Critique Ciné : Noseeums (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Noseeums (2026, direct to SVOD)

Noseeums // De Raven Carter. Avec Aleigha Burt, Jasmine Gia Nguyen et Tabby Getsy.

 

Noseeums marque les débuts au long métrage de la réalisatrice américaine Raven Carter. Elle propose ici un film d’horreur qui tente de mêler récit surnaturel et commentaire social. Sur le papier, l’idée intrigue. Dans les faits, le résultat laisse un sentiment assez mitigé. L’histoire suit Ember, une étudiante incarnée par Aleigha Burt. Invitée à passer un week-end dans une maison au bord d’un lac en Floride avec des amies de l’université, elle retrouve une région qu’elle avait quittée enfant. La demeure appartient à la famille d’Abigail, jouée par Tabby Getsy, une étudiante populaire entourée d’un petit groupe d’amies assez sûres d’elles. Dès leur arrivée, quelque chose cloche. 

 

Ember, une étudiante noire est invitée dans un domaine pour le week-end par ses camarades blancs. Sur place, elle est confrontée à une vengeance spectrale liée à la perte historique de terres appartenant à des Afro-Américains dans le Sud des États-Unis.

 

Ember ressent une étrange impression de déjà-vu. Dans les bois derrière la maison, une vieille tombe abandonnée attire son attention. À partir de ce moment, les choses deviennent de plus en plus étranges. Des insectes presque invisibles, connus dans le sud des États-Unis sous le nom de “noseeums”, semblent apparaître partout. Ces petites bêtes, réputées pour leurs piqûres irritantes, deviennent ici le signe d’une présence plus inquiétante. Les nuits d’Ember se transforment peu à peu en cauchemars. Elle se met à faire des rêves troublants, mélange de visions sanglantes et de souvenirs qu’elle ne comprend pas. 

 

Les flashbacks s’accumulent et la jeune femme commence à croire que la terre sur laquelle la maison est construite cache une histoire plus sombre. Le film introduit alors son thème principal : le passé de ces terres du sud des États-Unis. On apprend progressivement que le domaine appartenait autrefois à des propriétaires noirs après la guerre de Sécession, avant d’être confisqué. Les événements violents liés à cette histoire semblent avoir laissé des traces, et certaines âmes n’auraient jamais trouvé le repos. Cette idée de vengeance venue du passé constitue le cœur du récit. Noseeums essaie clairement de s’inscrire dans la lignée de films d’horreur qui utilisent le genre pour parler de questions sociales et historiques. 

 

Plusieurs critiques ont d’ailleurs évoqué une tentative de mélange entre Get Out et Candyman. La comparaison semble pourtant un peu exagérée. Là où ces films parvenaient à mêler tension et réflexion avec précision, Noseeums paraît plus hésitant. Le film insiste beaucoup sur le thème du racisme et des injustices historiques, mais cette dimension prend souvent le dessus sur le côté horrifique. Certaines scènes montrent clairement l’hostilité d’une partie des personnages envers Ember, qu’il s’agisse de remarques déplacées ou de situations humiliantes. Ce contraste est visible dès le début du séjour. Tandis que certaines amies se montrent bienveillantes, d’autres traitent Ember comme une invitée de seconde zone. 

 

On la voit par exemple reléguée dans une petite chambre encombrée pendant que les autres occupent les meilleures pièces de la maison. Dans une autre scène, un commerçant refuse de lui laisser utiliser les toilettes à cause de sa couleur de peau. Ces moments soulignent le message du film mais donnent parfois l’impression que l’horreur passe au second plan. Du côté du suspense, le film peine aussi à convaincre. Les apparitions surnaturelles arrivent de manière assez prévisible et la tension monte rarement très haut. Les insectes qui donnent leur titre au film restent difficiles à identifier à l’écran. Selon les plans, ils ressemblent tour à tour à des papillons, des mites ou même à de simples effets de poussière numérique. 

 

Cette confusion visuelle réduit l’impact des scènes censées être inquiétantes. Les dialogues n’aident pas beaucoup non plus. Les échanges entre les personnages paraissent souvent artificiels, comme s’ils servaient surtout à expliquer le thème du film plutôt qu’à faire avancer l’histoire. Certaines performances manquent également de naturel, même si quelques acteurs tirent leur épingle du jeu. Parmi eux, Aleigha Burt reste convaincante dans le rôle principal. Elle donne à Ember une présence solide et parvient à porter le film même lorsque le scénario s’égare. Le personnage de Jasmine, interprété par Chase Johnson, apporte aussi un peu d’énergie. 

 

Leur relation d’amitié fonctionne mieux que beaucoup d’autres interactions dans le film. Sur le plan visuel, Noseeums n’est pas complètement dénué d’intérêt. La photographie de Christopher Lee Fatt met en valeur les paysages marécageux et la nature dense de la Floride. Certaines images donnent presque l’impression de sentir l’humidité et les odeurs de la végétation. Ce décor aurait pu renforcer l’atmosphère inquiétante du film, mais la mise en scène reste souvent trop sage pour exploiter pleinement ce potentiel. Avec une durée d’environ 79 minutes, le film ne s’éternise pas. Pourtant, il donne parfois l’impression de tourner en rond. Plusieurs scènes semblent s’interrompre juste au moment où quelque chose d’intéressant pourrait arriver. 

 

Le récit avance par petites touches sans jamais vraiment atteindre un moment de véritable tension. Au final, Noseeums ressemble à un film partagé entre deux intentions. D’un côté, un récit d’horreur avec des esprits vengeurs et une maison hantée par le passé. De l’autre, une volonté de parler d’histoire et d’injustice sociale dans le sud des États-Unis. L’idée aurait pu fonctionner, mais l’équilibre reste fragile. Le résultat est un film qui se regarde sans trop de difficulté mais qui peine à marquer les esprits. Les thèmes abordés sont importants, mais le film ne trouve pas toujours la bonne manière de les intégrer à son récit fantastique. Pour un film présenté comme une œuvre d’horreur, le manque de tension reste sans doute son principal problème.

 

Note : 3/10. En bref, Noseeums est donc une curiosité pour les amateurs de films indépendants ou de premiers longs métrages. Mais pour ceux qui cherchent un vrai film d’horreur capable de faire monter la peur, l’expérience risque de paraître un peu trop calme.

Prochainement en France en SVOD

 

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