30 Mars 2026
This Is Not a Test // De Adam MacDonald. Avec Olivia Holt, Luke MacFarlane et Chloe Avakian.
This Is Not a Test avait pourtant de quoi accrocher. Un groupe de lycéens coincés dans un établissement scolaire pendant une invasion de zombies, un cadre fermé propice à la tension, et un mélange annoncé entre survival et drame adolescent. Mais très vite, le film donne l’impression de ne jamais savoir ce qu’il veut vraiment raconter. L’histoire suit Sloane, une adolescente marquée par un contexte familial difficile, qui se retrouve enfermée dans son lycée avec quelques camarades au moment où le monde bascule. À l’extérieur, les morts reviennent à la vie. À l’intérieur, les survivants tentent de s’organiser… ou du moins, c’est ce que le film laisse espérer.
Sloane et quatre autres étudiants se réfugient à Cortege High pour échapper à un monde ravagé par des personnes infectés...
Parce que dans les faits, cette menace reste souvent en arrière-plan. Le premier problème vient clairement de l’écriture. Le scénario enchaîne les situations déjà vues sans jamais leur donner une vraie intensité. Les personnages prennent des décisions difficiles à comprendre, même dans un contexte de panique. Certains restent immobiles face au danger, d’autres s’approchent sans méfiance de personnes visiblement infectées. Il devient compliqué de croire à ce qui se passe à l’écran, non pas à cause des zombies, mais à cause du comportement des survivants. Ce manque de logique casse rapidement toute tension. Dans un bon film de zombies, le danger vient autant des créatures que des choix humains.
Ici, les deux ne fonctionnent pas ensemble. Les attaques arrivent sans montée dramatique, et les moments censés être stressants tombent à plat. L’impression générale est celle d’un enchaînement de scènes qui cochent des cases du genre sans vraiment les habiter. Le rythme n’aide pas non plus. This Is Not a Test prend son temps, parfois trop. Une grande partie du film repose sur des dialogues entre adolescents, souvent posés, parfois trop calmes compte tenu de la situation. L’idée de montrer des jeunes confrontés à leurs émotions dans un contexte apocalyptique n’est pas mauvaise en soi. Mais ici, ces échanges manquent de relief. Les conversations tournent en rond et peinent à justifier leur longueur.
Il y a bien une scène de jeu entre les personnages, censée créer du lien et révéler leurs failles. Sur le principe, c’est une bonne idée. Mais le moment manque de naturel et ne décolle jamais vraiment. Au lieu d’approfondir les relations, il souligne surtout le manque d’écriture des personnages, qui restent assez superficiels du début à la fin. Côté interprétation, les acteurs font ce qu’ils peuvent avec le matériau proposé. Certains tentent d’apporter de l’émotion, notamment autour du personnage de Sloane, mais le texte ne leur laisse pas beaucoup d’espace. Les dialogues sonnent souvent faux, ou du moins peu crédibles pour des adolescents censés vivre une situation extrême.
Résultat : difficile de s’attacher à eux ou de ressentir une vraie inquiétude pour leur sort. Le personnage masculin censé servir de point d’appui émotionnel manque lui aussi de consistance. Sa relation avec Sloane aurait pu apporter un peu de profondeur, mais elle reste esquissée. Le film semble vouloir explorer les traumatismes personnels de ses personnages, sans jamais aller au bout de cette idée. Visuellement, le film adopte un style assez brut. Certaines scènes sont filmées caméra à l’épaule, ce qui peut renforcer l’immersion, mais devient vite fatigant. Les séquences d’attaque, en particulier, manquent de lisibilité. L’image bouge beaucoup, parfois au point de perdre le spectateur.
Ce choix aurait pu fonctionner avec une mise en scène plus maîtrisée. Autre point surprenant : les zombies eux-mêmes sont presque secondaires. Ils apparaissent par moments, puis disparaissent pendant de longues séquences. Le film donne parfois l’impression d’être un drame adolescent classique, auquel on aurait ajouté une menace extérieure pour relancer l’attention. Le problème, c’est que cette menace n’est jamais vraiment exploitée. Le résultat est un film qui hésite constamment entre plusieurs directions : film d’horreur, chronique adolescente, drame psychologique.
Aucun de ces aspects n’est totalement assumé. L’ensemble reste assez plat, malgré quelques idées de départ intéressantes. Même la fin, censée apporter une conclusion forte, peine à convaincre. Elle arrive sans réel impact, comme si le récit s’arrêtait plus qu’il ne se terminait. Après tout ce qui précède, difficile d’y voir autre chose qu’une continuité logique d’un scénario qui n’a jamais vraiment trouvé sa voie. Ce qui rend This Is Not a Test frustrant, c’est qu’il n’est pas totalement raté sur tous les plans. Il y a des intentions, quelques pistes de réflexion sur la solitude, la peur ou les relations humaines. Mais rien n’est assez développé pour marquer durablement. Le film donne souvent l’impression de rester en surface.
Note : 3.5/10. En bref, This Is Not a Test s’inscrit dans une longue liste de films de zombies qui reprennent les codes du genre sans les renouveler. L’idée de centrer l’histoire sur des adolescents aurait pu apporter un regard différent, mais le traitement reste trop timide.
Prochainement en France en SVOD
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