Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 19.

Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 19.

Watson // Saison 2. Episode 19. Rule of Three.

 

On sent que la fin approche. Avec cet épisode 19, intitulé « The Rule of Three », la série passe clairement en mode sprint. L’objectif est évident : boucler toutes les boucles avant que le rideau ne tombe définitivement. Le problème, c’est que quand on essaie de tout ranger dans la valise à la dernière minute, ça finit souvent par déborder. Le résultat est là, un peu en dents de scie, alternant entre des moments de pure tension et une sensation de précipitation qui fatigue un peu. Le gros morceau de l'épisode, c'est l'urgence médicale autour de la naissance des triplés d'Adam et Lauren. Ça faisait un moment qu'on n'avait pas ressenti cette pression-là, celle des débuts. 

 

On est replongé dans ce qui rendait la série intéressante : des décisions vitales à prendre en quelques secondes, une équipe sous tension qui doit improviser et une vraie dose d’adrénaline. C’est efficace, c’est prenant et, surtout, ça évite les fioritures inutiles pour se concentrer sur l'humain. Ce focus sur l'accouchement permet enfin de redonner de la consistance à Adam. Il faut dire qu’il était un peu effacé ces derniers temps. Ici, il reprend les commandes. Le voir gérer le chaos avec autant de sang-froid lui redonne une vraie stature. C'est le genre de séquence qui fonctionne parce qu'elle reste crédible techniquement sans tomber dans le mélodrame facile.

Pendant que ça s'agite à l'hôpital, Watson est ailleurs. Elle continue de gérer sa tumeur avec Mary à ses côtés. Elles partent consulter un spécialiste, et c'est là que le bât blesse un peu au niveau du rythme. Passer d'une salle d'accouchement sous haute tension à des scènes de voyage plus lentes crée une cassure. On a l’impression que l’épisode ne sait pas trop sur quel pied danser entre le drame intime et l’urgence médicale pure. La relation entre Watson et Mary prend toutefois un tournant important. Après des semaines de flou et de silences pesants, elles finissent par prendre une décision pour leur futur. C’est mélancolique, c’est plutôt bien écrit, mais on ne peut pas s’empêcher de penser que ça arrive un peu tard. 

 

On aurait aimé que cette évolution soit distillée plus tôt au lieu d'être balancée juste avant le générique final de la série. À côté de ça, l'épisode essaie aussi de faire avancer le dossier Ingrid. La pression monte autour de son passé, mais comme souvent cette saison, le traitement manque de souffle. Les infos tombent, les scènes s'enchaînent, mais on n'a pas vraiment le temps de digérer les conséquences de ce qui se passe. C'est le même souci avec Sasha. Son parcours personnel est survolé alors qu'il y avait de quoi faire un axe narratif puissant. En voulant donner du temps d'antenne à tout le monde, la série finit par diluer l'impact de chaque personnage.

Heureusement, l’intensité reste là. On ne s’ennuie pas, c’est certain. Chaque minute est rentabilisée pour apporter une pièce au puzzle, même si cette densité finit par donner le tournis. On sent l'ambition des scénaristes, mais la maîtrise n'est pas toujours au rendez-vous. Et puis, il y a le gros morceau : Sherlock. Son retour change totalement la donne. Après avoir joué avec nos nerfs sur sa présence réelle ou non, la série tranche. C'est le genre de rebondissement qui relance l’intérêt à 200 %, mais qui laisse aussi un goût amer. Cette intrigue a tellement oscillé entre le génie et le n'importe quoi depuis le début de la saison qu'on ne sait plus trop sur quel pied danser. 

 

C'est un choix stratégique fort pour préparer le final, mais là encore, ça donne l'impression d'un virage serré pris à la dernière seconde. Si on regarde le chemin parcouru, la différence est flagrante. Le début de saison prenait le temps de poser les choses. Aujourd'hui, on est dans l'accumulation. On veut tout conclure, tout expliquer et nous faire pleurer en même temps. C'est généreux, mais un peu désordonné. Au bout du compte, cet avant-dernier épisode fait le job sur l'émotion. Il nous rappelle que quand Watson se concentre sur ses fondamentaux, la série sait être percutante. Mais il met aussi en lumière les faiblesses d'une saison qui s'est un peu éparpillée en cours de route. 

Maintenant, tout repose sur le dernier épisode. Est-ce que les scénaristes vont réussir à nous offrir une fin cohérente ou est-ce que tout va s'écrouler sous le poids des trop nombreuses intrigues ? Réponse très bientôt, mais les attentes sont montées d'un cran.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet avant-dernier épisode fait le job sur l'émotion. Il nous rappelle que quand Watson se concentre sur ses fondamentaux, la série sait être percutante. Mais il met aussi en lumière les faiblesses d'une saison qui s'est un peu éparpillée en cours de route et qui ici doit tout conclure sans trop donner l’impression de savoir où aller. 

Prochainement sur Paramount+

 

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