51 Days (Saison 1, 8 épisodes) : un huis clos toxique qui nous tient en haleine

51 Days (Saison 1, 8 épisodes) : un huis clos toxique qui nous tient en haleine

J’ai fini la première saison de 56 Jours sur Prime Video hier soir, et j’ai encore ce sentiment un peu étrange, un mélange de fascination et de malaise. C’est le genre de mini-série qui vous happe dès le premier épisode, non pas parce qu’elle révolutionne le genre du thriller, mais parce qu’elle possède une atmosphère vraiment particulière, presque étouffante. On part d’un postulat assez classique : un corps retrouvé dans une baignoire, une odeur de mort qui plane dans un appartement chic de Boston, et une question toute bête : comment en est-on arrivé là ? 

 

Oliver et Ciara se rencontrent dans un supermarché et tombent rapidement amoureux l'un de l'autre. Cinquante-six jours plus tard, les enquêteurs de la brigade criminelle arrivent à l'appartement d'Oliver et découvrent un corps non identifié, sauvagement assassiné et intentionnellement décomposé. L'a-t-il tuée ? L'a-t-elle tuée ?

 

L’histoire se concentre sur Ciara et Oliver. Ils se croisent dans les rayons d'un supermarché, un échange de regards, un peu de drague autour de boîtes de conserve, et l'étincelle prend tout de suite. Mais derrière cette rencontre qui ressemble à une comédie romantique un peu trop parfaite, on sent rapidement que quelque chose cloche. La série porte bien son nom puisqu’elle nous fait remonter le temps, jour après jour, du premier au cinquante-sixième. Ce découpage temporel est vraiment bien foutu. Je ne me suis jamais senti perdu malgré les nombreux bonds entre l’enquête actuelle et les souvenirs du couple. 

 

C’est fluide, et on comprend vite que chaque petit détail, chaque mensonge par omission, va peser lourd dans la balance finale. Ce qui rend la série intéressante, c’est le duo formé par Dove Cameron et Avan Jogia. Il y a entre eux une tension qui crève l’écran. On suit leur emménagement rapide, leur intimité qui grandit, mais aussi la paranoïa qui s’installe. Oliver est un personnage complexe, un architecte qui semble avoir tout pour lui mais qui est rongé par une anxiété dévorante. On passe beaucoup de temps à essayer de comprendre ce qui se trame dans sa tête. Parfois, j'ai trouvé que la série s'attardait un peu trop sur ses états d'âme, ce qui rend le rythme un peu lent au milieu de la saison. 

 

Mais d'un autre côté, cela donne une profondeur psychologique qu'on ne retrouve pas toujours dans les thrillers de ce type. En parallèle, on suit deux flics, Lee et Karl, qui tentent de mettre un nom sur le cadavre. J'ai beaucoup aimé leur dynamique. Ils ne sont pas là juste pour faire de l'exposition ou expliquer l'intrigue au spectateur. Ils ont leur propre vie, leurs propres problèmes, et ils apportent un côté très terre-à-terre qui contraste avec la passion parfois un peu théâtrale du couple principal. Dorian Missick, notamment, est excellent dans son rôle. Il apporte une présence rassurante dans cet océan de secrets. Pourtant, la série n’échappe pas à quelques petits défauts qui m’ont parfois fait décrocher. 

 

Le plus gros reproche que je pourrais faire, c’est cette ambiance de morosité permanente. Tout est sombre, tout le monde souffre, chaque personnage secondaire semble traîner un fardeau monumental. Au bout d'un moment, ça devient un peu pesant. On a l'impression que le bonheur n'existe simplement pas dans cet univers. Parfois, l’esthétique est aussi un peu trop travaillée, presque artificielle. Certaines scènes ressemblent à des clips léchés ou des publicités pour du café de luxe, ce qui casse un peu le réalisme de l’histoire. Vers l'épisode cinq ou six, j'ai ressenti une certaine lassitude. L'intrigue s'étire, on a l'impression de tourner en rond dans cet appartement luxueux. 

 

Mais heureusement, la dernière ligne droite redonne un coup de fouet nécessaire. Des éléments du passé, remontant à seize ans en arrière, viennent éclairer l'histoire sous un jour nouveau. On comprend enfin que rien n’était dû au hasard et que la vengeance est un moteur bien plus puissant que l'amour. Les révélations s'enchaînent de manière assez logique, et même si j'avais deviné certains points de l'intrigue, le dénouement m'a quand même réservé une belle surprise. Au final, 56 Jours est une série qui se dévore assez vite. C’est bien écrit, les acteurs sont investis et le mystère reste assez solide pour donner envie d'aller jusqu'au bout des huit épisodes. 

 

Ce n'est pas le thriller du siècle, il y a des longueurs et des personnages secondaires qui ne servent pas à grand-chose, comme cette journaliste qui fait un peu office de remplissage. Mais pour quiconque aime les ambiances lourdes, les secrets de famille et les relations qui virent à l'obsession, c'est une très bonne pioche. On en ressort avec une petite réflexion sur la confiance et sur ce qu'on accepte de voir chez l'autre quand on a désespérément envie d'être aimé. C’est imparfait, c’est parfois un peu trop sombre, mais c’est une expérience qui reste en tête une fois l'écran éteint.

 

Note : 5.5/10. En bref, entre passion dévorante et secrets toxiques, cette mini-série installe un suspense efficace grâce à une narration chronologique originale et un duo d'acteurs électrisant. Malgré quelques longueurs et une ambiance parfois trop sombre, le mystère reste solide jusqu'à un dénouement final particulièrement bien amené.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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