Critique Ciné : Made in Korea (2026, Netflix)

Critique Ciné : Made in Korea (2026, Netflix)

Made in Korea // De Ra Karthik. Avec Priyanka Arulmohan, Hye-jin Park et Jae-yun Jung.

 

Avec Made in Korea, le cinéma tamoul tente un mélange intéressant entre drame personnel et récit de voyage. Le film raconte l’histoire de Shenba, une jeune femme originaire d’une petite ville indienne qui rêve depuis l’enfance de découvrir la Corée du Sud. Ce désir, nourri par la culture populaire et les dramas coréens, devient peu à peu une obsession. Pourtant, lorsqu’elle finit par poser le pied à Séoul, le rêve prend rapidement une tournure plus compliquée. Le point de départ du film repose sur une idée simple : suivre une jeune femme qui quitte tout pour poursuivre un rêve dans un pays étranger. 

 

Originaire d'une petite ville du Tamil Nadu, une femme déménage en Corée du Sud, un pays dont elle a toujours rêvé, mais où elle a bien du mal à trouver ses marques.

 

Le scénario insiste sur la fascination de Shenba pour la culture coréenne. Enfant, elle découvre la musique, les séries télévisées et même la langue coréenne. Elle tente d’imiter certaines habitudes, apprend à utiliser des baguettes et s’imagine déjà vivre à Séoul. Cette passion constitue la base émotionnelle du film. Mais l’arrivée en Corée du Sud ne correspond pas vraiment à l’image qu’elle avait en tête. Shenba débarque seule dans un pays dont elle ne maîtrise pas la langue et où elle ne connaît presque personne. Cette situation crée logiquement un choc culturel. La jeune femme doit apprendre à se débrouiller, trouver du travail et comprendre les codes d’un environnement totalement nouveau.

 

Le film présente ce parcours comme un mélange de désillusion et de découverte personnelle. Shenba traverse plusieurs moments difficiles, notamment après une trahison qui l’a poussée à quitter son pays. Pourtant, malgré ces obstacles, l’histoire reste relativement douce. Les problèmes apparaissent souvent pour être rapidement résolus, ce qui enlève un peu de tension au récit. L’un des points les plus intéressants de Made in Korea reste son décor. Séoul est filmée avec beaucoup de soin. Les rues animées, les petits restaurants et les quartiers populaires apparaissent comme des cartes postales vivantes. À plusieurs moments, le film ressemble presque à un carnet de voyage. 

 

Cette dimension visuelle apporte un certain charme à l’ensemble. La photographie met bien en valeur la ville et l’énergie de la culture coréenne. Les scènes où Shenba découvre la nourriture, les habitudes locales ou les marchés donnent envie de voyager. Sur ce point, le film réussit à créer une ambiance agréable. Malheureusement, cette beauté visuelle ne suffit pas toujours à compenser les faiblesses du scénario. Le film semble parfois avancer sans direction claire. L’intrigue enchaîne plusieurs petites situations sans véritable enjeu central. Le deuxième acte donne même l’impression de tourner un peu en rond. L’histoire reprend aussi des éléments déjà vus dans de nombreux films sur la quête de soi. 

 

Le personnage qui part à l’étranger après une déception amoureuse, les rencontres inattendues avec des inconnus bienveillants, ou encore la découverte d’une nouvelle famille loin de chez soi : ces thèmes sont familiers. Certaines influences des dramas coréens apparaissent aussi clairement. L’idée du petit restaurant où l’on reconstruit sa vie, les amitiés intergénérationnelles ou encore les moments de guérison émotionnelle font partie de ces codes. Le problème n’est pas leur présence, mais plutôt leur manque de nouveauté. Le personnage principal reste pourtant attachant grâce à l’interprétation de Priyanka Arul Mohan. L’actrice porte presque tout le film sur ses épaules. 

 

Elle incarne Shenba avec une sincérité qui rend le personnage crédible, même lorsque le scénario devient un peu trop simple. Sa performance fonctionne particulièrement bien dans les scènes où Shenba se retrouve perdue dans un pays qu’elle ne comprend pas. Les premières interactions avec les habitants, les incompréhensions liées à la langue ou les petits moments de solitude donnent un peu de relief au film. La question de la langue est d’ailleurs l’un des aspects les plus réalistes du récit. Les dialogues alternent entre tamoul, anglais et coréen. Cette transition peut parfois désorienter le spectateur, mais elle reflète assez bien la situation du personnage principal.

 

Malgré ces éléments intéressants, Made in Korea reste un film assez prévisible. Il est facile d’anticiper les grandes étapes du parcours de Shenba. Les conflits apparaissent rarement très graves et trouvent presque toujours une solution rapide. Cette facilité donne parfois l’impression que tout finit par s’arranger trop facilement pour l’héroïne. Les obstacles semblent moins difficiles qu’ils ne devraient l’être pour une personne qui arrive seule dans un pays étranger. Le film tente aussi de créer des moments d’émotion, mais ceux-ci paraissent parfois forcés. Certaines scènes dramatiques manquent d’intensité, comme si le scénario hésitait entre comédie légère et véritable drame personnel.

 

Au final, Made in Korea ressemble à un film agréable mais inégal. Le voyage de Shenba possède quelques moments touchants et la découverte de Séoul apporte un vrai plaisir visuel. Pourtant, l’histoire manque de profondeur pour marquer durablement. Le film reste donc une expérience correcte pour ceux qui aiment les récits de voyage et les histoires de reconstruction personnelle. Mais ceux qui espéraient un récit plus fort ou plus original risquent de rester un peu sur leur faim.

 

Note : 4.5/10. En bref, Made in Korea donne finalement l’impression d’un rêve filmé avec douceur, mais raconté avec trop de prudence. Une promenade sympathique dans les rues de Séoul, qui laisse un sourire léger, sans forcément laisser une trace durable.

Sorti le 12 mars 2026 directement sur Netflix

 

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J
J'ai adoré ce film ! je suis un peu déçu j'aurais aimé une romance entre shemba et le garçon vu comment il la regarde.
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N
J'ai surkiffe
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