17 Février 2026
We Bury the Dead // De Zak Hilditch. Avec Daisy Ridley, Brenton Thwaites et Mark Coles Smith.
Le cinéma de zombies n’est jamais vraiment mort. Il revient sans cesse, sous différentes formes. Ces dernières années, le genre a retrouvé une vraie visibilité, entre séries et relectures plus intimistes (les 2 volets 28 ans plus tard sont réussis). Avec We Bury the Dead, le réalisateur australien Zak Hilditch propose sa vision d’une apocalypse pas tout à fait comme les autres. Ici, le monstre n’est pas seulement une menace. Il est aussi un souvenir. Le film s’ouvre sur une catastrophe : une arme électromagnétique explose au large de la Tasmanie et anéantit la population de l’île en un instant.
Après la disparition de son mari à la suite d'une expérience militaire, Ava rejoint une unité censée retrouver le corps de son mari. Ava est alors horrifiée de constater que les cadavres commencent à montrer plus de signes de vie qu'ils ne le devraient...
Les habitants ne sont pas pulvérisés. Ils restent figés là où ils se trouvaient, comme des statues prises en plein mouvement. Le paysage devient un musée de la mort à ciel ouvert. L’Australie organise une mission de récupération des corps. Des volontaires sont appelés pour nettoyer l’île. Ava, incarnée par Daisy Ridley, s’inscrit. Son mari Mitch se trouvait en Tasmanie lors de l’explosion. Elle espère le retrouver, vivant ou non. Cette mission officielle devient alors une quête personnelle. Très vite, le film installe un climat pesant. Mais la vraie surprise vient d’ailleurs : certains corps montrent des signes de vie. Les morts ne sont pas totalement morts.
Ces zombies ne courent pas partout en hurlant. Ils grincent des dents, semblent agités, parfois perdus. Ils restent effrayants, mais ils sont aussi tragiques. Ce choix change la perspective. Dans beaucoup de films du genre, les zombies sont une masse anonyme qu’il faut abattre sans réfléchir. Ici, chaque créature a été quelqu’un. Un parent, un conjoint, un enfant. Le travail de récupération prend une dimension plus douloureuse. L’horreur se mêle au deuil. Au fond, We Bury the Dead parle moins de survie que de perte. Ava traverse l’île comme elle traverse son chagrin. Des flashbacks montrent sa vie avec Mitch. Rien d’idyllique, mais une relation réelle, avec ses tensions.
Ces retours en arrière apportent un éclairage sur son état d’esprit, même s’ils paraissent parfois un peu attendus. Daisy Ridley (Rogue One) porte le film sur ses épaules. Elle passe d’une femme figée par le choc à quelqu’un qui retrouve peu à peu une forme d’élan. Son jeu reste sobre, crédible. Elle évite le cliché de l’héroïne invincible. Ava n’est pas une guerrière armée jusqu’aux dents. C’est une femme qui cherche une réponse. Sur sa route, elle croise Clay, interprété par Brenton Thwaites. Plus impulsif, plus cynique, il apporte une énergie différente. Le duo fonctionne bien. Le contraste entre la gravité d’Ava et l’attitude plus désinvolte de Clay crée une dynamique intéressante.
Leur traversée de la Tasmanie, entre villes désertes et plages jonchées d’épaves, donne au film des airs de road movie post-apocalyptique. Visuellement, le film impressionne. La photographie de Steve Annis capte la beauté étrange d’une île vidée de ses habitants. Les rues désertes, les maisons abandonnées, les troupeaux laissés à l’abandon : tout respire le silence et l’abandon. Impossible de ne pas penser aux images de villes vides pendant la pandémie. Les effets spéciaux, mêlant maquillages pratiques et retouches numériques, fonctionnent bien. Les zombies ont une présence troublante. Ils ne sont pas là pour faire sursauter à chaque coin de rue.
D’ailleurs, le film contient très peu de scènes vraiment horrifiques. Deux ou trois moments tendus, quelques attaques, puis de longues séquences plus calmes. C’est là que le film divise. Le rythme est lent. Entre deux scènes intenses, il peut se passer vingt minutes de marche, de discussions ou de silence. L’intention est claire : installer une ambiance mélancolique. Mais cette lenteur finit par peser. L’attente d’un vrai basculement vers l’horreur ou l’action reste souvent frustrée. Le film cherche à apporter une variation au mythe du zombie. L’origine de la catastrophe, liée à une arme expérimentale, change des virus habituels. Les morts ne contaminent pas les vivants. Il n’y a pas de propagation massive.
Cette absence de règles claires intrigue, mais laisse aussi des zones d’ombre. Beaucoup de questions restent sans réponse. Certains moments paraissent forcés, comme si le scénario voulait absolument ajouter une scène choc ou un geste symbolique. Le dernier acte, en particulier, manque de puissance. La conclusion arrive sans véritable surprise. Elle paraît presque expédiée, après un parcours pourtant long et pesant. We Bury the Dead n’est pas un simple film d’horreur. C’est un drame post-apocalyptique qui utilise le zombie comme métaphore du deuil. L’idée est intéressante. L’atmosphère fonctionne. Daisy Ridley offre une performance solide. Brenton Thwaites apporte une énergie bienvenue.
Mais le film souffre d’un rythme trop inégal et d’un scénario qui ne va pas assez loin. Les scènes d’action sont rares. L’horreur reste modérée. Le récit devient prévisible sur la fin. L’ensemble reste regardable et parfois prenant, sans jamais devenir marquant. Pour les amateurs de films de zombies à la recherche d’une approche plus contemplative, We Bury the Dead peut valoir le détour. Pour ceux qui espèrent tension continue et frissons réguliers, la déception risque d’être au rendez-vous. Le film tente quelque chose d’un peu différent. Il n’échoue pas totalement, mais il ne parvient pas non plus à transformer son idée en vraie claque.
Note : 5.5/10. En bref, We Bury the Dead n’est pas un simple film d’horreur. C’est un drame post-apocalyptique qui utilise le zombie comme métaphore du deuil. L’idée est intéressante. L’atmosphère fonctionne. Daisy Ridley offre une performance solide. Mais le film souffre d’un rythme trop inégal et d’un scénario qui ne va pas assez loin. Les scènes d’action sont rares. L’horreur reste modérée. Le récit devient prévisible sur la fin.
Prochainement en France en SVOD
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