Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 9.

Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 9.

NCIS: Sydney // Saison 3. Episode 9. South of Nowhere.

 

Après plusieurs semaines plus inégales, NCIS: Sydney revient avec l’épisode 9 de sa saison 3 et change radicalement de décor. Direction l’Antarctique pour une enquête qui flirte ouvertement avec les codes du huis clos et du thriller quasi horrifique. Sur le papier, c’est exactement le genre de prise de risque que j’attendais de la série : sortir de sa routine, exploiter un environnement extrême et jouer avec une ambiance différente. Et sur ce point précis, l’épisode fonctionne plutôt bien. Il faut reconnaître que la saison 3 s’amuse davantage avec les genres que les précédentes. 

 

Après des épisodes plus classiques, parfois trop proches de la mécanique de la série mère, ce chapitre polaire apporte une vraie rupture visuelle et atmosphérique. L’isolement, le froid, la menace d’un virus mystérieux et la perspective d’être bloqués pendant des mois donnent une tension naturelle à l’intrigue. On sent que les scénaristes ont voulu proposer autre chose qu’un simple dossier militaire bouclé en quarante minutes. L’introduction dans la base scientifique installe rapidement un malaise. Les scientifiques enfermés depuis trop longtemps, l’agressivité latente, puis la violence soudaine donnent à l’épisode un parfum inhabituel. 

On devine vite qu’un élément déclencheur a contaminé le groupe, mais la mise en scène prend le temps de jouer avec les codes du genre. Couloirs silencieux, corps figés par le froid, personnages qui avancent arme au poing… la série assume son clin d’œil aux films d’horreur sans tomber dans la caricature. Ce type d’ambiance convient assez bien à l’équipe. Evie et DeShawn, notamment, évoluent dans ces décors glacés avec une tension palpable. Leurs échanges restent fidèles à leur dynamique habituelle, mélange de compétition et de complicité, mais le contexte leur donne un peu plus d’épaisseur. On aurait pu espérer que l’épisode profite de ce huis clos pour aller plus loin dans leur développement personnel. 

 

Ce n’est pas vraiment le cas, mais au moins leurs scènes s’intègrent naturellement à l’intrigue. JD, de son côté, conserve ce mélange d’humour et de sérieux qui le caractérise depuis le début de la saison. Quelques moments plus légers viennent équilibrer la gravité de la situation, et contrairement à d’autres épisodes récents, cet humour ne semble pas déplacé. Il accompagne l’action sans la parasiter. C’est d’ailleurs un des points forts de cet épisode : il parvient à doser correctement tension et respiration. Mais la vraie mise en avant revient à Mackey. Dans cet environnement hostile, elle reprend une position centrale. Leader, déterminée, capable de garder la tête froide quand tout menace de s’effondrer, elle incarne ce que la série fait de mieux lorsqu’elle la place au cœur de l’action. 

Il y a quelque chose de cohérent dans cette version d’elle, à la fois solide et traversée par des doutes plus profonds que la saison distille depuis le premier épisode. Car au-delà du virus et du coupable de la semaine, l’épisode 9 ramène surtout sur le devant de la scène le fil rouge amorcé en début de saison : la menace qui pèse sur Mackey. La révélation finale, qui confirme que le danger ne vient pas d’un ennemi extérieur mais d’un cercle bien plus proche, rebat les cartes. Ce n’est pas totalement inattendu, mais l’impact est réel. Pour la première fois depuis plusieurs épisodes, la série semble prête à faire avancer ce mystère qui traînait en arrière-plan.

 

C’est là que l’épisode trouve son intérêt principal. Jusqu’ici, la saison 3 donnait parfois l’impression d’étirer ses intrigues. Entre la tension non résolue entre Mackey et JD, la stagnation autour d’Evie et DeShawn et les épisodes procéduraux assez classiques, le rythme global manquait d’élan. Ce chapitre polaire, sans révolutionner la série, a au moins le mérite de rappeler qu’un enjeu plus vaste existe. Reste une frustration : en dehors de cette dernière scène, l’épisode n’accélère pas réellement les dynamiques internes. Mackey continue de porter seule son secret. JD reste en périphérie de cette menace. L’équipe, pourtant présentée comme une famille depuis plusieurs épisodes, n’est pas encore confrontée à la vérité. 

On sent que l’explosion viendra, mais la série prend son temps. Peut-être trop. Cela dit, comparé à l’épisode précédent, ce neuvième chapitre donne l’impression d’un léger redressement. Il ne se contente pas de reproduire la formule habituelle. Il ose un cadre différent, installe une tension crédible et offre à Mackey une place forte. Ce n’est pas un tournant décisif, mais c’est un rappel que NCIS: Sydney peut sortir du cadre quand elle s’en donne les moyens.

 

Note : 5.5/10. En bref, la saison entre désormais dans sa seconde moitié avec une question simple : la série va-t-elle exploiter pleinement cette menace interne et forcer l’équipe à affronter ce qui les lie vraiment ? Si le danger autour de Mackey sert enfin de catalyseur aux relations du groupe, alors cet épisode 9 aura joué un rôle important. Sinon, il restera comme un détour glacé efficace, mais isolé dans une saison qui cherche encore son véritable cap.

Prochainement en France

 

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