18 Avril 2026
The Hunting Party // Saison 2. Episode 10. Byron May.
Si vous suivez The Hunting Party depuis le début de la deuxième saison, vous avez sans doute remarqué que l'ambiance a pas mal changé. On a passé des semaines à naviguer entre les non-dits, les coups bas et les manipulations en coulisses. Mais avec cet épisode 10, les créateurs de la série ont décidé de poser les cartes sur la table. On ne parle plus seulement de traquer des fugitifs, on parle de ce qui définit vraiment Bex, Shane et Hassani en tant qu'êtres humains. L'affaire Byron May n'est pas juste un dossier de plus à classer, c'est le moment où l'équipe décide enfin de ce qu'elle est prête à sacrifier pour sa propre conscience.
Dès les premières minutes, l'enquête sur Byron May semble suivre les rails habituels du genre procédural. On a un tueur, une méthode, des indices. Sauf que le scénario nous balance un pavé dans la mare assez rapidement : les crimes ressemblent trait pour trait à ceux d'un homme qui croupit déjà derrière les barreaux, Victor Rosa. C'est là que l'épisode bascule. On ne cherche plus seulement un coupable en liberté, on réalise qu'on a peut-être laissé un innocent s'enfoncer en prison. Le vrai sujet, ce n'est plus la traque, c'est l'erreur judiciaire et, surtout, le silence complice des institutions. On sent que l'ombre de Lazarus plane partout, et on commence à comprendre que le système du Pit est loin d'être infaillible.
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Bex, d'ordinaire si maîtresse d'elle-même, craque un peu l'armure ici. Ce n'est pas une colère explosive, mais une indignation froide qui la pousse à agir. On la sent profondément touchée par le sort de Rosa. Pour elle, résoudre l'enquête ne suffit plus, il faut réparer ce qui a été brisé. C'est fascinant de la voir sortir de son rôle de profileuse analytique pour embrasser une mission presque militante. Elle n'hésite plus à flirter avec la ligne rouge, quitte à se mettre à dos sa hiérarchie. On est loin de la Bex hésitante des épisodes précédents qui ne savait pas trop comment se situer face à l'influence de Lazarus sur son équipe. Pour Shane, cet épisode 10 ressemble à une véritable douche froide.
Il naviguait déjà dans un brouillard de doutes, mais là, il se prend la réalité en pleine figure. Apprendre que son intégration au sein de l'unité n'est pas uniquement due à ses talents, mais qu'elle a été orchestrée en sous-main, c'est un coup dur pour son ego et son sens de l'honneur. On aurait pu s'attendre à ce qu'il se braque ou qu'il s'isole, comme il l'a fait par le passé. Pourtant, c'est tout l'inverse qui se produit. Il se tourne vers ses partenaires. C'est sans doute l'une des plus belles évolutions du personnage cette saison : il comprend enfin que sa force ne vient pas de son statut, mais de la confiance qu'il accorde à Bex et Hassani. Hassani, de son côté, apporte cette stabilité nécessaire.
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Lui qui est normalement le garant des règles et du protocole, le voir accepter de transgresser les ordres pour libérer Rosa montre l'ampleur du chemin parcouru. Le trio se reforme vraiment dans l'adversité, loin des tensions qui commençaient à devenir pesantes entre les épisodes 6 et 9. On retrouve cette alchimie organique qui faisait le sel de la première saison, mais avec une maturité supplémentaire. Ils ne sont plus seulement des collègues, ils forment un bloc face à un système qui semble de plus en plus corrompu. La résolution de l'épisode est d'ailleurs assez couillue pour une série de ce type. On n'a pas eu droit à une fusillade spectaculaire ou à une course-poursuite interminable pour clore l'affaire.
Le moment fort, c'est la libération de Victor Rosa. C'est un choix narratif qui privilégie l'émotion et l'éthique sur l'action pure. Capturer Byron May devient presque secondaire face à l'acte de justice que représente la sortie de prison d'un innocent. Cela prouve que The Hunting Party cherche à raconter quelque chose de plus profond sur la responsabilité individuelle au sein d'une machine administrative écrasante. En regardant le chemin parcouru, cette deuxième saison gagne vraiment en épaisseur. On sent que cet épisode 10 prépare le terrain pour un final explosif. La confrontation avec Lazarus n'est plus une simple éventualité, c'est devenu une nécessité.
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On ressort de cet épisode avec l'impression que les masques sont tombés. L'équipe a choisi son camp : celui de la justice humaine plutôt que celui de l'efficacité aveugle. C'est une direction courageuse pour la série, qui transforme une simple fiction policière en une réflexion assez fine sur l'intégrité. On a hâte de voir comment Lazarus va réagir à cette insubordination flagrante, mais une chose est sûre : Bex, Shane et Hassani sont plus soudés que jamais, et c'est sans doute leur meilleure arme pour la suite.
Note : 7/10. En bref, l’épisode 10 délaisse l’action pure pour un dilemme éthique poignant, forçant l’équipe à choisir la justice humaine plutôt que la loyauté envers un système corrompu. C’est un tournant narratif réussi qui soude enfin le trio face à Lazarus, tout en apportant une profondeur psychologique bienvenue à la saison.
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