Critique Ciné : Wedding Nightmare : deuxième partie (2026)

Critique Ciné : Wedding Nightmare : deuxième partie (2026)

Wedding Nightmare : deuxième partie // De Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett. Avec Samara Weaving, Kathryn Newton, Elijah Wood et Sarah Michelle Gellar.

 

Soyons clairs : si vous n'avez pas aimé le premier volet de Wedding Nightmare, ce n'est pas cette suite qui va vous réconcilier avec la licence. On repart exactement là où le cauchemar s’était arrêté. Grace est toujours en robe de mariée, toujours couverte de sang, et toujours traquée par des riches qui ont manifestement trop de temps libre et pas assez de morale. Le concept reste le même, mais cette fois, les curseurs sont poussés au maximum, pour le meilleur et surtout pour le pire. L’idée de cette suite, c’est de voir plus grand. On ne parle plus d’une seule famille de psychopathes, mais de plusieurs clans réunis pour une sorte de tournoi macabre. 

 

Peu après avoir échappé à l’attaque sans merci de la famille Le Domas, Grace découvre qu’elle vient d’atteindre un nouveau niveau dans ce jeu cauchemardesque – et elle aura à ses côtés sa sœur dont elle s’était éloignée, Faith. Elle n’aura qu’une seule chance pour à la fois survivre, protéger sa sœur et revendiquer le Haut Siège du Conseil qui gouverne le monde. Cette fois, quatre familles rivales la traquent pour s’emparer du trône, et celle qui l’emportera aura le pouvoir absolu.

 

Sur le papier, multiplier les ennemis aurait pu donner un côté survitaminé au récit. Dans la réalité, on se retrouve avec une galerie de personnages jetables qui défilent sans qu’on ait le temps de s’attacher à leur cruauté. Le film empile les visages connus et les nouvelles têtes, mais personne ne sort vraiment du lot. On assiste à une sorte de foire d’empoigne où l’on finit par perdre le fil de qui veut tuer qui et pourquoi. Grace, de son côté, a fini sa mutation. Elle n’est plus la proie hésitante du début. Elle est devenue une machine de guerre qui semble avoir pris un abonnement à la salle de sport entre deux scènes. Si ce changement radical apporte un peu d’action, il évacue aussi toute forme de suspense. 

 

On sait qu’elle va s’en sortir, on sait qu’elle va cogner, et le film devient alors une simple succession de chorégraphies violentes. On perd ce qui restait de tension pour tomber dans le pur film d'action bas de plafond. Le scénario tente bien de boucher les trous avec une intrigue familiale impliquant la sœur de Grace. C’est le genre de ressort dramatique qu’on voit venir à des kilomètres : des retrouvailles tendues, des secrets de famille et une alliance forcée. Le problème, c’est que leurs échanges cassent systématiquement le rythme. On passe d’une scène de traque plutôt nerveuse à une discussion larmoyante qui semble durer une éternité. 

 

Le mélange des genres ne prend pas, et ces moments "émotionnels" paraissent totalement artificiels. Visuellement, on sent que le budget a gonflé. Les décors sont plus vastes, les effets spéciaux plus présents, et le sang coule à flots. Mais plus de moyens ne veut pas dire plus d’idées. La mise en scène reste très plate, se contentant de suivre l’action sans jamais proposer de vrais moments de cinéma. On navigue entre des intérieurs de manoirs déjà vus et des scènes en forêt qui manquent d’ambiance. C’est efficace, certes, mais c’est aussi très générique. Même la dimension satirique, qui essayait de dire quelque chose sur la lutte des classes dans le premier film, a ici complètement disparu. 

 

On ne se moque plus des riches, on les regarde juste mourir de façon spectaculaire. Le film abandonne toute prétention intellectuelle pour se concentrer sur le spectacle pur. C’est un choix qui peut plaire aux amateurs de divertissement décérébré, mais qui laisse un goût de vide pour les autres. Il y a quand même un sursaut d’énergie dans le dernier quart d’heure. Le film finit par lâcher prise et s’autorise une folie un peu plus assumée, avec des scènes qui flirtent avec le grand-guignol. C’est sans doute le moment où l’on s’ennuie le moins, parce que le récit assume enfin son absurdité. Mais arrive-t-on vraiment à sauver un film de plus d'une heure trente avec seulement dix minutes de punch ?

 

En résumé, Wedding Nightmare : deuxième partie est une suite qui fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose. C'est plus lourd, plus sanglant et plus dispersé que l'original. Si vous avez trouvé le premier volet médiocre, celui-ci vous paraîtra probablement encore plus dispensable. C'est un produit calibré pour la consommation immédiate : on regarde, on oublie, et on passe à autre chose. Finalement, est-ce que ce n'est pas le problème de beaucoup de suites d'horreur aujourd'hui : vouloir tout expliquer et tout agrandir, au risque de perdre le peu d'efficacité du concept de départ ?

 

Note : 3/10. En bref, Wedding Nightmare : deuxième partie est une suite qui fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose. C'est plus lourd, plus sanglant et plus dispersé que l'original. Si vous avez trouvé le premier volet médiocre, celui-ci vous paraîtra probablement encore plus dispensable. 

Sorti le 8 avril 2026 au cinéma

 

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