Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 20 (series finale)

Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 20 (series finale)

Watson // Saison 2. Episode 20. The Cobalt Fissure.

SERIES FINALE

 

L’épisode 20 de la saison 2 de Watson vient de tomber, et honnêtement, il résume à lui seul tout ce qui cloche avec la série depuis des mois. On avait commencé avec une proposition plutôt cool : des mystères médicaux solides et une dynamique d’équipe qui tenait la route autour de John Watson. Mais là, pour ce grand final, la série s’éparpille dans tous les sens et finit par s’écraser au sol sans jamais réussir à conclure ses intrigues proprement. On sent que les scénaristes ont bossé dans l’urgence, assemblant des idées de dernière minute pour boucher les trous d’un récit devenu trop fragile.

 

Ce qui me frustre le plus en tant que spectateur, c'est que la série semble avoir totalement oublié son ADN. Au lancement, Watson misait sur des cas cliniques complexes. C’était parfois un peu tiré par les cheveux, mais ça fonctionnait parce que l'équilibre entre le drame humain et l'enquête scientifique était respecté. Depuis la moitié de cette saison 2, le médical a été relégué au second plan. On nous a servi à la place une tonne d'hallucinations, de complots fumeux et de twists forcés autour de Sherlock Holmes. Ce dernier épisode va encore plus loin dans cette dérive. L’intrigue Sebastian Moran, par exemple, tombe complètement à plat. 

Entre les menaces sur Mary et les manipulations autour de Sherlock, j'ai eu l’impression de regarder une autre série, un thriller générique qui manque cruellement de cohérence. Le scénario préfère s'amuser avec une pseudo-intrigue criminelle plutôt que de boucler les arcs qu'on suit depuis le début de l’année. Le cas médical de Sherlock aurait pu, en théorie, sauver les meubles. Après nous avoir fait croire pendant des semaines que Holmes n'était qu'une projection mentale due à la tumeur de Watson, la série change de braquet : il est vivant. Le problème, c'est que ça arrive tellement tard qu’on n'y croit plus. L'impact émotionnel est proche de zéro. 

 

On passe des hallucinations à une amnésie, puis à une histoire de radiations et de mutation génétique en l'espace de trois scènes. C’est confus, c’est lourd, et ça dessert totalement le personnage. Même constat pour la tumeur de Watson. On nous a vendu ça comme le fil rouge ultra dramatique de la saison, avec une mise en scène pesante. Et finalement ? Tout se règle en un claquement de doigts. Une opération, un saut temporel, et on n'en parle plus. C’est expédié, presque insultant pour l’investissement émotionnel qu’on nous a demandé tout au long des épisodes précédents. La vie sentimentale de Watson subit le même traitement express. 

La tension avec Mary, qui stagnait depuis des lustres, tente d'être résolue par une déclaration finale qui sort de nulle part. On sent l'obligation contractuelle d'offrir une fin romantique, mais sans avoir pris le temps de construire la moindre base solide. C’est d’ailleurs le syndrome de ce final : tout le monde est pressé. Sasha vit une rupture majeure qui est traitée en surface. Ingrid reste coincée dans les retombées de l’affaire Beck sans que le sujet soit approfondi. Quant à Adam, qui était pourtant l’un des points forts de la saison avec l’histoire des triplés, il est quasiment invisible. Même la mort de l’infirmière est balayée d'un revers de main. Rien n’a de conséquences réelles, rien ne pèse. 

 

C’est rageant parce qu’il y avait encore du potentiel. Certains membres de l'équipe restent attachants et quelques épisodes isolés de cette saison nous rappelaient que Watson peut être excellente quand elle reste simple. Mais à force de vouloir surprendre à tout prix avec des révélations improbables, la série a perdu son identité. Entre l’épisode 15 et ce final, l’histoire s’est transformée en un thriller psychologique maladroit qui ne sait plus gérer ses propres enjeux. On finit cette saison avec un sentiment de confusion totale. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose, et surtout l’impression persistante que Watson s’est définitivement perdue en cours de route.

 

Note : 1/10. En bref, ce final déçoit en sacrifiant l'identité médicale de la série au profit d'un thriller confus et de rebondissements forcés autour du retour de Sherlock. Les intrigues sont résolues de manière tellement précipitée qu'elles perdent tout impact émotionnel, laissant une impression amère de gâchis.

Prochainement en France

 

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