Critique Ciné : Blackout (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Blackout (2026, direct to SVOD)

Blackout // De LeeAnne Bauer et David M. Parks. Avec LeeAnne Bauer, Mike Ferguson et Twana Barnett.

 

Je vais être honnête tout de suite : Blackout fait partie de ces films où, au bout de dix minutes, tu regardes déjà combien de temps il reste. Et quand tu vois qu’il ne dure pas si longtemps tu te dis ok, puis bizarrement, chaque minute dure trois plombes. Sur le papier, pourtant, l’idée avait de quoi intriguer. Monde post-apocalyptique, ambiance nucléaire, un groupe de vétérans et de criminels coincés ensemble dans un entrepôt, des maraudeurs dehors, des tensions en tout genre, la morale qui part en vrille parce que le bien et le mal, c’est fini. Classique, oui, mais classique efficace, normalement. Sauf que là… putain mais quoi. Rien ne marche.

 

Après une frappe nucléaire dévaste la Californie, un groupe de vétérans et de criminels coincés dans un entrepôt doit lutter pour survivre face aux maraudeurs, aux radiations et à eux-mêmes, dans un monde où la frontière entre le bien et le mal a disparu.

 

Déjà, l’entrepôt. Tout le film ou presque se passe là. Un décor unique, sombre, vide, qui devient chiant au bout de dix minutes chrono. Pas de variation, pas de vraie mise en scène, juste des gens qui marchent dans le noir, qui hurlent, qui tirent sur des trucs qu’on ne voit pas vraiment. Au bout d’un moment, j’avais l’impression de regarder une répétition générale qui aurait dû rester en répétition. Et encore, sans les bonnes blagues. Visuellement, Blackout adore l’obscurité. Mais genre vraiment. À un point où tu te demandes si ce n’est pas un concept. Les scènes sont tellement sous-éclairées que ça frôle le podcast. Sauf que même en audio pur, ce serait pénible, parce que les dialogues… aïe. 

 

On est sur du dialogue qui explique tout. Tout le temps. Les personnages te disent ce qu’ils ressentent, ce qu’ils pensent, pourquoi ils agissent, comme s’ils lisaient des post-it collés sur le frigo du scénariste. Et malgré ça, tout reste confus. Exploit. Le scénario, parlons-en. C’est un bordel sans nom. Des événements arrivent parce qu’il faut bien que quelque chose arrive. Pas parce que c’est logique. Pas parce que ça a du sens. Juste parce que le script panique et se dit vite, une fusillade ou vite, une révélation. Les personnages entrent et sortent de l’histoire comme s’ils s’étaient trompés de plateau. À un moment, j’ai sincèrement perdu le fil, et pas de façon métaphorique. Genre, vraiment perdu. Et le film n’a jamais cherché à m’aider.

 

Les acteurs, pauvres âmes. Même ceux dont tu reconnais vaguement la tête ont l’air ailleurs. Comme s’ils réalisaient, en plein tournage, qu’ils venaient de signer pour un truc compliqué à assumer en soirée. Le jeu est en bois, parfois carrément lunaire. Les moments censés être forts émotionnellement tombent à plat, mais à plat genre plume qui touche le sol. Tu sens que le film te supplie de ressentir quelque chose, mais sans jamais te donner une bonne raison. Et l’action… alors là. Caméra qui tremble, montage illisible, CGI dignes d’un vieux jeu vidéo mal patché. Les explosions ressemblent à des poches de ketchup qui éclatent, le sang aussi. Les fusillades n’ont aucun impact. Zéro tension. 

 

Tu sais que personne d’important ne risque vraiment quoi que ce soit, parce que de toute façon, le film n’a jamais pris le temps de te faire t’attacher à qui que ce soit. Des silhouettes qui crient dans le noir, encore et encore. Le thème central — parce qu’apparemment il y en a un — c’est que la frontière entre le bien et le mal a disparu. Sauf que le film te le martèle tellement que ça en devient presque une parodie. Chaque scène semble vouloir te rappeler ce concept, comme si t’avais la mémoire d’un poisson rouge. Résultat : aucune subtilité, aucun malaise intéressant, juste un message balancé à la truelle. Et le rythme… mon dieu. 82 minutes, c’est court. En théorie. Là, c’est une épreuve d’endurance. 

 

Le film traîne quand il devrait avancer, et accélère quand il faudrait respirer. À l’approche du dernier acte, la seule vraie question qui reste, ce n’est pas comment ça va finir, mais quand est-ce que ça se termine. Et ça, c’est rarement bon signe. Ce qui est presque triste, c’est qu’on sent une envie de faire un film sérieux. Vraiment. Une ambition. Une volonté de dire quelque chose sur l’humanité après l’apocalypse, sur la violence, sur la survie. J’ai envie de respecter l’intention. Mais l’intention, ça ne fait pas un film. Sans un scénario solide, sans acteurs convaincants, sans mise en scène un minimum inspirée, ça donne juste un truc creux. Un grand vide sombre avec des coups de feu.

 

À la fin, Blackout laisse une impression étrange. Une grosse déception molle. Le genre de film qui te fait soupirer et passer à autre chose, mais avec ce petit goût amer de temps perdu. Il veut être profond, sombre, mature. Il confond juste la noirceur avec la profondeur, le bruit avec la tension, la confusion avec la complexité.

 

Note : 0/10. En bref, il existe plein de films post-apocalyptiques bien meilleurs, même sans gros budgets. Ici, il n’y a pas grand-chose à sauver. Blackout ne provoque rien, ne raconte rien, ne laisse rien. Un trou noir narratif. Si le but était de plonger le spectateur dans le vide, c’est réussi. Mais clairement, personne n’avait demandé ça.

Prochainement en France en SVOD

 

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