Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 18.

Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 18.

Watson // Saison 2. Episode 18. Sic Semper Tyrannis.

 

On arrive doucement vers la fin de cette deuxième saison de Watson, et le constat est quand même assez amer. En regardant l'épisode 18, on sent que la série a pris un virage qui ne lui ressemble plus vraiment. On est loin de ce qui nous avait accrochés au départ, et ce nouvel épisode confirme une tendance inquiétante : le show semble avoir perdu sa boussole. Au début, ce qui faisait le sel de Watson, c’était cette plongée fascinante dans la médecine de pointe, les diagnostics impossibles et les énigmes scientifiques. Mais là, on change totalement de registre. 

 

L'intrigue principale nous parachute dans les pattes d'un homme politique vieillissant, un leader sur le déclin qui exige d’être soigné par Watson en personne. Sur le papier, confronter notre médecin à un patient puissant et controversé aurait pu donner lieu à des débats éthiques passionnants. Sauf que la série survole complètement le sujet. Très vite, la médecine passe à la trappe pour laisser place à des histoires de succession, de jeux de pouvoir et de manipulations de couloirs. On a presque l'impression de regarder un thriller diplomatique de seconde zone plutôt que la série médicale qu’on aimait. Ce changement de cap est d'autant plus frustrant que la saison 2 multipliait déjà les fausses notes. 

Entre les hallucinations bizarres et le retournement de situation autour de Sherlock qui a divisé pas mal de monde, on sent que les scénaristes tirent un peu trop sur la corde. En voulant en faire trop, ils finissent par perdre l'essence même du projet : comprendre l'humain à travers la maladie. Ici, tout ce qui touche au soin devient un simple décor pour une intrigue politique qui manque de finesse. Certes, l’épisode essaie de nous raccrocher aux branches avec une histoire d'empoisonnement suspect. On se dit que ça va enfin ramener un peu de tension médicale, mais non. La révélation tombe à plat, sans aucun suspense, et le problème est réglé en deux temps trois mouvements. 

 

C’est là qu’on réalise que le médical n’est plus qu’un prétexte, une étiquette qu’on colle sur un scénario qui veut raconter tout autre chose. Il y a aussi un gros souci de cohérence avec le personnage de Watson lui-même. Depuis qu’on a appris qu’il avait une tumeur, on s’attendait à voir un homme affaibli, confronté à ses propres limites. Mais dans cet épisode, il continue de bosser comme si de rien n’était. Qu’un patient exige sa présence et qu’il revienne à l’hôpital d’un claquement de doigts, c’est franchement difficile à avaler. On a l’impression que les règles de la série changent selon les besoins du scénario du jour. 

Pour la crédibilité, on repassera. Cette volonté de privilégier l’efficacité immédiate au détriment de la logique finit par casser le lien qu’on avait avec le personnage. À côté de ça, l'arc narratif autour de Sasha et de sa mère biologique continue de traîner en longueur, et le traitement est assez déroutant. Ce qui aurait pu être une belle réflexion sur l'identité vire au drame sombre, limite violent, à cause des manigances de Beck. L’épisode pousse le bouchon assez loin avec un affrontement physique qui sort de nulle part. C’est dommage, car Watson brillait autrefois par son intelligence et sa capacité à résoudre les conflits par l'analyse, pas par la force brute. 

 

On a l'impression que les auteurs ont choisi la facilité pour boucler cette intrigue rapidement. Même chose pour Ingrid. Son évolution est pour le moins chaotique. Elle prend des décisions radicales qui ne semblent pas vraiment justifiées par ce qu’on sait d’elle. Ce basculement manque de préparation, de nuances. On a du mal à comprendre où elle veut en venir, et c'est frustrant parce qu'on sent que le potentiel est là, mais qu'il est gâché par une écriture un peu trop pressée. Quand on repense à la première saison, le contraste est flagrant. Avant, chaque cas médical servait à creuser la psychologie des personnages. Tout était lié, fluide. Aujourd'hui, on empile les intrigues sans qu'elles se répondent vraiment. 

On cherche à nous surprendre à tout prix avec des twists, mais on oublie de construire une histoire solide sur la durée. En résumé, cet épisode 18 est le symbole d’une série qui cherche son second souffle mais qui s'essouffle en chemin. En mélangeant politique, violence et rebondissements tirés par les cheveux, Watson dilue son identité. Est-ce qu'un retour aux sources est encore possible d'ici le final de la saison ? On peut en douter. La série semble surtout vouloir fermer ses dossiers au plus vite, quitte à sacrifier la cohérence globale. C’est dommage, car on aimait Watson pour sa singularité, et on se retrouve avec un show qui ressemble à beaucoup d'autres.

 

Note : 3/10. En bref, cet épisode 18 est le symbole d’une série qui cherche son second souffle mais qui s'essouffle en chemin. En mélangeant politique, violence et rebondissements tirés par les cheveux, Watson dilue son identité.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article