Critique Ciné : Panique à Noël (2025)

Critique Ciné : Panique à Noël (2025)

Panique à Noël // De Henrik Martin Dahlsbakken. Avec la voix de Vivid Falk Berg, Vegard Strand Eide et Flo Fagerli.

 

Avec Panique à Noël, le réalisateur norvégien Henrik Martin Dahlsbakken livre une comédie familiale qui mise tout sur la magie des fêtes et sur une idée simple : inverser les rôles. Ici, les petites souris ne fuient pas. Elles contre-attaquent. Et quand leur Noël est menacé par l’arrivée d’une famille d’humains dans leur grande maison, elles passent à l’offensive. Le point de départ rappelle forcément certains classiques. Difficile de ne pas penser à Maman, j’ai raté l’avion ou à La Souris des années 90, avec ses affrontements burlesques dans une demeure trop grande pour ses habitants. Mais Panique à Noël ajoute une couche supplémentaire : l’esprit de Noël, omniprésent. 

 

Une adorable famille de souris se prépare à célébrer Noël dans leur chaleureuse maison. Tout est prêt pour des fêtes parfaites… jusqu’à l’irruption d’intrus qui débarquent soudain. Des humains ! Pire : une famille d’humains, qui souhaitent eux aussi profiter d’un Noël à la campagne. Mais pas question pour les souris de se laisser déloger ! Elles décident de faire fuir coûte que coûte les trouble-fêtes. La guerre est déclarée, et, dans cette bataille de Noël, personne ne se fera de cadeaux…

 

Guirlandes, neige, repas en préparation, chants et décorations… tout est là pour créer une ambiance chaleureuse. C’est sucré, parfois très sucré, mais c’est aussi ce qui donne son charme au film. L’histoire est simple. Une famille de souris vit tranquillement dans une maison presque abandonnée. Elle prépare les fêtes avec sérieux, chacun ayant son rôle. La petite dernière, Lea, apporte une touche d’énergie et de malice. L’équilibre est rompu quand des humains emménagent. Les deux familles se jugent, se méfient, se caricaturent. Très vite, la cohabitation tourne à la guerre ouverte. Le film enchaîne alors les pièges et les situations slapstick. Catapultes improvisées, objets détournés, embuscades dans les couloirs… 

 

Les souris deviennent stratèges. Ce jeu du chat et de la souris, au sens littéral, fonctionne bien dans sa première partie. Les enfants rient facilement. Les adultes retrouvent des mécanismes comiques familiers. Cela reste assez prévisible, mais l’efficacité est au rendez-vous. Ce qui m’a vraiment convaincu, c’est la qualité de l’animation. Les souris sont intégrées dans des décors en prises de vue réelles, et le mélange fonctionne. Les textures, les mouvements, les expressions : tout est travaillé avec soin. Les personnages ne tombent pas dans l’excès de mignonnerie. Elles sont attachantes sans être trop appuyées. Ce réalisme donne du poids aux scènes d’action comme aux moments plus calmes.

 

La réalisation est propre. La bande-son accompagne bien les séquences, l’ambiance est maîtrisée et la mise en scène reste lisible, même dans les scènes les plus agitées. Pour un film destiné en priorité aux 5-10 ans, le résultat visuel est solide. Il y a un vrai savoir-faire derrière cette production norvégienne. Cela dit, tout n’est pas parfait. Le scénario reste très balisé. Le thème de l’acceptation de l’autre, de la lutte contre les préjugés et de la nécessité d’apprendre à se connaître avant de se juger est central. Le message est clair : méfier des apparences, écouter, faire confiance. C’est une morale positive, adaptée à la période de Noël. Mais elle est traitée de façon assez scolaire.

 

Le ventre mou du film se situe au milieu. Après une première série de gags réussis, le rythme ralentit. Certaines scènes s’étirent, notamment celles impliquant un dératiseur caricatural, presque trop cartoonesque. L’humour devient plus lourd, moins inspiré. J’ai senti une baisse d’énergie à un moment où l’intrigue aurait dû monter en intensité. Cela donne l’impression que le budget ou l’écriture n’ont pas permis d’exploiter pleinement le potentiel comique de la situation. Les personnages humains manquent aussi un peu de relief. Ils servent surtout de déclencheurs aux actions des souris. Le casting ne marque pas particulièrement les esprits. L’émotion repose davantage sur les petits rongeurs que sur les membres de la famille humaine. 

 

Ce déséquilibre n’est pas gênant pour un jeune public, mais il limite l’ampleur du récit. Malgré ces réserves, Panique à Noël reste un film agréable. Il ne révolutionne rien dans le cinéma de Noël, mais il assume pleinement son statut de divertissement familial. L’ambiance « cocooning » fonctionne. Les décors, la lumière, les scènes de préparation des fêtes créent une atmosphère rassurante. C’est le genre de film que l’on imagine facilement programmé un dimanche de décembre, en famille. Ce qui m’a plu, c’est cette inversion des rôles. Les souris, d’abord victimes potentielles, deviennent chasseuses. Ce retournement donne lieu à des séquences amusantes et parfois inventives. L’idée que chacun peut se révéler redoutable quand son univers est menacé est bien exploitée. 

 

Derrière la légèreté, il y a une petite réflexion sur la défense de son foyer, sur la peur de l’inconnu et sur la façon dont les conflits naissent souvent de malentendus. Le film a parfois un air de téléfilm de fête un peu amélioré. Mais il tient ce qu’il promet : un moment divertissant, accessible et de saison. Pour les parents, le plaisir viendra surtout du partage avec les enfants. Pour les plus jeunes, l’humour visuel et les souris attachantes suffiront largement. Pour ma part, j’ai passé un moment correct, sans surprise majeure, mais sans ennui non plus.

 

Note : 6/10. En bref, Panique à Noël s’inscrit dans la tradition des comédies familiales de fin d’année : une bataille mignonne entre souris et humains, des pièges en cascade, une morale sur la tolérance et beaucoup de décorations scintillantes. Un film modeste, mais cohérent dans son intention. Pour une séance en famille pendant les fêtes, il fera le travail.

Sorti le 3 décembre 2025 au cinéma

 

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