Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 3.

Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 3.

Will Trent // Saison 4. Episode 3. Studio 4B.

 

Avec l’épisode 3 de la saison 4, Will Trent opère un léger changement de rythme après un démarrage de saison particulièrement intense. Après deux épisodes marqués par la violence émotionnelle, la colère rentrée de Will et la disparition d’un antagoniste central, “Studio 4B” choisit une approche plus classique dans sa structure, tout en continuant à creuser les failles laissées ouvertes précédemment. Le résultat est un épisode moins lourd psychologiquement, mais pas dénué de malaise, notamment à travers une enquête qui met en scène une vision profondément dérangeante de l’art et du corps. 

 

L’intrigue principale débute avec le meurtre d’un mannequin, filmé et photographié comme une œuvre à part entière. Ce choix narratif m’a marqué plus que certaines morts pourtant plus graphiques vues dans la série. Il y a quelque chose de particulièrement perturbant dans cette idée de figer l’agonie comme un trophée esthétique. La mise en scène insiste moins sur la violence brute que sur l’intention derrière l’acte, et c’est précisément ce qui rend cette enquête difficile à regarder. Will Trent n’est pas étranger aux crimes sordides, mais ici, la frontière entre enquête policière et critique sociale est plus nette. Will et Faith apparaissent rapidement écœurés par ce milieu artistique qui justifie l’injustifiable derrière un vernis intellectuel. 

Les suspects s’enchaînent, tous plus glauques les uns que les autres, et l’épisode prend le temps de montrer à quel point ce monde est codifié, fermé, et parfois complice. Crispen Ratner, le photographe déchu, incarne parfaitement cette hypocrisie : une posture d’artiste incompris qui masque des comportements prédateurs. Pourtant, comme souvent dans Will Trent, le coupable évident n’est pas le bon, et l’enquête glisse vers une piste plus intime, presque tragique. La révélation finale autour de Valentina et de son fils donne à l’affaire une dimension plus humaine, et paradoxalement plus dérangeante encore. L’idée qu’une mère puisse encourager, directement ou indirectement, une spirale de violence pour préserver un statut ou une stabilité financière m’a profondément mis mal à l’aise. 

 

Le saut d’Alex, incapable d’assumer ce qu’il a déclenché, laisse un goût amer. Will, qui sort à peine de sa propre confrontation avec la mort et la culpabilité, semble particulièrement affecté par cette issue. Son regret de ne pas avoir pu l’arrêter résonne avec les événements de l’épisode précédent, comme si la série insistait sur son impuissance face aux choix des autres. L’un des apports majeurs de cet épisode reste le retour d’Ava. Ce personnage, déjà aperçu plus tôt dans la série, s’intègre ici de manière étonnamment naturelle. Ava apporte une légèreté bienvenue, sans jamais minimiser la gravité de l’enquête. J’ai apprécié la manière dont elle interagit avec Will, avec prudence mais sans distance excessive. 

Elle ne cherche pas à le réparer ni à le sonder, elle l’accepte tel qu’il est, y compris dans ses silences. Après la noirceur des épisodes précédents, voir Will sourire, jouer, se détendre un peu, fait presque bizarre, mais pas déplacé. La relation entre Will et Ava fonctionne parce qu’elle ne prétend pas être plus que ce qu’elle est. Il n’est pas question de promesses ou de grands discours, seulement d’une parenthèse sincère. La scène dans la chambre noire, rythmée par le développement des photos, illustre bien cette idée d’instant suspendu. Pour un personnage qui passe son temps à anticiper le pire, cette capacité à vivre dans le moment présent est presque une victoire. 

 

Ava ne remplace personne, elle occupe simplement un espace que Will avait laissé vide. En parallèle, l’intrigue secondaire menée par Ormewood, Angie, Nico et surtout Betty apporte un contrepoint plus léger, sans être inutile. Le fait que cette enquête démarre presque par hasard, lors d’une promenade de chien, ancre la série dans un quotidien crédible. Betty, déjà mascotte officieuse de la série, devient ici un véritable élément déclencheur. J’ai trouvé ce choix à la fois amusant et cohérent, tant l’animal est intégré à la vie des personnages depuis plusieurs saisons. Au-delà de l’aspect presque comique de certaines scènes, cette intrigue permet surtout de développer Ormewood. 

Son malaise, son sentiment d’inutilité et son refus d’accepter ses limites physiques sont traités avec une certaine pudeur. Il ne cherche pas la reconnaissance, mais il a besoin de se sentir encore capable. La relation avec ses enfants, et notamment avec Cooper, apporte une douceur qui contraste avec sa rigidité habituelle. Le voir s’effondrer de fatigue sur un canapé, simplement recouvert d’une couverture par sa fille, en dit long sur l’évolution du personnage. Angie, fidèle à elle-même, soutient sans juger. Elle n’essaie pas de le convaincre par de grands discours, mais par une présence constante. Cette dynamique fonctionne d’autant mieux que la série n’en fait pas trop. 

 

Rien n’est résolu en un épisode, et c’est justement ce réalisme qui rend ces moments crédibles. Au final, l’épisode 3 de la saison 4 de Will Trent agit comme une respiration après un début de saison éprouvant. Il n’a pas l’impact émotionnel des épisodes précédents, mais il consolide plusieurs arcs narratifs importants. L’enquête principale dérange plus qu’elle ne choque, le retour d’Ava apporte une nuance intéressante à Will, et l’intrigue secondaire renforce l’attachement aux personnages secondaires. Ce n’est pas un épisode charnière, mais c’est un épisode nécessaire, qui rappelle que Will Trent sait alterner tension, humanité et regard critique sans perdre son identité.

 

Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 3 de la saison 4 de Will Trent agit comme une respiration après un début de saison éprouvant. Il n’a pas l’impact émotionnel des épisodes précédents, mais il consolide plusieurs arcs narratifs importants. 

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article