Critique Ciné : Reckless (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Reckless (2026, direct to SVOD)

Reckless // De Elliott Montello. Avec Scott Adkins, Vinnie Jones et Nicole Deon.

 

Avec Reckless, le cinéma britannique tente encore une plongée dans le Londres des gangsters, entre braquage qui dérape, trahison et vengeance. Sur le papier, la recette a déjà fait ses preuves : des criminels bavards, un butin disparu, un ex-taulard bien décidé à récupérer son dû. Mais dans les faits, le film réalisé par Elliott Montello peine à dépasser le stade de l’imitation. Et le résultat laisse un goût franchement amer. L’intrigue de Reckless tient sur un coin de table : un homme participe à un braquage, se fait doubler, passe des années en prison, puis sort avec une seule idée en tête — récupérer sa part de l’argent. Sur sa route : un boss du crime, un flic, et un ancien codétenu instable. 

 

Un ancien détenu en liberté conditionnelle doit semer la police pour récupérer sa part d’un vieux casse.

 

Chaque étape arrive exactement quand on l’attend. Aucune surprise, aucune vraie tension. Le problème n’est pas tant la simplicité du scénario que son absence totale de relief. Rien ne vient bousculer la mécanique. Les rebondissements semblent cochés sur une liste. Le film déroule son plan sans jamais créer d’urgence ou d’émotion réelle. À force d’être prévisible, Reckless devient presque mécanique. Impossible de ne pas penser à Guy Ritchie devant certaines scènes. Dialogues qui se veulent percutants, narration éclatée, personnages introduits avec des effets stylisés… Le film cherche clairement à s’inscrire dans la lignée de Lock, Arnaques, crimes et botanique et Snatch.

 

Le souci, c’est que reprendre les codes ne suffit pas. Là où ces films trouvaient un ton, un rythme, une vraie identité, Reckless se contente d’en copier la surface. Les introductions animées des personnages, façon découpages graphiques, donnent un peu d’énergie au début. Mais très vite, cela devient un gimmick. L’effet de style prend le pas sur le fond. La bande-son, omniprésente, n’aide pas. Au lieu de dynamiser l’ensemble, elle rend certaines scènes plus lourdes qu’elles ne devraient l’être. Des moments déjà plats deviennent carrément pénibles à suivre. Scott Adkins tient le rôle principal, celui de Devon, ex-détenu impulsif et violent, avec une part plus sensible sous la surface. 

 

Sur le papier, le personnage avait du potentiel. Dans les faits, il reste sous-écrit. Adkins fait le travail. Les scènes de combat sont propres, bien chorégraphiées, lisibles. Il reste solide dès qu’il s’agit d’action physique. Mais le film en propose trop peu pour justifier sa présence. Pour un acteur connu pour ses capacités martiales, le voir évoluer dans un long-métrage aussi pauvre en affrontements finit par frustrer. Côté humour, le scénario tente d’exploiter une facette plus légère de l’acteur. Les dialogues jouent sur l’ironie et l’argot britannique, avec une avalanche de jurons censés donner du rythme. Mais l’ensemble tombe souvent à plat. L’écriture manque de finesse et d’inspiration. 

 

Adkins essaie d’apporter un peu de nuance, mais il ne peut pas sauver un texte aussi faible. Vinnie Jones est lui aussi de la partie, dans un rôle de gangster menaçant. Sa présence impose toujours quelque chose à l’écran. Mais ici, il semble presque en pilote automatique. Le personnage aurait pu devenir un antagoniste marquant. À la place, il reste cantonné à quelques scènes sans réelle intensité. Le film donne l’impression de gâcher son potentiel. Même son aura naturelle ne suffit pas à relever des dialogues et des situations aussi convenus. Le plus frustrant avec Reckless, c’est qu’il n’est jamais totalement catastrophique. Techniquement, le film est correct. 

 

Certaines idées visuelles montrent une envie de faire autre chose qu’un simple polar fauché. Les combats sont bien exécutés. Les acteurs ne semblent pas désinvestis. Mais l’ensemble sonne creux. Le film avance sans âme, sans surprise, sans véritable enjeu. Les moments censés être drôles ne le sont pas vraiment. Les passages dramatiques ne touchent pas. La vengeance, moteur central de l’intrigue, manque d’intensité. À plusieurs reprises, l’ennui s’installe. Pas un ennui violent, mais un flottement constant. L’impression de regarder un film qui coche des cases sans jamais justifier son existence. Une tentative de comédie criminelle britannique qui reste à la surface de ce qu’elle imite.

 

Note : 3/10. En bref, Reckless voulait clairement s’inscrire dans la tradition des comédies criminelles londoniennes stylisées. Il en reprend les codes visuels et narratifs, mais oublie d’y injecter une histoire solide et des personnages vraiment marquants. Malgré l’engagement de Scott Adkins et la présence de Vinnie Jones, le film reste plat, prévisible et trop rarement divertissant. Les quelques scènes d’action ne compensent pas un scénario faible et un humour qui ne décolle jamais.

Prochainement en France en SVOD

 

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