18 Février 2026
Will Trent // Saison 4. Episode 7. Call Paul.
Avec l’épisode 7 de la saison 4 de Will Trent, la série franchit un cap que j’attendais depuis un moment. Depuis le début de cette saison, l’écriture semble plus audacieuse, plus intime, moins préoccupée par la mécanique procédurale pure. « Call Paul » illustre parfaitement cette évolution. L’enquête autour d’un possible tueur en série sert surtout de révélateur à quelque chose de plus profond : la peur de Will de devenir ce qu’il traque. Dès la scène d’ouverture, l’ambiance est lourde. Le meurtre à l’aide d’un pistolet à clous installe une violence sèche, presque clinique. Il n’y a pas d’effusion spectaculaire, mais une impression de maîtrise glaciale.
L’absence d’empreintes et la manière dont l’arme est laissée sur place donnent le sentiment d’un tueur sûr de lui. Très vite, Will perçoit un motif récurrent entre plusieurs affaires. L’hypothèse d’un duo criminel prend forme, et la série bascule dans un registre plus sombre. Ce qui m’a particulièrement marqué dans cet épisode, c’est la façon dont Will s’immerge dans l’esprit du tueur. La série a souvent montré son talent pour lire les scènes de crime, mais ici, l’identification devient dangereuse. Les visions de James Ulster, déjà introduit plus tôt dans la saison, reviennent le hanter. Ulster incarne une sorte de voix intérieure qui pousse Will vers la violence.
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Les scènes où Will se projette en meurtrier sont dérangeantes, non pas parce qu’elles cherchent le choc, mais parce qu’elles traduisent un doute sincère. Il ne craint pas seulement d’échouer, il craint d’aimer comprendre. J’ai trouvé que cet angle du profilage mériterait d’être encore davantage exploré. La série s’approche ici d’un terrain psychologique plus complexe. Will ne se contente plus de résoudre des affaires, il affronte ce que ces affaires réveillent en lui. Ce questionnement fait écho aux épisodes précédents de la saison 4, notamment ceux centrés sur ses difficultés à gérer ses émotions face à Angie ou à ses propres traumatismes.
Il y a une continuité intéressante dans cette manière de fissurer progressivement son image de professionnel infaillible. Le retour de Paul Campano apporte un contraste bienvenu. Interprété par Mark-Paul Gosselaar, Paul revient dans la vie de Will à un moment critique. Son lien avec la victime le rend suspect aux yeux de tous, sauf de Will. Leur dynamique repose toujours sur ce mélange d’irritation et d’affection. Paul parle trop, s’emballe, propose des idées absurdes, mais il agit avec sincérité. Sa décision de faire de la publicité via son concessionnaire pour obtenir des informations sur le tueur est maladroite, presque naïve, mais fidèle à son caractère.
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Ce que j’ai apprécié, c’est que Paul n’est pas qu’un ressort comique. Son histoire commune avec Will permet d’aborder un traumatisme enfoui. Le souvenir d’une bagarre d’enfance, déclenchée par un simple pistolet en plastique, révèle à quel point Will était déjà marqué par son passé en famille d’accueil. Ce rappel donne une épaisseur nouvelle à leur relation. Paul comprend Will d’une manière que peu de personnages peuvent revendiquer. Lorsqu’il l’empêche de basculer dans la violence lors de la confrontation finale, son geste dépasse la simple amitié. La révélation de l’identité des tueurs m’a laissé un goût amer. Découvrir qu’un spécialiste des scènes de crime du GBI est impliqué installe une trahison interne difficile à ignorer.
J’ai toujours du mal avec la figure du policier corrompu, peut-être parce qu’elle est devenue fréquente dans les séries policières. Pourtant, ici, cette trahison sert le thème central : la frontière entre ceux qui enquêtent et ceux qui tuent n’est pas aussi étanche qu’on aimerait le croire. Le ressentiment de l’agent Nash envers Will, jaloux de sa popularité, ajoute une dimension presque mesquine à la menace. Ce n’est pas un génie du mal, mais un homme frustré qui a laissé sa rancœur le consumer. La confrontation finale fonctionne bien parce qu’elle repose davantage sur la tension morale que sur l’action. Will est tenté de tuer Nash. Le désir est là, brut, presque assumé. Il faut l’intervention de Paul pour l’empêcher de franchir la ligne.
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Ce moment résume l’épisode : Will choisit de ne pas céder. Ce choix n’efface pas ses pulsions, mais il affirme sa volonté de rester du bon côté. En parallèle, l’intrigue de l’APD paraît plus légère, presque anecdotique en comparaison. Angie, Ormewood et Franklin enquêtent sur la mort d’un conducteur impliqué dans un accident lié à un putois domestique. L’affaire, avec son influenceuse surnommée la « mère des putois » et une petite amie jalouse, n’a rien de mémorable. Pourtant, j’ai trouvé que ces scènes apportaient un équilibre nécessaire. La discussion autour du match de softball et la grossesse d’Angie offre quelques moments d’humour bienvenus.
Voir Ormewood et Franklin chercher un remplaçant, presque désespérés, humanise leur duo. Ce contraste entre les deux intrigues rappelle d’autres épisodes de la saison 4 où la série jonglait entre gravité et légèreté. La différence, ici, réside dans l’intensité du parcours de Will. Les épisodes précédents s’attardaient sur ses relations affectives ; celui-ci plonge dans sa psyché. J’ai eu le sentiment que la série assumait enfin pleinement la part d’ombre de son héros. L’apparition de Betty, toujours fidèle au poste, agit comme une respiration. Sa présence discrète dans les scènes les plus tendues souligne l’importance des ancrages simples dans la vie de Will. Face à ses visions et à ses dissociations, ces détails comptent.
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Au final, cet épisode 7 de la saison 4 me paraît révélateur de la direction prise par la série. L’enquête en elle-même est solide, sans être révolutionnaire. Ce qui fait la différence, c’est les personnages et leurs évolutions. Will n’est plus seulement un enquêteur brillant ; il est un homme qui lutte activement contre ses propres démons. La série ne le transforme pas en antihéros, mais elle reconnaît qu’il pourrait le devenir. Cette nuance me semble plus intéressante qu’une opposition binaire entre bien et mal. « Call Paul » n’est pas parfait. L’intrigue secondaire manque d’ampleur, et le choix d’un tueur issu des forces de l’ordre reste prévisible.
Pourtant, l’épisode réussit là où il devait réussir : montrer que la vraie menace pour Will n’est pas seulement extérieure. Elle réside aussi dans cette facilité qu’il a à comprendre la violence. Tant qu’il continuera à choisir de s’en éloigner, la série conservera cette tension morale qui la rend, à mes yeux, toujours pertinente.
Note : 9/10. En bref, cet épisode 7 de la saison 4 me paraît révélateur de la direction prise par la série. L’enquête en elle-même est solide, sans être révolutionnaire. Ce qui fait la différence, c’est les personnages et leurs évolutions.
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