Critique Ciné : Cold Storage (2026)

Critique Ciné : Cold Storage (2026)

Cold Storage // De Jonny Campbell. Avec Joe Keery, Georgina Campbell et Liam Neeson.

 

Avec Cold Storage, le réalisateur Jonny Campbell propose une comédie horrifique qui mélange science-fiction, monstres et humour un peu décalé. Adapté du roman du même nom écrit par David Koepp – qui signe aussi le scénario – le film raconte l’histoire d’un champignon extraterrestre oublié pendant des années dans une base secrète et qui menace soudainement de s’échapper. Le résultat ressemble clairement à une série B assumée. Rien de révolutionnaire, mais un divertissement plutôt sympathique qui mélange plusieurs influences connues du genre.

 

Lorsqu'un microorganisme mutant et hautement contagieux s'échappe d'un confinement en chambre froide en ravageant tout sur son passage, deux jeunes employés - épaulés par un ex-agent de l'anti-bioterrorisme - se retrouvent à lutter pour leur propre survie (et accessoirement celle de l'humanité) au cours d'un service de nuit aussi délirant qu'explosif...

 

L’histoire démarre avec un prologue assez efficace. Dans les années 80, un champignon d’origine extraterrestre est découvert après la chute d’une station spatiale sur Terre. L’organisme est rapidement jugé dangereux, capable de se propager et de transformer ce qu’il touche. Pour éviter une catastrophe, le gouvernement décide de l’enfermer dans une installation secrète située sous une base militaire dans le désert du Kansas. La solution paraît simple : garder la créature au froid pour empêcher toute propagation. Évidemment, le problème est qu’avec le temps, tout le monde finit par oublier l’existence de cette installation.

 

Des années plus tard, l’histoire reprend lorsque deux employés d’une société de stockage découvrent par hasard l’abri caché sous leur lieu de travail. Travis et Naomi, interprétés par Joe Keery et Georgina Campbell, déclenchent malgré eux une réaction en chaîne qui pourrait menacer toute la planète. Dès les premières minutes, Cold Storage montre clairement son intention : divertir sans chercher à être trop sérieux. Le film mélange plusieurs références assez évidentes. L’idée d’un organisme extraterrestre qui se propage rappelle certains films de science-fiction des années 90, tandis que les scènes d’invasion évoquent parfois des récits de zombies ou de parasites.

 

On pense facilement à des films comme Evolution d’Ivan Reitman ou à certains aspects de The Last of Us avec son infection fongique. L’ensemble ajoute aussi une petite touche de paranoïa à la manière de Invasion of the Body Snatchers. Le mélange est parfois improbable, mais il fonctionne assez bien quand le film accepte totalement son côté série B. L’une des curiosités de Cold Storage reste son casting assez éclectique. Joe Keery, connu pour son rôle dans Stranger Things, incarne un employé un peu dépassé par les événements. Son personnage se retrouve plongé dans une situation absurde sans vraiment comprendre ce qui se passe. À ses côtés, Georgina Campbell apporte un peu plus de pragmatisme. 

 

Leur duo fonctionne plutôt bien, notamment dans les scènes où ils tentent de comprendre la nature de la menace. Mais la présence la plus surprenante reste celle de Liam Neeson. L’acteur incarne ici un agent du gouvernement vieillissant qui connaît déjà l’existence du champignon. Le film joue d’ailleurs avec l’image de l’acteur : son personnage passe une bonne partie du temps à se plaindre de douleurs au dos, ce qui donne lieu à quelques situations assez amusantes. Le casting se complète avec la présence de la légendaire Vanessa Redgrave et de Lesley Manville dans des rôles secondaires. La première demi-heure de Cold Storage fonctionne plutôt bien. 

 

Le film pose tranquillement ses bases : la découverte du bunker, les premières réactions face au champignon et les tentatives pour comprendre la menace. Le décor du garde-meubles souterrain est aussi une bonne idée. Cet environnement rempli de pièces de stockage, de couloirs étroits et d’objets abandonnés crée un terrain de jeu intéressant pour un film d’horreur. Malheureusement, une fois l’intrigue lancée, le scénario part dans une direction beaucoup plus chaotique. À partir d’un certain moment, Cold Storage abandonne presque toute tentative de suspense pour enchaîner les scènes d’action et les situations absurdes.

 

Le film multiplie les explosions, les créatures étranges et les moments volontairement grotesques. Certains passages fonctionnent plutôt bien, notamment quand le film assume pleinement son côté délirant. Mais l’histoire reste très prévisible. Les rebondissements arrivent souvent exactement là où on les attend, et le scénario donne parfois l’impression de tourner en boucle. Le problème n’est pas tant l’absurdité du concept – après tout, un film sur un champignon extraterrestre n’a pas forcément besoin d’être réaliste – mais plutôt le manque de surprises. Cold Storage se présente comme une comédie horrifique, mais l’humour reste assez modéré. Le film est amusant, parfois légèrement ironique, mais il ne provoque pas souvent de véritables éclats de rire. 

 

Le ton reste surtout ludique et léger plutôt que franchement comique. Certaines situations fonctionnent bien, notamment les rencontres improbables avec des animaux ou les interventions maladroites de personnages secondaires. Mais l’ensemble reste assez sage. Les effets spéciaux sont corrects et le rythme reste assez rapide. La durée d’un peu plus d’une heure et demie passe sans trop de longueurs, même si la mise en place prend un peu de temps. La réalisation de Jonny Campbell reste toutefois assez classique. Quelques idées visuelles fonctionnent bien, mais l’ensemble manque parfois d’un peu d’audace. Cold Storage n’a clairement pas l’ambition de marquer l’histoire du cinéma de science-fiction. 

 

Le film ressemble plutôt à une série B moderne qui mélange humour, monstres et effets spéciaux sans trop réfléchir. Tout ne fonctionne pas : l’humour reste discret, le scénario manque parfois d’idées et certains personnages secondaires auraient mérité plus de place. Mais le film possède aussi quelques qualités. Le casting est solide, l’énergie est là et certaines séquences franchement absurdes donnent un certain charme à l’ensemble.

 

Note : 6/10. En bref, Cold Storage ressemble à ces films qu’on regarde surtout pour passer un moment léger. Rien d’inoubliable, mais un divertissement correct qui assume son côté décalé et qui se laisse regarder sans trop se poser de questions.

Sorti le 18 février 2026 au cinéma

 

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