25 Avril 2026
On commence à bien les connaître, nos profs préférés de Philadelphie. Avec cette cinquième saison de 22 épisodes, Abbott Elementary s’installe pour de bon dans le paysage des sitcoms incontournables. Après une saison 4 qui avait vraiment réussi à approfondir chaque personnage, j’attendais de voir comment la série allait négocier ce nouveau virage. Le constat est un peu partagé : c’est toujours aussi plaisant à regarder, mais on sent que la formule commence à montrer quelques signes de fatigue. Le premier truc qui saute aux yeux, c’est que l’effet de surprise a disparu. C’est normal, après cinq ans, on connaît les rouages du mockumentaire, les regards caméras d'Ava et les tics de langage de chacun.
Cette stabilité a du bon parce qu’on se sent à la maison, mais elle rend aussi les intrigues un peu plus prévisibles. On n’est plus dans la découverte, on est dans la gestion de routine. Le gros morceau de cette saison, c’est évidemment le duo Janine et Gregory. Si la saison 4 avait joué la carte de l'apaisement et d'une certaine maturité, les scénaristes ont décidé cette fois de remettre un peu de friture sur la ligne. On repart sur des non-dits, des petits malentendus et pas mal de doutes. D’un côté, c’est plutôt réaliste, une relation n’est jamais un long fleuve tranquille. De l’autre, j’ai eu l’impression qu’on faisait parfois du surplace.
C’est un peu dommage de donner le sentiment de revenir en arrière juste pour créer du drama artificiel, alors que leur complicité naturelle fonctionnait si bien. La série a aussi essayé de sortir des murs de l’école. On voit les personnages ailleurs, dans leur vie privée ou lors de déplacements. C’est une évolution logique, la saison précédente avait déjà commencé à ouvrir les fenêtres. Mais le risque, c’est de perdre ce qui fait le sel de Abbott : le chaos du quotidien scolaire. Quand l’école devient juste un décor de fond et plus le moteur principal des blagues, la série perd un peu de son identité. Ce sont justement ces galères de budget et ces situations absurdes en salle des profs qui donnaient autant de relief aux premières saisons.
Du côté du casting, Janine continue de s'affirmer. Elle n’est plus la petite nouvelle un peu naïve des débuts, elle a pris de la bouteille et ça se voit dans sa manière de gérer les crises. Gregory, lui, est en pleine crise existentielle. Il se pose des questions sur ses ambitions, sur ce qu’il veut vraiment faire de sa vie. C’est intéressant, même si j’aurais aimé que la série creuse un peu plus ce conflit intérieur plutôt que de rester parfois en surface. Ava reste fidèle à elle-même, et heureusement ! Elle apporte toujours ce grain de folie indispensable. On voit quand même quelques éclairs de responsabilité chez elle, mais c’est fait par petites touches, sans transformer le personnage radicalement, ce qui est une bonne chose.
Par contre, pour Barbara et Melissa, je suis un peu plus réservé. Elles sont les piliers de l’école, mais leurs intrigues cette année tournent un peu en rond. On sent que les auteurs ont du mal à leur inventer de nouveaux défis qui ne soient pas des redites de ce qu’on a déjà vu. Il y a aussi quelques nouveaux visages qui débarquent pour secouer le cocotier. Ils apportent de l’air frais et permettent de traiter de nouveaux sujets, mais ils restent pour l’instant assez secondaires. Ils servent plus de prétexte à des situations qu'à de vrais développements de fond. C'est un peu frustrant parce qu'on sent qu'il y a du potentiel pour enrichir l'univers de la série au-delà de la salle de pause.
L’humour, lui, ne change pas de recette. Le format documentaire fonctionne toujours très bien, surtout quand l'épisode se concentre sur un problème concret de l'école. C'est là que Abbott Elementary est la meilleure : quand elle pointe du doigt l'absurdité du système avec un sourire en coin. Cependant, certains gags commencent à devenir un peu mécaniques. On voit venir la chute d'assez loin, ce qui casse parfois le rythme. Ce qui me plaît toujours autant, c’est le fond social. La série n’oublie pas de parler du manque de moyens, des inégalités et des difficultés du métier d'enseignant. C’est fait sans être lourd, mais j’ai trouvé que cette saison était un poil moins incisive que d’habitude.
On reste parfois un peu trop dans le "feel good" en oubliant de gratter là où ça fait mal, contrairement à ce qu'on pouvait voir dans la saison 4 qui arrivait mieux à doser l'humour et la critique sociale. Le final de la saison vient fort heureusement redresser la barre. Il boucle pas mal d’histoires de façon cohérente sans essayer de nous faire un cliffhanger forcé. On finit sur une note positive, fidèle à l’esprit de la série. C’est satisfaisant, même si on sent qu'il est temps pour Abbott de se renouveler un peu pour ne pas finir par lasser. Pour résumer mon avis, cette saison 5 est une transition. Elle garde ses points forts : des personnages hyper attachants et une vraie tendresse pour son sujet.
Mais elle montre aussi qu’il est difficile de tenir la distance sans se répéter un peu. Si la saison prochaine revient un peu plus aux fondamentaux de la vie scolaire tout en continuant à faire évoluer les relations de manière plus fluide, la série retrouvera tout son éclat. En attendant, ça reste une valeur sûre pour passer un bon moment, même si l’étincelle est un tout petit peu moins vive cette année.
Note : 5.5/10. En bref, si cette cinquième saison conserve la tendresse et l'humour social qui font le sel de la série, elle s'égare parfois dans des intrigues répétitives et un éloignement un peu trop marqué du cadre scolaire. Malgré des personnages toujours aussi attachants, l'ensemble manque de l'audace et du mordant qui faisaient la force des débuts.
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ABC a renouvelé Abbott Elementary pour une saison 6.
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