8 Février 2026
L’épisode 6 de la saison 1 de Gomorra : Le Origini ne se contente pas de clore une intrigue. Il marque une transformation nette, presque brutale, dans le parcours de Pietro Savastano. Ce dernier chapitre agit comme une frontière invisible : après cet épisode, il n’est plus possible de parler d’apprentissage ou d’erreur de jeunesse. Les choix deviennent définitifs, et leurs conséquences s’imposent sans détour. Dès les premières scènes, l’atmosphère se fait plus lourde. La mise en scène insiste sur une tension diffuse, moins spectaculaire que dans d’autres récits criminels, mais plus pesante.
Chaque échange semble chargé d’arrière-pensées, chaque silence annonce une rupture. Le récit avance sans précipitation, laissant le temps aux personnages de comprendre — ou de refuser de comprendre — ce qui est en train de se jouer. Pietro apparaît désormais pris dans un étau. D’un côté, le désir d’un avenir possible avec Imma, encore teinté d’une illusion de normalité. De l’autre, une spirale de violence et de loyautés imposées qui ne laisse plus d’espace à l’hésitation. L’épisode met en évidence cette contradiction sans jamais la souligner artificiellement. Le personnage avance, non par ambition pure, mais parce qu’il n’existe plus vraiment d’alternative crédible.
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Imma occupe une place discrète mais essentielle dans ce final. Elle n’est plus seulement une figure amoureuse ou un refuge émotionnel. Elle devient un miroir silencieux des décisions de Pietro. La relation entre les deux jeunes personnages n’est pas idéalisée. Elle est montrée comme un lien fragile, construit sur des secrets et des compromis lourds à porter. L’idée d’un futur commun persiste, mais elle semble déjà déformée par le contexte dans lequel elle tente d’exister. Angelo, quant à lui, traverse l’épisode comme un homme en perte de contrôle. L’attaque qu’il subit agit comme un révélateur. La colère prend le dessus, et avec elle une forme d’aveuglement.
La recherche d’un allié inattendu souligne l’instabilité des équilibres criminels. Dans Gomorra : Le Origini, la loyauté n’est jamais gratuite. Elle se négocie, se teste, et se paie souvent à un prix que personne n’avait vraiment anticipé. Ce final de saison montre avec clarté que le pouvoir n’est pas seulement une question de territoire ou d’argent. Il s’agit avant tout d’une capacité à accepter la perte. Perte de repères, perte d’innocence, perte de liens anciens. Pietro est confronté à une décision qui dépasse largement sa personne. En choisissant de sauver Angelo, il accepte implicitement de sacrifier une part de ce qu’il aurait pu devenir autrement. En arrière-plan, la figure de ’O Paisano poursuit son chemin, presque en silence.
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Son projet, amorcé depuis plusieurs épisodes, trouve ici une forme d’aboutissement. Loin des démonstrations de force classiques, son influence s’installe par la parole, par l’idée d’un ordre nouveau qui séduit autant qu’il inquiète. Cette vision, présentée comme une alternative, n’en reste pas moins profondément enracinée dans une logique de domination. L’épisode 6 laisse entendre que cette idéologie aura des répercussions durables sur l’équilibre de Naples. La ville elle-même joue un rôle central dans ce final. La Naples de Gomorra : Le Origini n’est pas un simple décor. Elle est montrée comme un organisme en mutation, traversé par des changements économiques et sociaux profonds.
La contre-bande, la pauvreté persistante, l’arrivée de nouvelles drogues composent un paysage où la violence devient un langage presque ordinaire. Dans ce contexte, les trajectoires individuelles semblent condamnées à se plier à des forces qui les dépassent. La réalisation de cet épisode adopte une approche sobre. Peu d’effets, peu de démonstrations. La tension naît de la mise en situation plutôt que de l’action brute. Ce choix renforce l’impact des décisions finales. Rien n’est présenté comme héroïque ou spectaculaire. Chaque victoire paraît temporaire, chaque alliance instable. À la fin de l’épisode 6, Pietro Savastano n’est pas encore le boss que l’histoire de Gomorra a rendu célèbre.
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Mais l’adolescent a disparu. Ce qui reste, c’est un jeune homme conscient de ce qu’il fait, prêt à en assumer le poids. Ce passage à l’âge adulte ne s’accompagne ni de triomphe ni de fierté. Il se fait dans une forme de solitude silencieuse, au cœur d’un monde où la loyauté se confond avec la violence. Ce final de saison referme un premier chapitre cohérent, sans chercher à rassurer. Gomorra : Le Origini choisit de montrer que la naissance d’un pouvoir criminel ne repose pas sur un moment unique, mais sur une succession de choix difficiles, parfois faits pour de mauvaises raisons, souvent sans retour possible. Une conclusion qui laisse une impression durable, précisément parce qu’elle refuse toute forme de facilité narrative.
Note : 8/10. En bref, ce final de saison referme un premier chapitre cohérent, sans chercher à rassurer. Gomorra : Le Origini choisit de montrer que la naissance d’un pouvoir criminel ne repose pas sur un moment unique, mais sur une succession de choix difficiles, parfois faits pour de mauvaises raisons, souvent sans retour possible.
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