Critique Ciné : The Old Woman With the Knife (2026, Canal+)

Critique Ciné : The Old Woman With the Knife (2026, Canal+)

The Old Woman With the Knife // De Kyu-dong Min. Avec Hye-yeong Lee, Sung-cheol Kim et Mu-Yeol Kim.

 

Avec The Old Woman With the Knife, le réalisateur Min Kyu-dong s’attaque à un terrain déjà bien balisé : celui du film d’assassin vieillissant confronté à son passé. Une tueuse de plus de 60 ans, une organisation secrète, un jeune rival imprévisible, et une réflexion sur la morale… tout est là pour tenir un thriller solide. Pourtant, malgré quelques bonnes idées et une actrice principale marquante, le film peine à vraiment convaincre sur la durée. Difficile de ne pas reconnaître les bases d’une histoire familière. Une tueuse légendaire en fin de parcours, un jeune élément qui vient perturber l’équilibre, des règlements de comptes et des secrets du passé : The Old Woman With the Knife reprend une structure classique du genre. 

 

Une tueuse vieillissante rencontre un jeune protégé désireux d'apprendre le métier.

 

Le film joue même avec cette impression de déjà-vu, tout en essayant d’apporter une touche différente, notamment à travers son regard coréen et son personnage principal atypique. Hornclaw, incarnée par Lee Hye-young, est une figure respectée dans une agence d’assassins qui se présente comme une entreprise de “nettoyage”. Leur mission ? Éliminer ceux considérés comme nuisibles. Une idée morale intéressante, qui aurait pu être davantage creusée. Le vrai point fort du film repose clairement sur son actrice principale. Lee Hye-young apporte une présence solide à l’écran. Son personnage est fatigué, marqué par le temps, mais toujours déterminé. 

 

Le film insiste d’ailleurs sur cette dimension : Hornclaw n’est plus au sommet de sa forme. Son corps suit moins, sa santé décline, et ses certitudes commencent à vaciller. C’est là que le film trouve ses moments les plus intéressants. Lorsqu’il se concentre sur cette tueuse vieillissante qui doute, qui hésite, et qui tente de rester fidèle à ses principes, il touche quelque chose de plus humain. La relation qu’elle développe avec un vétérinaire et sa fille apporte aussi une touche plus douce, presque inattendue dans ce type de récit. Face à elle, Kim Sung-cheol joue Bullfight, un jeune assassin impulsif. Leur dynamique mentor-élève qui glisse progressivement vers une opposition fonctionne plutôt bien, même si le personnage manque parfois de profondeur. 

 

Ses motivations restent assez classiques et prévisibles. Là où le film commence à perdre en efficacité, c’est dans sa construction. L’histoire multiplie les flashbacks pour raconter le passé de Hornclaw, notamment ses débuts dans les années 70. Certaines de ces séquences sont utiles pour comprendre son parcours, mais leur accumulation finit par casser le rythme. Le montage alterne constamment entre passé et présent, parfois sans vraie nécessité. Résultat : le film donne l’impression de tourner en rond. L’intrigue principale avance lentement, et certaines relations ou enjeux auraient mérité d’être mieux développés plutôt que dilués dans des retours en arrière répétitifs.

 

Pour un film d’assassin, l’action est forcément attendue. Ici, elle reste relativement limitée, mais certaines scènes fonctionnent. Les affrontements au couteau sont bien chorégraphiés, avec une approche assez directe et brutale. Cela dit, un problème revient souvent : la cohérence du personnage. Le film insiste au début sur la vulnérabilité physique de Hornclaw, avant de la transformer, dans certaines scènes, en machine à tuer presque invincible. Ce décalage casse un peu la crédibilité de l’ensemble. Le final, notamment, pousse cette logique assez loin. La séquence est spectaculaire, mais elle tranche avec l’approche plus réaliste esquissée au départ. 

 

L’émotion recherchée est là, mais elle se dilue dans une mise en scène qui en fait parfois trop. The Old Woman With the Knife tente aussi d’aborder des thèmes plus larges : la vieillesse, la culpabilité, la violence, ou encore la notion de justice. L’idée que ces assassins éliminent des “nuisibles” pose une vraie question morale. Qui décide de ce qui est juste ? Peut-on vraiment justifier la violence ? Le film aborde ces pistes, mais sans aller jusqu’au bout. Dès qu’il commence à creuser, il revient rapidement à une intrigue plus classique de vengeance et de survie. C’est frustrant, car le potentiel était là pour proposer quelque chose de plus marquant.

 

Au final, The Old Woman With the Knife reste un thriller regardable, porté par une actrice principale solide et quelques bonnes idées. L’ambiance, parfois froide et mélancolique, fonctionne bien, et certaines scènes arrivent à capter l’attention. Mais l’ensemble manque d’équilibre. Entre une narration trop chargée, des personnages secondaires peu développés et une action inégale, le film ne décolle jamais vraiment. Il donne souvent l’impression de pouvoir aller plus loin, sans jamais franchir le cap.

 

Note : 5.5/10. En bref, c’est surtout le portrait d’une femme en fin de parcours, coincée entre son passé et une forme de rédemption. Une idée intéressante, mais qui aurait gagné à être traitée avec plus de simplicité et de cohérence.

Sorti le 26 mars 2026 directement sur Canal+ Cinéma(s)

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article