21 Avril 2026
The Comeback // Saison 3. Episode 5. Valerie Lights a Candle.
Si vous pensiez que Valerie Cherish avait enfin trouvé la recette miracle pour gérer sa vie sans s'auto-saboter, l’épisode 5 de cette troisième saison de The Comeback va gentiment vous ramener sur terre. C’est tout le sel de cette série : on veut tellement la voir réussir, mais on sait pertinemment que son pire ennemi, c’est souvent elle-même. Cet épisode, c’est un peu le rappel à l’ordre. On se rend compte que même quand elle a toutes les cartes en main pour s'imposer, elle finit toujours par choisir le chemin le plus escarpé. Le décor est planté d'entrée de jeu dans une ambiance de tournage assez chaotique.
La prod a décidé de tout chambouler, et Valerie se retrouve dans cette position inconfortable de « messagère ». Elle doit annoncer des remplacements de scénaristes et la promotion de profils qui n'ont clairement pas les épaules pour le job. On sent tout de suite le malaise. Au lieu de taper du poing sur la table, elle joue la carte de la diplomatie un peu floue. Elle garde des secrets, elle arrondit les angles, et forcément, ça finit par lui retomber dessus. Sa légitimité en prend un coup parce qu’on sent qu’elle n’assume pas totalement ce qu’elle est obligée de vendre à son équipe. Et puis, il y a cette fameuse intelligence artificielle qui traîne toujours dans les pattes de la création.
/image%2F1199205%2F20260421%2Fob_15cd35_vlcsnap-2026-04-20-16h19m30s862.png)
Là, on franchit un cap dans l'absurde. La machine crache des kilomètres de texte sans aucun discernement. C’est de la quantité pure, du contenu au kilomètre, mais sans aucun liant. Le problème, c’est que Valerie est la seule à lever la main pour dire que ça ne va pas. Ses collègues, eux, semblent avoir capitulé. Ils préfèrent suivre la tendance technologique plutôt que de se fatiguer à réfléchir. C’est un miroir assez grinçant de notre époque : on a des outils ultra-puissants, mais plus personne n'ose dire quand le résultat est simplement mauvais. Cette démission collective se ressent jusque dans le jeu des acteurs. Il y a des moments dans l'épisode où les comédiens partent dans des directions totalement lunaires, et personne ne dit rien.
Valerie essaie d’intervenir, elle tente de recadrer les choses avec sa sensibilité d’actrice, mais elle le fait toujours par la bande. Elle négocie, elle suggère, elle contourne. On a envie de lui crier d’être directe, mais c’est là qu’on retrouve la Valerie qu’on connaît : celle qui a peur de froisser, celle qui veut être aimée tout en essayant de diriger. Ce tiraillement l’empêche d’avoir la clarté nécessaire pour vraiment reprendre les rênes. Ce qui est fascinant ici, c’est la peinture du stress qui règne sur le plateau. On sent que tout le monde a peur de perdre sa place. Dans ce milieu qui change trop vite, l’inquiétude est devenue le moteur principal. Certains se braquent, d’autres deviennent des fantômes.
/image%2F1199205%2F20260421%2Fob_dcf642_vlcsnap-2026-04-20-16h11m12s253.png)
Valerie essaie de jouer les équilibristes au milieu de tout ça. Mais le vrai tournant de l’épisode, c’est quand elle décide de recontacter une ancienne collaboration. On connaît le passif, on sait que ça a été toxique et compliqué par le passé. C’est un pur réflexe de survie mâtiné de nostalgie. Elle se dit que ramener quelqu’un qui connaît « l’ancien monde » et les mécaniques de la comédie va sauver le navire. Sur le court terme, ça marche. Le plateau retrouve un peu de rythme, les vannes tombent mieux, on sent que l’humain reprend le dessus sur l’algorithme. Mais le prix à payer est lourd. Ce retour en arrière réactive de vieilles dynamiques de pouvoir un peu malsaines.
C’est le paradoxe Cherish : pour sauver son projet, elle est prête à se remettre dans une situation qui la fragilise personnellement. Elle choisit l’efficacité immédiate au détriment de sa propre sérénité. C’est brillant d’un point de vue scénaristique, parce que ça montre que l’évolution n’est jamais linéaire. On avance de deux pas, on recule d’un. Lisa Kudrow est encore une fois bluffante. Elle arrive à montrer tout ce qui se passe dans la tête de Valerie sans dire un mot. On voit ses hésitations, ses moments de déni où elle essaie de se convaincre que tout va bien, et ces éclairs de lucidité où elle comprend qu’elle est en train de se jeter dans la gueule du loup.
/image%2F1199205%2F20260421%2Fob_551491_vlcsnap-2026-04-20-16h26m14s914.png)
C’est ce qui rend le personnage si attachant malgré ses défauts : elle est terriblement humaine. Elle sait qu’elle se trompe, mais elle n'arrive pas encore à faire autrement. Au final, cet épisode 5 pose une question qu’on s’est tous posée un jour : pourquoi on s’obstine à porter à bout de bras des projets ou des systèmes qui ne nous respectent pas ? Valerie protège des gens qui ne l’apprécient pas forcément et défend des décisions qu’elle ne maîtrise pas. Elle retombe dans ses vieux travers de « protectrice du show », mais cette fois avec une conscience plus aiguë de ce qui se joue. Elle n’est plus la victime naïve des premières saisons, elle est une actrice consciente de son propre chaos.
On ressort de là avec une impression de fragilité totale. Le cap est tenu, mais pour combien de temps ? La suite de l’aventure va dépendre de sa capacité à vraiment couper le cordon avec ses habitudes. Si elle veut vraiment que ce « comeback » soit différent, il va falloir qu'elle accepte de casser des œufs. Pour l’instant, elle se contente d’essayer de ne pas faire tomber le plat, et c'est déjà un exploit en soi.
Note : 7/10. En bref, entre une technologie qui déshumanise le tournage et des vieux démons qui la poussent à pactiser avec des alliés toxiques, Valerie Cherish se retrouve coincée dans un équilibre précaire où sa nouvelle lucidité se heurte à ses éternels besoins de contrôle. Cet épisode 5 souligne avec brio que le plus grand défi de Valerie reste sa propre tendance à l'auto-sabotage, même quand elle est la seule à vouloir donner du sens à un système en plein naufrage.
Disponible sur HBO max
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog