14 Mai 2026
Avec les épisodes 19 et 20 de la saison 3, NCIS: Sydney vient de boucler une année assez particulière. Cette saison, plus longue que les précédentes, a parfois donné l'impression de traîner un peu en longueur avec pas mal d'enquêtes classiques, très procédurales. On a parfois eu le sentiment que le rythme s'essoufflait, mais ce final en deux parties vient nous rappeler pourquoi on s'est attaché à cette version australienne du NCIS : ce sont les personnages et leurs liens qui font tout le sel de l'histoire.
Les épisodes intitulés "Hunter" et "Killer" ferment enfin la boucle sur l'arc du Collective et de Lee Meyers, tout en jetant les bases de ce qui nous attend l'an prochain. Même si on reste avec quelques questions en suspens, cette conclusion apporte enfin de la profondeur à des pistes lancées au tout début de la saison. Michelle Mackey a toujours été le pilier central de la série, mais aussi le personnage le plus difficile à cerner. Depuis le début, elle est montrée comme une femme d'acier, ultra-contrôlée et presque hermétique aux émotions. Cette saison 3 a commencé à briser l'armure, surtout avec l'arrivée de Trey et les zones d'ombre de son passé qui refaisaient surface.
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Le final va encore plus loin dans cette vulnérabilité. L'arrivée de Ryan, le père de Trey, bouscule Mackey d'une manière assez inédite. Ce n'est pas tant une question de romance, mais plutôt une remise en question sur son rôle de mère. On sent une forme de malaise chez elle en voyant la complicité entre son fils et son père. Ce n'est pas de la jalousie mal placée, c'est ce sentiment universel d'avoir manqué des moments précieux qu'on ne rattrape jamais. Ce qui est appréciable ici, c'est que la série ne cherche pas à faire de Mackey une super-héroïne infaillible. Elle fait des erreurs, elle protège son gamin maladroitement et elle finit par admettre qu'elle ne peut pas tout régenter.
Pour quelqu'un qui a besoin de tout maîtriser, c'est un vrai virage narratif, traité avec une sobriété qui rend le personnage bien plus humain et crédible. À côté de ça, la relation entre Mackey et JD continue de se construire avec une patience exemplaire. Les scénaristes ne brûlent pas les étapes et c'est tant mieux. Pas de déclaration enflammée au milieu des explosions ou de scène de ménage forcée. Tout se passe dans les non-dits, les regards échangés après une journée de terrain ou une simple conversation autour d'une bière. JD est devenu celui qui décode Mackey sans qu'elle ait besoin d'ouvrir la bouche. Il comprend ses doutes face à Ryan et Trey avant même qu'elle ne les formule.
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Cette complicité tranquille montre qu'ils sont devenus indispensables l'un pour l'autre. Quand Mackey finit par dire que JD est un bon parti, le clin d'œil aux spectateurs est évident, mais la série garde ce rythme lent qui colle parfaitement à l'ambiance générale. Pour Evie et Trigger, les choses sont un peu plus floues et, avouons-le, parfois un peu frustrantes. On sent bien qu'il y a un passif ou un truc non résolu entre eux, mais la série joue la carte de la discrétion maximale. D'un côté, ça colle aux personnages : Evie se cache derrière son humour pour ne pas montrer qu'elle est touchée, alors que Trigger semble beaucoup plus investi émotionnellement.
Le fait que Trigger envisage de partir vers le déminage pourrait bien être le déclic nécessaire pour la saison 4. Sortir du cadre strictement professionnel permettrait peut-être enfin de crever l'abcès. En attendant, on garde quand même un petit doute sur une éventuelle évolution entre Evie et DeShawn sur le long terme. Au-delà des duos, ce final souligne à quel point l'équipe est devenue une machine bien huilée. On ne voit plus juste des collègues, mais une sorte de famille de substitution. Chaque membre a son moment pour briller sans que ça semble forcé. Blue apporte son expertise technique toujours au bon moment, Trigger reprend du galon sur le terrain, et DeShawn s'impose définitivement comme l'élément le plus stable et rassurant du groupe.
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Même l'intégration de l'agent Park est une réussite ; au lieu d'en faire un énième rival interne un peu cliché, la série a choisi d'en faire un allié crédible. Au final, cette saison 3 n'a pas été exempte de défauts. Le milieu de saison a traîné les pieds et certaines intrigues auraient mérité d'être plus resserrées. Mais malgré ces quelques longueurs, NCIS: Sydney a réussi à solidifier ses bases. On termine l'année avec des personnages plus denses et une dynamique de groupe qui donne vraiment envie de les retrouver. Pour une série de ce genre, le contrat est rempli : on a hâte de voir ce que la saison 4 nous réserve.
Note : 6.5/10. En bref, un final de saison réussi qui délaisse un peu l'action pour se concentrer sur l'évolution touchante de Mackey et la complicité grandissante au sein de l'équipe. Malgré quelques longueurs en milieu d'année, la série gagne en profondeur humaine et installe des bases solides pour la suite.
Prochainement sur Paramount+
CBS et Paramount+ ont renouvelé NCIS: Sydney pour une saison 4 de 13 épisodes.
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