Critiques Séries : The Comeback. Saison 3. Episode 4.

Critiques Séries : The Comeback. Saison 3. Episode 4.

The Comeback // Saison 3. Episode 4. Valerie Does it All.

 

Franchement, si on m’avait dit un jour que Valerie Cherish deviendrait la voix de la raison dans un asile à ciel ouvert, j'aurais eu du mal à y croire. Et pourtant, cet épisode 4 de la saison 3 de The Comeback nous balance exactement ça en pleine figure. C’est un virage assez génial parce qu’il casse l’image de la « has-been » un peu à côté de la plaque qu’on traîne depuis des années. Là, le décor change. On n'est plus dans la simple gêne sociale ou le malaise comique pur. On est dans le portrait d’une femme qui, contre toute attente, est la seule à avoir gardé les yeux ouverts alors que tout le monde autour d'elle semble avoir activé le mode pilote automatique.

 

Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est le bordel ambiant sur le tournage de son pilote. D'habitude, c'est Valerie qui crée le chaos par ses interventions maladroites ou son besoin maladif d'être aimée. Ici, le chaos préexiste, il est structurel. Elle porte sa casquette de productrice exécutive avec une sorte de sérieux presque touchant, mais elle se retrouve face à un mur d’indifférence. Ses collaborateurs sont là physiquement, mais leurs esprits sont ailleurs, perdus dans des calculs d’ego ou de carrière. On sent une tension permanente, pas celle d'un thriller, mais celle d'un projet qui part en lambeaux parce que personne n'a de vision commune. 

Valerie essaie de coller les morceaux, de donner une direction, mais elle prêche dans le désert. L’entrée en scène de l’intelligence artificielle dans le processus de création apporte une couche supplémentaire de malaise. Ce qui est intéressant, c’est que la série ne tombe pas dans le vieux cliché du « robot méchant ». Elle montre quelque chose de bien plus insidieux. L’IA propose des trucs qui « fonctionnent » techniquement, des dialogues qui remplissent les trous, des structures de scènes qui respectent les codes. Sur le papier, c’est propre. Mais à l’écran, c’est vide. C’est là que le bât blesse. On voit Valerie s’interroger devant des décisions scénaristiques totalement absurdes que le reste de l’équipe accepte sans broncher.

 

C’est comme si tout le monde avait abandonné l'idée de faire quelque chose de bien pour se contenter de faire quelque chose de rapide. C’est précisément dans ces moments-là que Valerie gagne une profondeur inédite. Elle pose des questions de bon sens, des questions que n’importe quel spectateur se poserait : pourquoi cette scène n’a aucun sens ? Pourquoi dépenser des fortunes dans des décors qui ne servent à rien ? Pourquoi personne ne semble s'en soucier ? Cette lucidité nouvelle crée un contraste hyper fort avec son personnage des débuts. Avant, elle subissait le système en essayant désespérément d’y rentrer.  

ujourd'hui, elle comprend comment le système fonctionne et elle se rend compte, avec une pointe d'amertume, qu'il est en train de perdre les pédales. Le départ du réalisateur chevronné agit comme un déclic. Quand il s'en va, il laisse derrière lui une vérité un peu brute : on ne peut pas remplacer l'instinct humain par une suite de calculs. Il rappelle que pour toucher les gens, il faut de l'imperfection, de la surprise, quelque chose que l'algorithme ne peut pas encore simuler. Valerie semble absorber cette leçon. Elle prend conscience que la valeur d'un projet ne réside pas dans sa rentabilité ou sa fluidité technique, mais dans ce petit supplément d'âme qu'elle est la seule à essayer de sauver.

 

À côté de ça, sa solitude est palpable. Même son agent, qui devrait être son premier allié, se comporte comme un spectateur passif, prêt à sauter sur la prochaine opportunité si le vent tourne. Valerie se retrouve isolée dans sa propre réussite. Elle doit gérer les crises, les doutes et l’incompétence généralisée sans avoir personne sur qui se reposer. Ce n’est pas du mélo, c’est juste la réalité crue d’une femme qui réalise qu’être au sommet, ou du moins essayer d’y rester, c’est surtout apprendre à gérer les problèmes des autres en plus des siens. Lisa Kudrow est absolument impériale dans cet épisode. Elle arrive à faire passer une fatigue immense derrière son sourire de façade. 

On voit dans son regard qu’elle n’est plus la même. Elle est plus consciente, plus fatiguée aussi, mais elle refuse de lâcher l’affaire. C'est ce mélange de détermination et de lassitude qui rend Valerie si humaine ici. Elle n'est plus une caricature de starlette déchue, elle est devenue une professionnelle qui lutte pour que son travail ait encore un sens. Au final, cet épisode nous raconte quelque chose de très actuel sur l’industrie de la télé, et peut-être même sur le monde du travail en général. On nous montre un système qui tourne à vide, obsédé par la rapidité et l'automatisation au détriment de l'humain. 

 

Et au milieu de ce grand n'importe quoi, il y a Valerie Cherish. Elle qu’on prenait pour une imbécile devient le dernier rempart contre l’absurdité ambiante. C’est un retournement de situation brillant qui redonne un souffle incroyable à la série. On a hâte de voir si elle va réussir à transformer cette lucidité en véritable pouvoir, ou si elle finira broyée par une machine qui n'a plus besoin de cœur pour fonctionner.

 

Note : 6.5/10. En bref, cet épisode nous raconte quelque chose de très actuel sur l’industrie de la télé, et peut-être même sur le monde du travail en général. On nous montre un système qui tourne à vide, obsédé par la rapidité et l'automatisation au détriment de l'humain. Et au milieu de ce grand n'importe quoi, il y a Valerie Cherish. 

Disponible sur HBO max

 

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