Critique Ciné : Sleepwalker (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Sleepwalker (2026, direct to SVOD)

Sleepwalker // De Brandon Auman. Avec Hayden Panettiere, Justin Chatwin et Beverly D'Angelo.

 

Révélée au grand public avec Heroes, confirmée par Nashville, marquante dans Scream 4, Hayden Panettiere semblait avoir trouvé sa place. Même son passage récent dans Scream VI rappelait qu’elle a une vraie présence à l’écran. Puis arrive Sleepwalker, et difficile de ne pas se demander ce qui s’est passé entre-temps. Rarement un film aura été aussi fidèle à son nom. Devant ces 90 minutes, difficile de ne pas lutter contre l’envie de sombrer. Ce thriller psychologique vendu comme un mélange de deuil, de trauma et de surnaturel réussit surtout à endormir toute forme d’intérêt.

 

Sarah est hantée par la perte tragique de sa fille dans un accident de voiture qui a laissé son mari violent dans le coma. Ses épisodes de somnambulisme s'intensifient. En proie à des visions obsédantes de son mari à l'intérieur de leur maison, elle est aux prises entre la réalité et le cauchemar.

 

Le point de départ avait pourtant de quoi intriguer. Sarah, artiste peintre, tente de survivre après un accident qui a coûté la vie à sa fille et plongé son mari violent dans le coma. Depuis, elle enchaîne les cauchemars et les crises de somnambulisme. La frontière entre rêve et réalité se brouille. Le fantôme du mari semble rôder. Sur le papier, l’idée coche toutes les cases du bon petit film d’horreur psychologique. À l’écran, c’est une autre histoire. Sleepwalker passe son temps à hésiter. Thriller dramatique sur les violences conjugales ? Film de fantômes ? Récit sur la culpabilité ? Le scénario tente un peu tout, sans jamais choisir.

 

Résultat : une succession de scènes qui donnent l’impression d’avoir été écrites séparément, puis assemblées à la va-vite. Hayden Panettiere mérite mieux que ça. Ici, elle se débat avec un script qui lui fait répéter qu’elle ne dort pas, qu’elle est traumatisée, qu’elle est hantée. Comme si le spectateur n’avait pas compris après la dixième scène de cauchemar. Elle fait ce qu’elle peut. Elle pleure, elle tremble, elle fixe ses doigts pour vérifier si elle rêve. Elle avale des somnifères. Elle court dans des couloirs. Elle sursaute. L’implication est là. Le problème, c’est que tout autour semble fonctionner au ralenti. Justin Chatwin, en mari abusif devenu menace spectrale, propose une performance qui frôle la démonstration scolaire. 

 

Chaque flashback insiste lourdement sur sa violence. Colère excessive, regards appuyés, explosions verbales répétées. Même inconscient, son personnage continue d’envahir les rêves de Sarah avec une intensité qui finit par faire lever les yeux au ciel. La peur attendue laisse place à une gêne persistante. Les dialogues n’aident pas. Tout est expliqué. Les traumatismes sont détaillés comme dans un exposé. Les personnages se rappellent mutuellement ce qu’ils ont vécu, au cas où quelqu’un aurait raté les cinq scènes précédentes. L’exposition prend le pas sur la tension. À force de tout dire, le film oublie de faire ressentir. Visuellement, Sleepwalker ne brille pas non plus. 

 

La mise en scène aligne les effets vus mille fois : musique insistante, apparitions furtives dans le fond du cadre, sursauts sonores placés sans subtilité. L’image est propre, mais sans relief. L’ensemble a un côté production télévisuelle du dimanche après-midi. La seconde moitié tente un coup de théâtre avec l’arrivée d’un personnage médium et une séance de spiritisme. L’idée semble sortie d’un autre film. Le ton change, sans que l’histoire ne gagne en cohérence. Le mélange des genres pourrait être audacieux. Ici, il paraît maladroit. Le thème des violences conjugales, qui aurait pu apporter une vraie profondeur, reste traité de manière appuyée. Les flashbacks répètent la même dynamique : menace, colère, tension. 

 

Aucun vrai travail sur la nuance. Le passé de Sarah devient un outil scénaristique, pas un sujet exploré avec finesse. Même les révélations finales peinent à réveiller l’intérêt. Le film essaie de donner une explication globale aux phénomènes, mais le chemin pour y parvenir a déjà épuisé la patience. L’émotion attendue ne vient pas. La peur non plus. Le plus frustrant reste le potentiel. Une femme en deuil, hantée par un passé violent, dont l’esprit vacille entre réalité et cauchemar : la matière était là pour construire un vrai thriller psychologique. Avec une écriture plus rigoureuse et une mise en scène plus inspirée, Sleepwalker aurait pu proposer une descente crédible dans la paranoïa.

 

À la place, le film donne l’impression d’avoir été étiré pour atteindre les 90 minutes réglementaires. Certaines scènes semblent là pour remplir le temps. L’intrigue avance par à-coups, sans réelle montée en tension. Même les moments censés choquer tombent à plat. Hayden Panettiere et Beverly D’Angelo font ce qu’elles peuvent avec un matériau fragile. Mais aucun acteur ne peut sauver un projet qui manque de direction claire. Le résultat est un film qui se regarde en consultant l’heure, en espérant une accélération qui ne vient jamais.

 

Note : 1/10. En bref, Sleepwalker voulait parler de cauchemars. Il finit par en devenir un pour quiconque espérait un thriller psychologique solide. Entre esthétique fade, scénario appuyé et tension absente, l’expérience tient plus de la sieste prolongée que du frisson nocturne. Au moins, le titre est honnête.

Prochainement en France en SVOD

 

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