Critique Ciné : Mange, prie, aboie (2026, Netflix)

Critique Ciné : Mange, prie, aboie (2026, Netflix)

Mange, prie, aboie // De Marco Petry. Avec Alexandra Maria Lara, Anna Herrmann et Kerim Waller.

 

Avec un titre comme Mange, prie, aboie, difficile de ne pas deviner à peu près où le film veut aller. Une quête de sens, des personnages paumés, un peu de nature, et des chiens pour adoucir le tout. L’idée a quelque chose de sympathique. Dans les faits, le film de Marco Petry ressemble surtout à une longue séance de développement personnel version carte postale. L’histoire suit Ursula, une femme politique en mauvaise posture après un scandale médiatique. Pour redorer son image, elle se retrouve affublée d’un chien dont elle ne veut pas vraiment. 

 

Cinq personnes font appel à un célèbre professeur retiré au creux des montagnes pour dresser leurs toutous, mais qui a vraiment besoin d'être remis dans le droit chemin ?

 

Direction le Tyrol, dans un centre de dressage un peu spécial, où un coach au charisme envahissant promet de réparer les liens entre humains et animaux… et surtout entre humains et eux-mêmes. Autour d’elle gravitent plusieurs personnages, chacun avec ses problèmes et son chien difficile. Un couple en crise, une femme un peu trop enthousiaste, un homme fermé… bref, une galerie de profils assez attendus. Le film installe rapidement son concept : les chiens ne sont pas le problème, ce sont leurs maîtres. Une idée déjà vue ailleurs, et ici traitée sans vraiment chercher à la renouveler. Tout est très balisé, très prévisible. 

 

Dès les premières minutes, il devient facile d’anticiper les arcs narratifs, les prises de conscience et même le ton général. Rien ne surprend vraiment, et c’est peut-être le plus gros défaut du film. Pourtant, il y avait de quoi faire. Le cadre est magnifique. Les montagnes du Tyrol offrent un décor naturel qui fait clairement le job. Les paysages, les grands espaces, les balades avec les chiens… visuellement, c’est agréable. C’est même souvent ce qui retient l’attention quand le reste commence à tourner en rond. Le film mise beaucoup sur cette carte, parfois un peu trop, comme si la beauté des lieux devait compenser le manque de profondeur du scénario.

 

Côté personnages, le constat est assez simple : ils existent surtout pour illustrer des idées. Ursula incarne la femme de pouvoir déconnectée, incapable de lâcher prise. Les autres sont là pour représenter différents types de blocages émotionnels. Mais aucun n’est vraiment développé en profondeur. Le film effleure les sujets sans jamais creuser. Résultat, il devient difficile de s’attacher à ces gens, ou même de vraiment s’intéresser à leur évolution. Le fameux coach, Nodon, apporte une énergie particulière. Présenté comme une sorte de guide un peu mystique, il impose ses méthodes parfois étranges, entre exercices en pleine nature et moments quasi spirituels. 

 

Sur le papier, ça pourrait apporter une touche originale. À l’écran, cela oscille entre le décalé et le légèrement agaçant. Son côté charismatique fonctionne par moments, mais finit aussi par devenir un peu lourd. Le film se veut une comédie, mais l’humour reste assez discret. Quelques situations font sourire, sans plus. Rien de vraiment marquant. Le mélange entre comédie légère et drame personnel manque d’équilibre. Le film hésite souvent entre faire rire et émouvoir, sans vraiment réussir à choisir une direction claire. Du coup, le ton reste assez plat. Ce qui ressort surtout, c’est cette impression de surface. Mange, prie, aboie parle de relations humaines, de blessures personnelles, de reconnexion… mais sans jamais aller au bout. 

 

Tout est traité de manière simple, parfois même un peu facile. Les conflits apparaissent rapidement et se résolvent tout aussi vite. Les dialogues, eux, appuient souvent les émotions au lieu de les faire ressentir. Les chiens, eux, font le travail. Difficile de ne pas sourire devant certaines scènes, surtout pour les amateurs d’animaux. Ils apportent une sincérité que le film peine parfois à trouver ailleurs. Mais là encore, ils sont presque secondaires, alors qu’ils auraient pu être un vrai moteur narratif. Le casting s’en sort correctement. Les acteurs font ce qu’ils peuvent avec des personnages assez limités. Alexandra Maria Lara apporte une certaine crédibilité à Ursula, notamment dans ses moments de doute. 

 

Mais le scénario ne lui laisse pas beaucoup de marge pour aller plus loin. Les seconds rôles suivent la même logique : présents, mais peu exploités. Au final, Mange, prie, aboie ressemble à ces films qu’on regarde sans déplaisir, mais qu’on oublie rapidement. C’est doux, c’est joli, c’est accessible… mais ça manque clairement de substance. Le film coche toutes les cases du genre sans jamais prendre de risque. Il reste une balade tranquille, portée par de beaux paysages et quelques chiens attachants. Mais pour un film qui parle de liens, d’émotions et de transformation, l’ensemble reste étonnamment distant. Une expérience agréable sur le moment, mais qui laisse peu de traces une fois le générique terminé.

 

Note : 5/10. En bref, Mange, prie, aboie ressemble à ces films qu’on regarde sans déplaisir, mais qu’on oublie rapidement. C’est doux, c’est joli, c’est accessible… mais ça manque clairement de substance. Le film coche toutes les cases du genre sans jamais prendre de risque.

Sorti le 1er avril 2026 directement sur Netflix

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article