Critique Ciné : LOL 2.0 (2026)

Critique Ciné : LOL 2.0 (2026)

LOL 2.0 // De Lisa Azuelos. Avec Sophie Marceau, Thaïs Alessandrin et Vincent Elbaz.

 

En 2008, LOL avait trouvé son public. À l’époque, le film parlait d’adolescence avec une certaine fraîcheur, porté par Sophie Marceau et une génération dans laquelle beaucoup pouvaient se reconnaître. Avec LOL 2.0, Lisa Azuelos tente de remettre la machine en route en l’adaptant à 2026. Sur le papier, l’idée pouvait sembler logique : une nouvelle époque, de nouveaux codes, une jeunesse hyperconnectée. À l’écran, le résultat laisse un goût mitigé. Christa Theret ne revient pas, et le film choisit donc de déplacer son centre de gravité vers la petite sœur, Louise. À 25 ans, fraîchement larguée, elle revient vivre chez sa mère. Le thème de l’enfant boomerang est dans l’air du temps. 

 

Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, son fils Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère ! Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux… Anne comprend que la vie ne suit jamais tout à fait le plan prévu, et qu’à tout âge, on continue toujours d’apprendre à grandir.

 

Le retour à la case départ, faute de stabilité financière ou affective, aurait pu donner un vrai angle générationnel. Mais très vite, le film bifurque vers autre chose : la peur de vieillir, le choc des générations, l’angoisse de ne pas réussir à vivre mille vies en une. Louise est incarnée par Thaïs Alessandrin, fille de la réalisatrice. Le problème ne vient pas du fait qu’elle soit choisie par sa mère, mais plutôt de son jeu. L’interprétation manque de naturel. Les émotions semblent récitées, les hésitations sonnent écrites. Difficile d’adhérer pleinement à ses doutes ou à ses emballements. Le film repose pourtant en grande partie sur elle.

 

Face à elle, Sophie Marceau reprend son rôle de mère. Par moments, elle retrouve cette énergie un peu débordante qui faisait le sel du premier opus. Mais il arrive aussi qu’elle en fasse trop, notamment dans certaines scènes de confrontation. Les cris au bas de l’escalier au début du film face à sa fille qui joue la larve sur le canapé donnent plus l’impression d’un exercice de style que d’un vrai conflit mère-fille. Vincent Elbaz apparaît en soutien. Il apporte un peu de légèreté, mais son temps de présence reste limité. Le principal souci de LOL 2.0, c’est son obsession à vouloir coller à la génération Z. Réseaux sociaux, TikTok, ChatGPT, applications de rencontre comme Grindr ou Bumble : tout y passe. 

 

Le film aligne les références comme s’il cochait une liste. Cette accumulation donne une impression de démonstration plutôt que de récit. Les écrans envahissent l’image, les séquences animées censées représenter les conversations numériques se multiplient. À force, cela crée une distance au lieu d’immerger. Le portrait des jeunes adultes manque de nuance. Le groupe d’amis semble construit pour illustrer une diversité de façade : un gay, un personnage issu de l’immigration, un autre en situation de handicap, une militante féministe accro aux podcasts. Sur le papier, l’intention est louable. À l’écran, ces figures restent souvent au stade du cliché. 

 

Le film frôle parfois l’auto-parodie, comme s’il regardait sa propre caricature sans s’en rendre compte. Le décor participe aussi à ce sentiment de décalage. Paris est filmé version carte postale chic, entre lieux branchés et appartements lumineux. Cette vision très bobo du quotidien accentue l’impression d’irréalité. Les problèmes se résolvent autour d’un joint, d’un câlin ou d’une chanson. Les tensions se dissolvent vite. Tout paraît lissé, simplifié. Pourtant, tout n’est pas à jeter. Lisa Azuelos a toujours eu un sens certain de la mise en scène. Dans LOL 2.0, certaines transitions sont inventives. Des plans cassés, des parenthèses animées, des délires visuels viennent rythmer le film. 

 

Ces idées formelles montrent une envie de sortir de la comédie française trop sage. Malheureusement, ces trouvailles ne servent pas toujours une intrigue solide. Elles ressemblent parfois à des rustines sur un scénario prévisible. Le film aborde aussi la question de la pression sociale : réussir vite, être visible, performer en permanence. Ce thème est pertinent. Mais il reste en surface. Une discussion mère-fille, quelques scènes de scrolling sur Instagram, et le sujet est expédié. Il aurait fallu creuser davantage pour éviter l’effet catalogue. L’humour fonctionne par intermittence. Certaines situations font sourire, surtout quand la mère assume son célibat avec un côté un peu déjanté. 

 

Cette énergie rappelle le charme du premier film. Mais ces moments sont noyés dans un ensemble trop chargé. Le titre même, “LOL 2.0”, donne le ton : une mise à jour plus qu’une vraie suite. Par instants, l’impression domine de revoir la même structure que le film de 2008, avec des dialogues adaptés à l’époque. La bande-son, très présente, semble avoir bénéficié d’un budget confortable. Elle accompagne les scènes clés avec efficacité. Mais un bon morceau ne remplace pas un dialogue finement écrit. Plusieurs échanges paraissent improvisés ou écrits à la va-vite. La vulgarité gratuite, l’accumulation d’alcool et de drogue dans certaines scènes, renforcent l’idée d’un regard un peu daté sur la jeunesse.

 

Et pourtant, malgré ces défauts, le film conserve un certain pouvoir réconfortant. Cette bulle naïve, presque hors du temps, reste fidèle à l’univers de Lisa Azuelos. L’esprit familial qui revient dans le dernier acte apporte une touche plus sincère. L’émotion affleure enfin, moins démonstrative. LOL 2.0 ne capte pas vraiment la génération qu’il prétend représenter. Il donne plutôt l’image d’une adulte qui observe les jeunes à travers un écran. Entre clichés, placements de produits et intrigues attendues, la suite ne retrouve pas l’élan du premier film. Mais pour ceux qui cherchent une comédie légère, un cocon un peu artificiel pour décrocher pendant 1h30, le film peut remplir cette fonction.

 

Note : 3/10. En bref, la déception domine, car le potentiel était là. Le choc des générations, le retour au foyer, la peur de l’échec : autant de pistes intéressantes. Reste un film inégal, maladroit, qui oscille entre caricature et tendresse, sans jamais vraiment choisir son camp.

Sorti le 11 février 2026 au cinéma

 

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