Critique Ciné : The Stranger in my Home (2026, Paramount+)

Critique Ciné : The Stranger in my Home (2026, Paramount+)

The Stranger in my Home // De Jeff Fisher. Avec Sophia Bush, Chris Carmack et Chris Johnson.

 

The Stranger in My Home, réussit un petit exploit : faire croire pendant dix minutes qu’il va proposer quelque chose… avant de s’effondrer sans jamais se relever. Le point de départ avait pourtant de quoi attirer l’attention. Un thriller domestique, une présence inquiétante, un mystère à résoudre dans un cadre intime. Tout d’un petit téléfilm de l’après-midi produit par Lifetime dont nos chaînes françaises raffolent pour remplir les grilles. Le genre a déjà fait ses preuves, et quand il est bien traité, il peut être redoutablement efficace. Ici, le début joue correctement son rôle. L’ambiance est posée, les bases sont là, et il y a même une petite tension qui s’installe.

 

La vie de famille d'Ali, son mari Jeff et de leur fille Katie bascule après l'arrivée de Tom Truby qui lui annonce qu'il y a 15 ans, quelqu'un a échangé les bébés d'Ali et de Tom à l'hôpital.

 

Et puis très vite, tout part de travers. Le scénario commence à accumuler les facilités avec une décontraction presque fascinante. Les coïncidences s’enchaînent comme si c’était une règle absolue du film. Les personnages prennent des décisions absurdes avec un sérieux désarmant. À ce stade, la question n’est plus de savoir ce qui va se passer, mais jusqu’où le film va pousser le non-sens. Le plus frappant, c’est ce moment où l’histoire cesse tout simplement de tenir debout. Il y a un point de bascule où le film abandonne toute logique pour plonger dans une suite d’événements improbables. À partir de là, il devient difficile de s’impliquer. Même en faisant un effort.

 

Le dernier acte est sans doute le moment le plus révélateur. Là où un thriller devrait resserrer son intrigue et offrir un minimum de cohérence, The Stranger in My Home donne l’impression d’improviser. Comme si les dernières pages du scénario avaient été écrites à la va-vite, ou pire, tirées au hasard. Le résultat est confus, parfois presque comique, mais rarement dans le bon sens. Côté acting, ce n’est pas beaucoup mieux. Certains acteurs ont déjà montré ailleurs qu’ils savaient jouer. Ici, c’est une autre histoire. Les dialogues tombent à plat, les émotions semblent forcées, et les réactions des personnages défient toute crédibilité. Il y a des moments où même les comédiens donnent l’impression de ne pas trop savoir ce qu’ils font là.

 

Ce décalage constant finit par créer une situation étrange : le film se prend très au sérieux, mais il devient difficile de ne pas en rire. Certaines scènes, censées être tendues ou dramatiques, déclenchent plutôt un sourire gêné. Pas par intention, mais parce que tout semble exagéré ou mal amené. La réalisation n’aide pas à sauver les meubles. Le montage enchaîne les scènes sans fluidité, avec des transitions parfois inexistantes. On passe d’un moment à un autre sans vraiment comprendre pourquoi. L’ensemble donne une impression de bricolage, comme si le film avait été assemblé à la dernière minute. Visuellement, le résultat renforce ce sentiment. 

 

L’image, les cadrages, la lumière… tout rappelle une production télévisée un peu cheap. Il y a ce côté téléfilm de l’après-midi qui ne joue clairement pas en sa faveur. Et quand le suspense repose en grande partie sur l’ambiance, ce genre de détail compte. Le rythme, lui aussi, est un problème. Le film alterne entre des passages qui traînent en longueur et d’autres qui s’enchaînent trop vite. Impossible de trouver un équilibre. Résultat : l’attention décroche rapidement, et il devient difficile de rester investi dans ce qui se passe à l’écran. Le plus frustrant reste sans doute le potentiel gâché. L’idée de départ n’était pas mauvaise. 

 

Avec un scénario plus solide et une mise en scène plus rigoureuse, The Stranger in My Home aurait pu proposer un thriller correct. Mais le film semble constamment choisir la facilité. Même les twists, pourtant essentiels dans ce genre, sont prévisibles. Dès le début, certaines pistes sont évidentes. Et quand le film tente de surprendre, il le fait de manière tellement maladroite que l’effet tombe à plat. À un moment, il ne reste plus qu’une seule manière de regarder le film : comme une sorte de spectacle involontaire. Une succession de scènes improbables, de décisions absurdes et de rebondissements forcés. Dans ce registre, il peut presque devenir divertissant… mais clairement pas pour les raisons prévues.

 

The Stranger in My Home donne l’impression d’un projet qui avait une idée, mais pas les moyens de la développer correctement. Le film avance sans direction claire, accumule les erreurs, et finit par perdre complètement son identité.

 

Note : 1/10.  En bref, difficile de recommander ce thriller, sauf à chercher une expérience un peu étrange, entre rire nerveux et incompréhension. Pour un vrai moment de suspense, mieux vaut aller voir ailleurs… ou au moins garder la lumière allumée, histoire de ne pas être surpris par autre chose que le film lui-même.

Sorti le 9 avril 2026 directement sur Paramount+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article