Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 9.

Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 9.

Will Trent // Saison 4. Episode 9. It Was A Meat Cute.

 

L’épisode 9 de la saison 4 de Will Trent prend un virage que la série n’avait encore jamais réellement exploré : la course contre la montre pour empêcher une exécution. Après les épisodes 7 et 8, centrés sur les démons intérieurs de Will et sur la complexité de sa relation avec son père biologique, cet épisode déplace le projecteur vers Ormewood. Et ce choix me paraît pertinent, tant le personnage a évolué depuis le début de la série. Tout commence en 2010. Un jeune Michael Ormewood poursuit un suspect sur une scène de crime. L’homme clame son innocence, mais un témoin l’a identifié. L’arrestation semble solide, presque évidente. 

 

Quinze ans plus tard, ce même homme, George Long, est à quelques heures d’être exécuté. Il n’a jamais cessé de se dire innocent. Cette révélation suffit à fissurer l’assurance d’Ormewood. J’ai trouvé intéressant que la série confronte un personnage à son propre passé professionnel. Ormewood n’était pas encore l’enquêteur nuancé que l’on connaît aujourd’hui. Il était jeune, ambitieux, persuadé de suivre les preuves. L’arrivée de l’avocate Joanne Drexel avec un témoin prêt à se rétracter bouleverse cette certitude. Le témoin admet avoir menti à l’époque. Cette confession tardive fait vaciller toute la condamnation. L’épisode installe alors une tension efficace : moins de neuf heures pour réexaminer un dossier vieux de quinze ans.

Contrairement à d’autres séries procédurales, l’urgence n’est pas seulement liée au suspense, mais à la culpabilité. Ormewood réalise que sa carrière a décollé grâce à cette affaire. L’idée qu’elle puisse être entachée par une erreur judiciaire le ronge. En parallèle, l’épisode propose une intrigue beaucoup plus légère autour de Will et Ava. Ce contraste m’a laissé partagé. D’un côté, j’ai apprécié de voir Will sortir de son cadre habituel. De l’autre, l’alternance entre la gravité d’une exécution imminente et la recherche d’une urne volée crée parfois un décalage abrupt. Will rejoint Ava dans un restaurant, et la tension entre eux est palpable. Elle lui reproche son manque de spontanéité. 

 

Il tente maladroitement de prouver qu’il peut être imprévisible, évoquant un plat de spaghetti réchauffé sans couvercle comme un acte de rébellion. Ce détail, presque ridicule, révèle beaucoup sur lui. Après des épisodes où il affrontait ses pulsions violentes ou son passé familial, le voir essayer d’être plus léger apporte une autre facette. L’histoire prend une tournure inattendue lorsqu’un ancien policier new-yorkais les suit pour récupérer une urne contenant les cendres de Meat Loaf. Ava l’aurait mise en gage après un différend financier. L’absurdité de la situation fonctionne, notamment grâce au sérieux avec lequel le fan évoque la mémoire du chanteur. 

Will, désireux d’impressionner Ava, improvise un récit romantique liant ses parents à un concert de Meat Loaf. Ce moment apporte un humour discret, presque tendre. Pourtant, mon attention restait davantage tournée vers l’enquête d’Ormewood. Avec Faith et Angie, il rouvre le dossier. Les incohérences apparaissent progressivement : une arme jamais retrouvée, des pistes abandonnées trop vite, des ennemis du promoteur immobilier Thomas Kelly qui n’ont jamais été sérieusement interrogés. Le portrait de la victime se nuance. Loin d’être un simple citoyen sans histoire, Kelly aurait accumulé les conflits. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la remise en question du système. 

 

Ormewood découvre que son ancien mentor aurait fermé les yeux sur certains éléments. La possibilité d’un biais, voire d’un racisme latent, plane sur l’enquête initiale. La série ne s’attarde pas lourdement sur ce point, mais elle suggère que la précipitation et les préjugés peuvent conduire à des drames irréversibles. La pression monte à mesure que l’heure de l’exécution approche. Les descriptions du protocole d’injection létale ajoutent une dimension glaçante. J’ai ressenti une forme d’inconfort en réalisant que la vérité pouvait dépendre d’un détail oublié quinze ans plus tôt. Lorsque Faith identifie un nouveau lien impliquant la femme d’un proche du témoin, le puzzle commence à se recomposer. 

Une altercation passée, une vengeance dissimulée, un mensonge entretenu trop longtemps : la mécanique de l’erreur judiciaire apparaît dans toute sa banalité. Ormewood traverse un véritable effondrement émotionnel. Je ne l’avais encore jamais vu aussi vulnérable. Il s’emporte, doute, prie presque pour un miracle. Ce n’est plus le collègue parfois bravache des premières saisons. Il devient un homme confronté à la possibilité d’avoir contribué à condamner un innocent. Cette évolution me semble cohérente avec le chemin parcouru par le personnage, notamment depuis ses interactions plus profondes avec Amanda et Angie.

 

Lorsque la décision de suspendre l’exécution tombe, le soulagement est palpable. Pourtant, je reste légèrement frustré de ne pas voir davantage la réaction de George Long. L’épisode choisit de se concentrer sur l’équipe plutôt que sur l’homme sauvé in extremis. Ce choix se comprend, mais il laisse un léger vide émotionnel. Du côté de Will, l’aventure avec Ava se transforme en course improvisée lors d’une fête. Il tente de danser, de se fondre dans l’ambiance, de se montrer moins rigide. J’ai trouvé touchant qu’il ne juge pas immédiatement Ava pour ses erreurs. Là où, dans les saisons précédentes, il aurait pu adopter une posture morale stricte, il accepte ici une zone grise. 

Cette évolution rappelle l’épisode 7, où il choisissait de ne pas céder à la violence. La différence, cette fois, réside dans sa capacité à lâcher prise. La scène finale, dans un diner où une chanson de Meat Loaf résonne en arrière-plan, relie subtilement les deux intrigues. La légèreté n’efface pas la gravité, mais elle permet de respirer après une tension constante. Au final, cet épisode 9 de la saison 4 de Will Trent me semble marquer une étape importante pour Ormewood. La série montre qu’elle peut s’éloigner du personnage principal sans perdre en intensité. 

 

Si l’équilibre entre comédie et drame n’est pas toujours parfaitement maîtrisé, l’ensemble reste solide grâce à la sincérité des émotions. La question de la responsabilité, individuelle et institutionnelle, donne à l’épisode une résonance qui dépasse l’enquête du jour. Et c’est peut-être dans cette capacité à confronter ses propres failles que la série trouve aujourd’hui sa véritable maturité.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode 9 de la saison 4 de Will Trent me semble marquer une étape importante pour Ormewood. La série montre qu’elle peut s’éloigner du personnage principal sans perdre en intensité. 

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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