18 Mars 2026
The Bride! // De Maggie Gyllenhaal. Avec Jessie Buckley, Christian Bale et Jake Gyllenhaal.
Il y avait de quoi être curieux avec The Bride!. Une relecture du mythe de la fiancée de Frankenstein, portée par Maggie Gyllenhaal, avec un casting solide et une ambition affichée : revisiter une figure féminine souvent reléguée au second plan. Sur le papier, l’idée attire. À l’écran, c’est une autre histoire. Dès les premières minutes, le film donne le ton. Une entrée en matière un peu étrange, presque agressive, comme si le film voulait absolument imposer son style avant même de raconter quoi que ce soit. Puis l’intrigue se met en place : une créature solitaire cherche une compagne, une scientifique accepte de relever le défi, et une femme morte est ramenée à la vie.
Rongé par la solitude, « Frank » se rend à Chicago dans les années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui créer une compagne. Ensemble, ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée prend vie ! Mais la suite des événements dépasse tout ce que qu’ils auraient pu imaginer : meurtres, possessions, et un couple hors-la-loi qui se retrouve au centre d’un mouvement social radical et débridé, et d’une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse !
Jusque-là, rien de très surprenant. Là où ça se complique, c’est quand le film décide d’empiler les idées sans jamais vraiment les faire tenir ensemble. La fameuse “Bride”, incarnée par Jessie Buckley, n’est pas une simple créature docile. Elle crie, elle s’agite, elle refuse son rôle. L’intention est claire : proposer une figure féminine libre, en rupture avec le modèle classique. Sur le principe, pourquoi pas. Mais à force de vouloir en faire un symbole à tout prix, le personnage devient difficile à suivre. Entre moments de rébellion, accès de folie et changements de ton permanents, il devient compliqué de s’attacher à elle. Face à elle, Christian Bale tente d’apporter un peu de nuance avec une créature plus mélancolique.
Le contraste entre les deux aurait pu fonctionner. Par moments, il fonctionne même. Mais le scénario ne leur laisse pas vraiment le temps de construire quelque chose. Leur relation évolue de façon assez chaotique, sans vraie progression. Le film se transforme rapidement en une sorte de cavale à travers une Amérique des années 30 stylisée. Une idée intéressante, surtout avec ce mélange de film de gangsters, de romance et de fantastique. Sauf que cette course-poursuite manque clairement d’intensité. Elle avance sans réel enjeu, comme si elle était là pour remplir le temps plutôt que pour faire avancer l’histoire. Le plus frappant, c’est ce côté fourre-tout.
The Bride! enchaîne les influences : un peu de film noir, un peu de comédie musicale, une touche de satire sociale, le tout saupoudré d’un discours féministe très appuyé. Le problème, ce n’est pas l’ambition. C’est l’absence de direction. Le film donne l’impression de vouloir tout dire, tout montrer, tout tenter… et finit par ne plus rien raconter de clair. Le discours féministe, justement, est au cœur du projet. Une femme créée pour satisfaire un homme qui décide de s’émanciper, c’est une base forte. Mais ici, le message manque de subtilité. Tout est appuyé, répété, parfois même expliqué de manière un peu lourde. Au lieu de laisser les situations parler d’elles-mêmes, le film insiste, surligne, en rajoute. Résultat : l’intention devient visible, presque trop.
Visuellement, pourtant, il y a des choses à sauver. L’univers gothique mélangé à l’esthétique des années 30 a du potentiel. Certains décors, costumes et choix de mise en scène montrent une vraie envie de cinéma. On sent que Maggie Gyllenhaal veut proposer quelque chose de différent. Mais là encore, l’ensemble reste inégal. Certaines séquences sont soignées, d’autres paraissent plus brouillonnes, comme si elles n’avaient pas été complètement abouties. Ce sentiment de déséquilibre se retrouve aussi dans le rythme. Le film alterne entre moments très agités et passages beaucoup plus longs, presque vides. Au bout d’un moment, l’attention décroche.
Pas forcément parce que tout est mauvais, mais parce que rien ne s’impose vraiment. L’histoire avance, mais sans véritable accroche. Il y a aussi cette impression persistante que le film a été bricolé en cours de route. Les différentes intrigues — la police, la mafia, la quête identitaire — semblent coexister sans jamais vraiment se rejoindre. Certaines pistes sont lancées puis abandonnées, d’autres sont survolées. À la fin, il reste surtout une sensation de confusion. Côté casting, difficile de reprocher un manque d’implication. Jessie Buckley se donne à fond, parfois même un peu trop. Son jeu très physique finit par devenir fatigant sur la durée. Christian Bale, plus en retenue, apporte un peu d’équilibre.
Les seconds rôles, eux, oscillent entre présence correcte et cabotinage plus marqué. Ce qui frustre le plus, c’est que The Bride! n’est pas totalement vide. Il y a des idées, des envies, quelques moments qui fonctionnent. Mais tout est noyé dans un ensemble trop chargé, trop bruyant, trop dispersé. Le film ressemble finalement à sa propre créature : assemblé à partir de morceaux intéressants, mais incapable de trouver une vraie cohérence.
Note : 3/10. En bref, difficile de vraiment s’impliquer. L’émotion peine à émerger, l’histoire ne marque pas, et malgré ses ambitions, le film laisse une impression assez creuse. Il reste quelques images, quelques intentions, mais pas grand-chose qui tienne sur la durée. The Bride! avait de quoi intriguer. Il finit surtout par épuiser.
Sorti le 4 mars 2026 au cinéma
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog