Critique Ciné : Worldbreaker (2025, direct to SVOD)

Critique Ciné : Worldbreaker (2025, direct to SVOD)

Worldbreaker // De Brad Anderson. Avec Luke Evans, Milla Jovovich et Billie Boullet.

 

Ah, Worldbreaker. Ce film post-apo si mou qu’on se demande s’il n’a pas lui-même été contaminé par un breaker (les créatures du film) avant même le clap de début. On entre plein d’espoir – des monstres, une ambiance désolée, Brad Anderson à la réalisation – et on ressort avec le même enthousiasme qu’après avoir fixé un mur humide pendant deux heures. Et encore, le mur a probablement plus de tension dramatique. On aurait cru à une renaissance du genre, une sorte de Sans un Bruit alternatif avec une pointe d’énergie. À la place, on se retrouve face à un récit aussi dynamique qu’un tapis de poussière et une mise en scène qui semble constamment hésiter entre faire peur, faire pleurer ou simplement faire passer le temps jusqu’au générique de fin.

 

Dans un futur proche où les conditions météorologiques extrêmes constituent une menace pour l'humanité tout entière. Un père et sa fille se cachent sur une île et se préparent à ce que le monde s'écroule.

 

Willa, l’ado tête brûlée du film, est censée porter l’émotion. En pratique, elle se contente de valider chaque cliché possible imaginaire pour jeune héroïne insupportablement imprudente. À chaque fois qu’elle apparaît à l’écran, on sent venir un nouveau désastre, un peu comme dans ces films de James Nunn où la narration se contente de pousser les persos d’un décor au suivant tout en priant pour que personne ne remarque le vide à l’intérieur. Ici, même prier ne suffit plus. Willa désobéit, Willa s’enfuit, Willa crée un problème et un adulte meurt : une mécanique si répétitive qu’on finit par se demander si ce n’est pas une boucle temporelle punitive. Luke Evans tente visiblement de sauver quelque chose du naufrage. 

 

Il joue le père usé, celui qui porte littéralement le film sur ses épaules – parce que le scénario, lui, ne porte rien du tout. Milla Jovovich, quant à elle, apparaît en mode guest de luxe : un quart d’heure au début, quelques flashbacks au milieu, et une aura héroïque que le récit gonfle artificiellement comme si ça allait masquer la pauvreté générale de l’histoire. Non, ça ne masque rien. Ça accentue juste le vide. Les breakers eux-mêmes ? Ces créatures censées faire trembler la planète ressemblent à des cousins fatigants des insectes de Starship Troopers, mais sans le fun, sans la panique, sans le côté spectaculaire. Des monstres qui devraient être terrifiants mais qui finissent aussi menaçants qu’un moustique un dimanche après-midi. 

 

Les humains hybrides ? Encore un concept excitant réduit à une simple excuse pour dire qu’ils ont bricolé quelque chose. Même le personnage mythique de Kodiak, sur lequel Willa fantasme comme si c’était un super-héros post-apo, finit par ressembler à une sorte de légende locale inventée pour meubler les conversations un soir où plus personne n’avait rien à dire. Puis arrive le fameux saut temporel. On se dit que ça va relancer le récit. C’est mignon d’avoir encore de l’espoir à ce stade. L’histoire migre vers une île qui cumule toutes les qualités : grise, déserte, morne, et tellement monotone qu’on comprend pourquoi les breakers n’y viennent pas. Même eux ont mieux à faire. 

 

Et sur cette île, Willa rencontre Rose, un personnage qui aurait dû créer un souffle nouveau mais qui, à l’écran, ressemble plutôt à une variante de personne mystérieuse apparue pour justifier une demi-heure de plus. Normalement, un twist dans un film de monstres, ça surprend. Ici, le twist arrive comme un courrier administratif : attendu, prévisible, sans émotion. Il tombe avec la même énergie qu’une porte qui claque mal. On le voit venir de si loin qu’on a tout le loisir de préparer un café, répondre à deux mails et revenir sans avoir raté la moindre étincelle dramatique. Le plus ironique dans tout ça, c’est que Worldbreaker n’est pas techniquement catastrophique. C’est pire : il est correct. Un film nul mais techniquement propre est beaucoup plus frustrant qu’un vrai nanar. 

 

Au moins, un nanar a la décence d’être drôle malgré lui. Ici, tout est lisse, fade, appliqué. Une photographie grise mais propre, des effets spéciaux acceptables, des acteurs compétents… le problème, c’est que rien n’a d’âme. Rien n’a de sens. Rien ne s’anime. C’est le néant poli. On sort de Worldbreaker avec cette impression étrange : le genre post-apocalyptique, même en pilote automatique, réussit généralement à accrocher un minimum d’attention. Mais ce film, lui, semble avoir fait un pari : être le premier récit d’invasion extraterrestre où l’apocalypse la plus dangereuse n’est pas celle qui ravage la planète, mais celle qui te frappe quand tu réalises que tout cela n’a mené absolument nulle part. D’un côté, ce n’est pas étonnant que Brad Anderson ait réalisé un épisode de la série Invasion, c’est la même chose. 

 

Bref, si tu voulais du frisson, de la tension ou une histoire portée par autre chose que des décisions scénaristiques dignes d’un générateur aléatoire, il faudra aller voir ailleurs. Worldbreaker ne casse rien, ne brise rien, ne marque rien. C’est un film qui existe parce qu’il fallait bien remplir une case dans un calendrier de sorties. Le monde ne se brise pas dans Worldbreaker. C’est ton enthousiasme qui s’effondre. Et ça, le film le réussit parfaitement.

 

Note : 2/10. En bref, le film qui prouve qu’on peut survivre à tout, sauf à l’ennui.

Prochainement en France en SVOD

 

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G
salut toi <br /> vue que j'ai mes chouchou dans ce film<br /> donc a regarde :OP<br /> aller bisous
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D
Bon courage ;)