18 Février 2026
Kindred // De Russ De Jong. Avec Tennille Read, Kylee Evans et Russell Sams.
Il y a des thrillers qui accrochent dès les premières minutes. Et puis il y a Kindred. Sur le papier, l’idée avait de quoi intriguer : une histoire de meurtre, des secrets, des personnages aux intentions floues. Dans les faits, le film ressemble davantage à un puzzle monté à l’envers, avec des pièces qui ne semblent même pas appartenir à la même boîte. Très vite, une évidence s’impose : le scénario ne tient pas debout. Les scènes s’enchaînent sans logique claire. Au lieu de construire une tension progressive, l’intrigue piétine. Il ne se passe pas grand-chose, et quand il se passe enfin quelque chose, cela tombe à côté. Les motivations des “méchants” restent floues du début à la fin.
Roy et Orchid, criminels, ciblent une trafiquante qu’Orchid tue malgré l’opposition de Roy. Après la médiatisation du crime, Orchid propose de voler les riches Sterling, détenteurs supposés de millions en obligations au porteur.Les Sterling organisent un dîner macabre où ils empoisonnent et torturent leurs invités. Lors du cambriolage, le chef Mitch blesse Roy. Orchid, qui a subi des abus de Conrad Sterling par le passé, le confronte et le tue quand il la reconnaît. Les otages s’échappent dans le chaos.Orchid apprend d’Ethel, sa mère dont elle est séparée, que les abus ont causé son renvoi. Elle tue Ethel, s’empare des obligations, élimine Roy et s’enfuit, libre et vengée, laissant une traînée de cadavres.
Impossible de comprendre ce qui les anime réellement. Le film semble attendre que le public fasse lui-même le travail d’écriture. Le plus frustrant, c’est que Kindred donne l’impression de vouloir être un thriller psychologique sérieux. Le problème, c’est qu’il en adopte les codes sans jamais en maîtriser les bases. Le rythme est d’une lenteur qui ne crée aucune tension. Ce n’est pas une lenteur calculée, oppressante, qui prépare une explosion. C’est une lenteur vide. Les scènes s’étirent sans enjeu clair. L’attente d’un rebondissement devient presque ironique. La mise en scène signée Russ De Jong n’arrange rien. Le ton hésite constamment entre drame intense et téléfilm de l’après-midi.
Certaines séquences semblent sorties d’un mauvais film de suspense formaté, avec des choix de réalisation qui donnent envie de regarder ailleurs. À un moment, un énorme luminaire façon sculpture Jenga dans le hall d’entrée attire plus l’attention que les personnages. Ce n’est même pas une blague : cet objet vole littéralement la vedette. Les acteurs font ce qu’ils peuvent, mais ils se battent avec un script qui sonne artificiel. Les dialogues paraissent mécaniques, presque générés sans véritable regard humain. Les réactions émotionnelles manquent de naturel. Il y a des scènes censées être dramatiques qui tombent complètement à plat. L’expression des visages semble parfois en décalage avec la gravité de la situation.
Impossible de ressentir quoi que ce soit pour ces personnages quand leurs décisions frisent l’absurde. Et parlons des fameuses scènes “d’action”. Si l’intention était de créer du suspense, le résultat est plutôt involontairement comique. Les coups de feu ressemblent à des pétards pour enfants. La violence manque de réalisme au point de casser toute immersion. Quand un thriller ne parvient pas à rendre crédible un moment de danger, il perd immédiatement son impact. Une scène en particulier reste difficile à oublier, mais pas pour les bonnes raisons : les personnages roulent du mauvais côté de la route alors que l’action est censée se dérouler aux États-Unis. Pourquoi ? Mystère.
Ce détail paraît minime, mais il devient impossible de ne pas y penser. Pendant tout le reste du film, cette incohérence reste en tête. Dans un récit déjà fragile, ce genre d’erreur donne l’impression d’un manque de soin généralisé. Ce qui agace le plus, c’est la promesse non tenue. L’idée de départ laissait entrevoir un thriller centré sur la manipulation et les secrets. Il y avait matière à créer une ambiance étouffante, à jouer sur la paranoïa. Mais au lieu d’exploiter cette tension, le film s’éparpille. Il lance des pistes qu’il abandonne aussitôt. Il introduit des éléments du passé des antagonistes sans jamais les développer. À force de rester vague, l’intrigue finit par devenir insignifiante.
La progression dramatique est quasi inexistante. Un bon thriller doit monter en puissance, scène après scène. Ici, la courbe reste plate du début à la fin. Même le dernier acte, qui devrait offrir un choc ou au moins une révélation solide, donne l’impression d’une conclusion bricolée. Il n’y a ni surprise marquante, ni véritable catharsis. Juste une sensation d’avoir attendu pour rien. Kindred illustre parfaitement ce qui arrive quand un film se veut ambitieux sans avoir une structure solide. Le suspense ne fonctionne pas, les enjeux restent flous, les personnages prennent des décisions invraisemblables, et la mise en scène ne parvient jamais à rattraper l’ensemble.
Le film ne choque pas, ne surprend pas, ne dérange pas. Il laisse simplement indifférent. Le plus ironique, c’est que quelques scènes laissent deviner ce que le film aurait pu devenir avec une écriture plus rigoureuse. Il y avait une base. Il y avait un point de départ intéressant. Mais à force d’hésiter sur la direction à prendre, Kindred finit par se noyer dans sa propre confusion. Difficile de recommander ce thriller à ceux qui cherchent une vraie montée d’adrénaline ou un mystère bien construit. L’expérience laisse surtout un sentiment de gâchis. Au lieu d’un film tendu et troublant, Kindred offre un spectacle brouillon, sans cohérence ni impact durable. Un thriller qui voulait intriguer, mais qui finit par lasser.
Note : 1/10. En bref, un thriller qui réussit l’exploit d’être tendu comme un spaghetti trop cuit.
Prochainement en France en SVOD
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog