6 Mai 2026
The Comeback // Saison 3. Episode 7. Valerie Chases the Truth.
On commence à bien connaître le rythme de cette troisième saison de The Comeback. C’est ce mélange bizarre entre la satire pure et une histoire de personnages un peu triste, où tout le monde semble marcher sur des œufs. Mais avec cet épisode 7, on passe un cap. La série lâche un peu le côté rigolo pour s’enfoncer dans quelque chose de plus lourd, de plus actuel aussi. On y parle de boulot, de responsabilités et, surtout, de cette sensation que l’humain est en train de devenir une option dans une industrie gérée par des machines. Le gros morceau de l’intrigue, c’est l’arrivée fracassante de l’intelligence artificielle dans le quotidien de Valerie Cherish.
C’est fascinant et terrifiant à la fois. On voit Lisa Kudrow, toujours parfaite dans le rôle, réaliser que son émission n’est plus vraiment la sienne. C’est devenu un produit pur, un truc mâché par des algorithmes. Même la promo, les affiches, tout est généré par l’IA. Valerie se retrouve face à une version d’elle-même qui n’existe pas, une image reconstruite sans qu’elle ait eu son mot à dire. Ça pose une question hyper concrète pour n’importe quel artiste aujourd’hui : que reste-t-il d'authentique quand on peut fabriquer votre visage et vos émotions avec un logiciel ? À côté de ça, l’épisode fouille dans les fêlures des relations professionnelles, et c’est pas forcément joli à voir.
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Mark, par exemple, se prend son passé en pleine face. La série ressort de vieux dossiers, des comportements qui passaient crème il y a dix ou vingt ans, mais qui aujourd’hui ne sont plus acceptables. C’est intéressant parce que le scénario ne cherche pas à faire la morale. Il se contente de montrer comment les trajectoires des gens sont aujourd’hui relues à travers le prisme de nos nouvelles normes sociales. Mark est paumé, et nous, on observe cette distance entre ce qu’il était et ce qu’on attend de lui maintenant. Heureusement, il y a Jane. Son retour auprès de Valerie apporte une bouffée d’oxygène, même si c’est une oxygène un peu viciée par les années de galère en commun. Leur lien est super complexe.
C’est une loyauté qui s’est construite dans la douleur, entre trahisons et moments de gloire. Jane, c’est le témoin, celle qui voit les coulisses et qui comprend les rouages de cette machine à broyer les gens. Son rôle dans cet épisode est crucial car elle permet de sortir de la bulle de Valerie pour regarder le système de l’intérieur. L’épisode prend aussi le temps de s’intéresser à ceux qu’on ne voit jamais : les techniciens. C’est peut-être l’un des points les plus touchants. On voit bien que l’automatisation et la course à la rentabilité sont en train de tuer les métiers de l’ombre.
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Ces gens qui font que la télé existe sont de plus en plus précaires, remplacés ou poussés à bout par des logiques de production qui ne respectent plus le temps humain. C’est une réalité assez sombre que la série traite avec beaucoup de justesse. Au milieu de tout ce chaos, Valerie Cherish fait ce qu’elle sait faire de mieux : elle essaie de survivre. Elle est dans une position impossible. D’un côté, elle est l’image publique, la star du projet, mais de l’autre, elle n’a plus aucun contrôle sur rien. Elle essaie de s’adapter, elle fait semblant de comprendre, elle résiste un peu, mais on sent que le sol se dérobe sous ses pieds. C’est cette tension qui rend le personnage si attachant malgré ses travers.
Elle ne veut pas rompre avec le système, elle veut juste y exister encore un peu. En fait, ce septième épisode évite les gros rebondissements de feuilleton pour se concentrer sur des changements plus lents, plus profonds. En parlant de l’IA, de la fin de certains métiers et des erreurs du passé, The Comeback dresse le portrait d’un monde en pleine mutation qui ne sait plus trop quoi faire de ses humains. Ce qui reste après le générique, c’est cette impression de flou. La série continue de jouer avec les frontières : on ne sait jamais vraiment quand Valerie joue la comédie pour ses caméras ou quand elle est sincère. Tout est mélangé, la performance et la vraie vie, le marketing et les émotions.
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C’est ce côté meta qui fait la force de la série. On termine l’épisode sans réponse toute faite, en se demandant simplement comment Valerie et les autres vont bien pouvoir se réinventer dans une industrie qui semble avoir de moins en moins besoin d'eux. Une analyse fine, sans fioritures, d'un tournant qui nous concerne tous.
Note : 9/10. En bref, cet épisode délaisse la comédie pure pour filmer avec une justesse glaçante une industrie déshumanisée par l'IA et le poids des erreurs passées. Valerie Cherish y apparaît plus vulnérable que jamais, tentant de garder le contrôle alors que sa propre image et son métier semblent lui échapper.
Disponible sur HBO max
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