The Pendragon Cycle: Rise of the Merlin (Mini-series, épisodes 1 et 2) : une ambition arthurienne aux limites visibles

The Pendragon Cycle: Rise of the Merlin (Mini-series, épisodes 1 et 2) : une ambition arthurienne aux limites visibles

Les épisodes 1 et 2 de The Pendragon Cycle: Rise of the Merlin affichent une ambition évidente : raconter la légende arthurienne en remontant bien avant Arthur, en s’intéressant aux origines de Merlin à travers l’histoire de ses parents, Taliesin et Charis. Sur le papier, l’idée est intéressante. À l’écran, le résultat se révèle nettement plus bancal, oscillant entre fresque mythologique et série fantasy au rendu parfois très approximatif. Dès le premier épisode, le principal problème saute aux yeux : la narration manque de clarté. Les scènes s’enchaînent sans toujours fournir le contexte nécessaire pour comprendre les enjeux immédiats. 

 

Il s'agit d'une réécriture de la légende arthurienne qui se déroule dans une Grande-Bretagne occupée par les Romains, où des envahisseurs barbares menacent de revendiquer l'île.

Les ellipses temporelles sont nombreuses, parfois abruptes, et donnent l’impression de regarder une saison déjà entamée plutôt qu’un véritable pilote. Il faut souvent deviner qui est qui, pourquoi certains personnages se déplacent, et comment les différentes factions se retrouvent liées. Le personnage de Taliesin occupe une place centrale, mais son parcours est résumé à grands traits. Son enfance, sa formation et l’origine de ses pouvoirs sont à peine esquissées avant un saut temporel conséquent. Ce choix empêche une véritable connexion émotionnelle. Son dilemme face aux anciennes divinités aurait gagné à être davantage développé, car il constitue pourtant l’un des piliers thématiques de la série.

 

Charis, de son côté, évolue dans un univers visuellement distinct, celui d’Atlantis, où les rites religieux prennent des formes spectaculaires. Les scènes de danse rituelle et de combat contre les taureaux cherchent à impressionner, mais le résultat évoque souvent une fantasy télévisée des années 90. Certains décors, costumes et effets rappellent davantage Xena la guerrière qu’une série historique ambitieuse. Cette comparaison n’est pas uniquement esthétique : la mise en scène privilégie parfois le symbole au détriment de la crédibilité. La relation entre Taliesin et Charis souffre également d’un développement trop rapide. Leur attirance est présentée comme une évidence, mais le temps passé ensemble à l’écran reste limité. 

Les émotions s’intensifient sans que la série prenne réellement le temps de les installer. Cette précipitation affaiblit l’impact dramatique de leur histoire, pourtant centrale pour la suite du récit et pour la naissance de Merlin. Le personnage de Morgain se démarque davantage. Son arc narratif, plus sombre, bénéficie d’une progression plus lisible. Sa fascination pour la magie interdite et son rapport au sacrifice apportent une tension bienvenue. Elle apparaît comme l’un des rares personnages à évoluer de manière cohérente sur ces deux premiers épisodes, même si certaines de ses décisions manquent encore de préparation.

 

Visuellement, The Pendragon Cycle: Rise of the Merlin alterne entre réussites ponctuelles et maladresses évidentes. Les paysages naturels sont souvent bien exploités, mais les effets spéciaux et certains choix de mise en scène rappellent les limites d’une production indépendante. L’illusion fonctionne par moments, puis se brise brutalement sur un détail trop artificiel, une perruque visible ou un éclairage incohérent. Le rythme constitue un autre point faible. Les épisodes, pourtant longs, donnent parfois une impression paradoxale de précipitation. Des événements majeurs sont expédiés tandis que certaines scènes secondaires s’étirent inutilement. 

L’épisode 2 illustre bien ce déséquilibre, en s’ouvrant sur une situation déjà conflictuelle sans véritable montée en tension préalable. La dimension religieuse, très présente, divise également. Le christianisme est intégré comme une alternative morale face aux anciennes divinités exigeant des sacrifices. L’intention est claire, mais l’exécution manque parfois de subtilité. Certaines scènes flirtent avec l’explicatif, ce qui alourdit le récit au lieu de renforcer les conflits internes des personnages. Le propos aurait gagné à passer davantage par l’action et les choix plutôt que par le discours. Malgré ces nombreux défauts, la série ne manque pas totalement d’intérêt. 

 

Le choix de s’éloigner d’Arthur pour explorer les racines du mythe offre une perspective rarement vue à l’écran. Certaines idées narratives, notamment autour de la transmission et du poids des croyances, mériteraient un traitement plus rigoureux. Ces deux premiers épisodes donnent donc l’impression d’un projet hésitant, partagé entre ambition mythologique et contraintes techniques visibles. The Pendragon Cycle: Rise of the Merlin pose des bases intéressantes, mais peine à leur donner une forme cohérente. La suite de la mini-série devra corriger ses problèmes de rythme, de narration et de crédibilité visuelle si elle souhaite dépasser ce sentiment persistant de fantasy télévisée datée.

 

Note : 3.5/10. En bref, à ce stade, l’expérience reste mitigée : ni désastre total, ni véritable réussite. Un potentiel existe, mais il demande un cadre plus solide et une écriture plus maîtrisée pour réellement s’exprimer.

Prochainement en France

Disponible sur Daily Wire+, accessible via un VPN

 

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