’est idéalisé, rien n’est tranché.

La confrontation finale autour de Reed marque un tournant dramatique. Will est sur le point de l’atteindre, non pas en agent du GBI, mais en être humain. Le tir de Caleb, qui tue Reed, est brutal. Il protège son fils, mais détruit la seule piste viable. Ce moment cristallise leur opposition : Caleb agit dans l’instant, Will dans la compréhension. Les conséquences sont immédiates, et Ulster disparaît à nouveau, plus dangereux que jamais. La dernière image, celle de la voiture brûlée avec un enregistreur à l’intérieur, laisse volontairement planer le doute. Will Trent ne cherche pas à choquer gratuitement, mais à installer une tension durable. Ce début de saison est dense, parfois chaotique, mais cohérent avec l’état émotionnel de ses personnages.

 

Cet épisode 1 ne cherche pas à rassurer. Il expose des failles, remet des plaies à vif et annonce une saison placée sous le signe de l’obsession et de l’identité. Ce n’est pas un retour confortable, mais c’est un retour fidèle à ce que Will Trent raconte depuis le début : survivre n’est pas vivre, et affronter ses requins est parfois la seule façon d’avancer.

 

Note : 7.5/10. En bref, un retour sous tension entre trauma, famille et obsession.

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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