30 Mars 2026
Avec ses six épisodes, Gone (2026) s’inscrit dans la tradition des thrillers britanniques centrés sur une disparition et ses répercussions. Dès le premier épisode, l’intrigue capte l’attention grâce à une situation familière mais efficace : une femme disparaît, et les regards se tournent rapidement vers son entourage. L’atmosphère est posée, les enjeux sont clairs, et la promesse d’une enquête tendue semble bien réelle. Pourtant, au fil des épisodes, un certain déséquilibre apparaît. Le rythme, d’abord maîtrisé, s’étire progressivement. À mi-parcours, la narration s’attarde sur des intrigues secondaires qui peinent à enrichir l’histoire principale.
Dans un prestigieux lycée privé, situé au cœur d'une forêt inquiétante dans la paisible banlieue de Bristol, le proviseur Michael Polly devient le principal suspect dans la disparition de sa femme Sarah. Membre respectable de la communauté, Michael, impénétrable, apprécie l'ordre et la précision dans sa vie professionnelle. Sa rencontre avec l'intrépide inspectrice Annie Cassidy va bouleverser son quotidien. Commence alors un jeu haletant du chat et de la souris, tandis qu'elle s'efforce de percer sa carapace pour découvrir la vérité.
Les relations personnelles, notamment celles liées à la vie sentimentale de certains personnages, prennent une place importante sans toujours apporter une réelle profondeur. Cette dispersion donne parfois l’impression que la série cherche à remplir son format plutôt qu’à densifier son propos. Le personnage central, une enquêtrice déterminée, constitue l’un des piliers de la série. Cependant, son écriture laisse une impression contrastée. Certaines décisions semblent difficilement justifiables, notamment dans le cadre d’une procédure policière censée être rigoureuse. Les écarts répétés aux règles, ainsi que certaines réactions émotionnelles, finissent par créer une distance avec le spectateur.
Il devient alors compliqué de s’attacher pleinement à elle ou de comprendre ses choix. Du côté masculin, le principal suspect intrigue davantage. Son comportement froid et réservé alimente le doute, sans jamais offrir de certitude claire. Cette ambiguïté fonctionne plutôt bien dans les premiers épisodes, mais elle finit par tourner en rond. L’évolution du personnage manque parfois de nuances, donnant l’impression d’un rôle qui repose davantage sur son mystère que sur une véritable progression psychologique. Un autre point qui ressort concerne la crédibilité des procédures policières. Plusieurs éléments semblent approximatifs, voire incohérents.
Entre des méthodes discutables, des décisions prises sans logique apparente et des erreurs qui auraient pu être évitées, l’ensemble manque de réalisme. Pour un genre qui repose en grande partie sur la précision et la tension de l’enquête, ces approximations peuvent nuire à l’immersion. Les dialogues participent également à cette impression d’inconstance. Certaines scènes sonnent juste et parviennent à transmettre une émotion sincère. D’autres, en revanche, donnent une sensation plus artificielle, notamment dans les confrontations ou les échanges tendus. À plusieurs reprises, les personnages semblent répéter des informations déjà évoquées, ce qui alourdit inutilement le récit.
Visuellement, la série reste agréable à suivre. Les décors, souvent urbains, apportent une certaine authenticité. La mise en scène privilégie des plans étirés et une ambiance sonore marquée, parfois au point d’en faire trop. La musique insiste régulièrement sur des moments qui auraient gagné à rester plus sobres. Cette insistance finit par affaiblir l’impact de certaines scènes censées être marquantes. Malgré ces défauts, Gone conserve un certain pouvoir d’attraction. L’envie de connaître la vérité pousse à enchaîner les épisodes. Même lorsque le rythme ralentit, la question centrale reste suffisamment intrigante pour maintenir l’attention.
Ce phénomène explique sans doute pourquoi il est facile de regarder la saison en peu de temps, malgré les réserves qu’elle peut susciter. La résolution finale, en revanche, divise davantage. Sans révéler les détails, elle donne le sentiment d’arriver sans réelle préparation. Les indices disséminés tout au long de la saison ne semblent pas toujours converger vers cette conclusion, ce qui peut créer une impression de décalage. Le dénouement manque d’impact, comme s’il s’agissait d’une solution choisie tardivement plutôt que construite progressivement. Il reste toutefois quelques éléments à saluer. Le thème des relations toxiques est abordé avec une certaine justesse, même s’il aurait mérité un traitement plus approfondi.
Certaines performances d’acteurs parviennent à donner de l’épaisseur à des personnages qui, sur le papier, n’en avaient pas toujours. Enfin, la série bénéficie d’une production soignée qui la rend visuellement cohérente. Au final, cette première saison de Gone laisse une impression mitigée. L’idée de départ fonctionne, le casting tient la route, et l’ensemble se regarde sans difficulté majeure. Mais l’écriture, trop inégale, empêche la série de réellement marquer les esprits. Le manque de rythme, les incohérences et une conclusion peu convaincante limitent son impact.
Note : 4.5/10. En bref, l’idée de départ fonctionne, le casting tient la route, et l’ensemble se regarde sans difficulté majeure. Mais l’écriture, trop inégale, empêche la série de réellement marquer les esprits. Le manque de rythme, les incohérences et une conclusion peu convaincante limitent son impact.
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