Critiques Séries : The Audacity. Saison 1. Episode 4.

Critiques Séries : The Audacity. Saison 1. Episode 4.

The Audacity // Saison 1. Episode 4. Vanitas.

 

On arrive doucement au milieu de cette première saison de The Audacity et, pour être honnête, le sentiment est assez partagé. Après un troisième épisode qui laissait espérer une vraie montée en puissance, ce quatrième chapitre semble avoir décidé de lever le pied. C’est frustrant parce qu’on sent que le potentiel est là, juste sous la surface, mais le récit préfère patiner au lieu de passer la seconde. Le cœur de la série, c'est ce duo improbable entre un patron aux abois prêt à tout pour sauver son empire et une thérapeute qui détient, sans doute sans le vouloir au départ, les clés de sa survie. 

 

C’est une dynamique géniale sur le papier, un mélange de manipulation psychologique et de survie pure. Le problème, c'est que la série tire un peu trop sur la corde. On nous a bien installés le décor lors des premières semaines, mais là, on attend que ça explose vraiment. Ce retard à l’allumage commence à se faire sentir et on finit par s’impatienter. Dans cet épisode, les scénaristes ont choisi de multiplier les petites histoires à côté. Les personnages gravitent les uns autour des autres, se croisent, se jaugent, mais on a parfois l’impression qu’ils ne savent pas trop où ils vont. Pour une série qui se veut être une satire ou un thriller psychologique, ce manque de direction crée une sorte de ventre mou. 

On regarde les scènes s'enchaîner sans toujours comprendre l'impact qu'elles auront sur la suite. Heureusement, tout n’est pas à jeter, loin de là. Ce qui sauve l'épisode, c'est l'évolution de la thérapeute. Elle gagne enfin en profondeur et on commence à voir ses failles. Contrairement aux requins de la finance qu’elle soigne, elle n’a pas de filet de sécurité. Elle galère avec des problèmes concrets, des enjeux matériels qui la rendent beaucoup plus humaine et attachante. Sa vulnérabilité est sa force narrative : on comprend pourquoi elle hésite à plonger dans l'illégalité. Pour elle, perdre sa licence ou finir derrière les barreaux n’est pas une option qu’on règle avec un chèque en blanc.

 

Du côté de notre dirigeant préféré, c'est un peu le calme plat. Il reste fidèle à lui-même, obsédé par sa réussite, mais il tourne en boucle. Il utilise les mêmes méthodes, répète les mêmes discours de conquérant, et finit par devenir un peu prévisible. C’est dommage, car on attendait une remise en question ou un craquage qui n'arrive pas encore. On stagne avec lui dans son bureau luxueux, en attendant qu’un vrai coup de théâtre vienne bousculer ses certitudes. L’idée la plus forte de l’épisode reste l’utilisation d’une confidence faite sur le divan pour manipuler le marché. C’est là que The Audacity est la meilleure : quand elle nous montre que dans ce monde-là, absolument tout est une marchandise, même vos secrets les plus intimes. 

Une simple phrase lâchée pendant une séance devient un levier financier redoutable. C'est froid, c'est cynique, et c'est exactement ce qu'on demande à la série. L'arrivée d'un nouvel investisseur apporte aussi un peu de sang neuf. Le type est l’incarnation du pouvoir sans aucune limite morale. Ses échanges avec le héros ne sont pas des discussions d'affaires classiques, mais des démonstrations de force presque animales. D'ailleurs, une scène sort vraiment du lot : celle où leur rivalité se règle par une épreuve physique plutôt que par des chiffres. C’est un choix curieux, mais qui colle bien à l’ambiance de la série. On ne gagne pas parce qu’on est le plus malin, mais parce qu’on est celui qui encaisse le mieux les coups.

 

La fin de l'épisode offre un petit sursaut qui redonne de l'espoir pour la suite. Le protagoniste réussit enfin un coup, mais il doit pour cela sacrifier encore un peu plus de son éthique. C’est une victoire amère, et c’est sans doute la seule manière d’avancer dans cet univers. On sent que les pièces du puzzle commencent enfin à s'assembler pour la deuxième partie de la saison. Au final, ce quatrième épisode de The Audacity souffle le chaud et le froid. On s’ennuie parfois devant des sous-intrigues qui ne mènent nulle part, mais on est rattrapé par des moments de tension bien sentis. La série n'a pas encore trouvé son équilibre parfait entre le drame intime et le thriller corporatif. 

Il reste encore quelques épisodes pour transformer l’essai, mais il ne faudrait pas que l'audace promise par le titre se transforme en simple routine télévisuelle. J'ai encore envie d'y croire, surtout si la confrontation entre le patron et la thérapeute prend enfin l'ampleur qu'elle mérite.

 

Note : 4/10. En bref, ce quatrième épisode de The Audacity souffle le chaud et le froid. On s’ennuie parfois devant des sous-intrigues qui ne mènent nulle part, mais on est rattrapé par des moments de tension bien sentis. La série n'a pas encore trouvé son équilibre parfait entre le drame intime et le thriller corporatif. 

Prochainement sur Canal+

 

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