Critique Ciné : The Haunted Forest (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Haunted Forest (2026, direct to SVOD)

The Haunted Forest // De Keith Boynton. Averc Grayson Gwaze, Cedric Gegel et Kaitlyn Lunardi.

 

Avec The Haunted Forest, Keith Boynton propose un film d’horreur indépendant situé dans un vrai décor : le Markoff’s Haunted Forest, une attraction d’Halloween installée dans le Maryland. L’idée est immédiatement séduisante. Un slasher qui se déroule au cœur d’un parc de l’horreur grandeur nature, avec ses acteurs déguisés, ses tronçonneuses factices et ses visiteurs en quête de frissons. Sur le papier, le terrain de jeu est idéal. L’histoire suit Zach, lycéen en dernière année, passionné par tout ce qui touche au macabre. Il partage sa vie entre un pensionnat élitiste et les week-ends passés chez son cousin Mark, fondateur de la fameuse forêt hantée. 

 

Un adolescent décroche un job d’acteur d’épouvante dans une attraction de forêt hantée. Après s’être lié d’amitié avec ses collègues excentriques, un décès tragique le pousse à remettre en question ses penchants morbides.

 

Zach décroche un poste d’acteur dans l’attraction. Pour lui, c’est presque un rêve : vivre au milieu des monstres, effrayer des inconnus et respirer l’odeur des machines à fumée jusqu’à Halloween. Les premières minutes installent plutôt bien cet univers. Le film prend le temps de montrer les coulisses d’un scare maze : les répétitions, les costumes, le maquillage assuré par Sarah, les consignes de sécurité, les briefings interminables de Mark. Il y a un vrai plaisir à découvrir cette petite communauté d’acteurs saisonniers, tous un peu marginaux, tous unis par leur goût pour l’horreur. Cette ambiance automnale fonctionne. Feuilles mortes, éclairages orangés, sentiers boueux : l’atmosphère est là.

 

Grayson Gwaze, dans le rôle de Zach, tient le film sur ses épaules. Son jeu est naturel, crédible, loin de la caricature du geek obsédé par le gore. Zach dessine des comics inspirés de tueurs en série, fantasme des scènes d’horreur en plein cours d’anglais, et semble plus à l’aise dans un costume de monstre que dans une salle de classe. Ce décalage entre sa vie scolaire et son refuge dans la forêt hantée est l’un des aspects les plus intéressants du film. Pendant une bonne partie du premier acte, The Haunted Forest ressemble presque à un récit d’apprentissage. Zach trouve sa place dans l’équipe, se rapproche de Sarah, se lie d’amitié avec Jacko, autre figure clé de l’attraction. 

 

Le film prend son temps. Trop peut-être. Car l’horreur annoncée tarde à se manifester. Quand les premiers incidents surviennent – un visiteur gravement blessé par une vraie tronçonneuse, puis la découverte d’un corps pendu à une tyrolienne – le ton bascule. Pourtant, la tension ne suit pas vraiment. Les événements sont graves, mais la mise en scène reste étonnamment plate. Les personnages réagissent avec une forme de détachement qui empêche toute montée d’angoisse. Le scénario introduit plusieurs pistes : un parc rival nommé Phantom Wood, un ancien employé rancunier, la rumeur d’un massacre d’Amérindiens sur ces terres, un groupe mené par Sarah qui prétend honorer les morts à travers des rituels. 

 

Sur le papier, tout cela aurait pu nourrir un vrai mystère. Dans les faits, ces éléments s’accumulent sans jamais se fondre en un ensemble cohérent. Le film semble hésiter entre plusieurs directions : slasher classique, critique sociale sur la fascination pour la mort, commentaire sur les réseaux sociaux et les influenceurs prêts à tout pour quelques vues, réflexion sur l’appropriation culturelle et la culpabilité historique. Le problème n’est pas le manque d’idées, mais leur dispersion. À force de vouloir tout aborder, The Haunted Forest perd son fil conducteur. La dimension raciale, par exemple, est esquissée mais jamais réellement développée. 

 

Zach évolue dans des espaces majoritairement blancs, que ce soit à l’école ou dans l’attraction. Une scène laisse entendre qu’incarner un personnage effrayant peut exposer un jeune homme noir à des dangers bien réels. Cette piste est intéressante, mais elle reste en surface. Le film s’approche du sujet, puis s’en détourne. Techniquement, le résultat est solide pour un film indépendant. La photographie met bien en valeur le décor naturel du parc. Les scènes nocturnes sont lisibles, ce qui est rare dans le genre. Les maquillages et costumes sont réussis, et l’ensemble ne fait pas « cheap ». Il y a un vrai soin apporté à l’univers visuel.

 

Mais un film d’horreur repose aussi sur son efficacité narrative. Or ici, le rythme pose problème. Après la première mort, le récit ralentit au lieu de s’emballer. Les dialogues prennent le dessus, parfois au détriment de la tension. Certaines scènes dramatiques sont désamorcées par des échanges trop légers ou mal placés. Même les confrontations finales manquent d’impact. Le dernier acte concentre les révélations et la violence. Le sang coule davantage, les masques tombent, et le fameux twist arrive. Je dois avouer que cette révélation m’a laissé perplexe. Elle semble tirée par les cheveux et ne repose pas sur une construction suffisamment solide. Plus le film explique, moins il convainc. 

 

Les motivations paraissent floues, les décisions des personnages difficiles à croire. Ce qui aurait pu être un slasher tendu se transforme en un drame un peu confus sur le passage à l’âge adulte. L’horreur devient presque secondaire. Zach finit par comprendre que la mort n’est pas un divertissement, mais cette prise de conscience manque d’émotion parce que les enjeux personnels, notamment autour de sa mère absente, ne sont jamais vraiment développés. The Haunted Forest n’est pas un désastre. Il possède une ambiance d’Halloween réussie, un acteur principal attachant et un décor authentique qui donne du relief à l’ensemble. 

 

Pour une soirée d’octobre, le film peut faire l’affaire, surtout pour un public peu habitué aux codes du slasher. Mais en tant que film d’horreur, il reste en demi-teinte. L’idée de départ est forte. L’exécution, elle, manque de cohérence et d’audace. À trop vouloir parler de tout, le film finit par ne pas exploiter pleinement son potentiel. La forêt est belle, l’ambiance est là, mais la peur, elle, se fait attendre.

 

Note : 4.5/10. En bref, The Haunted Forest n’est pas un désastre. Il possède une ambiance d’Halloween réussie, un acteur principal attachant et un décor authentique qui donne du relief à l’ensemble. Pour une soirée d’octobre, le film peut faire l’affaire, surtout pour un public peu habitué aux codes du slasher. Mais en tant que film d’horreur, il reste en demi-teinte. 

Prochainement en France en SVOD

 

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