30 Avril 2026
The Boys // Saison 5. Episode 5. One-Shots.
On arrive à un moment charnière. Avec ce cinquième épisode de l'ultime saison de The Boys, les scénaristes ont décidé de bousculer nos habitudes. Fini la ligne droite, place à une structure fragmentée qui nous fait revivre la même journée à travers plusieurs regards. C’est le genre de choix qui, sur le papier, excite pas mal, surtout quand on sent la fin approcher. Mais dans la réalité de l'écran, le constat est plus nuancé : c’est brillant par moments, et franchement poussif à d’autres. L’épisode met d’abord le paquet sur Firecracker, et c’est peut-être là qu’il réussit le mieux son coup. On sent que le personnage a franchi un point de non-retour.
Elle ne cherche plus à concilier ses anciennes valeurs avec la machine Vought ; elle a totalement embrassé son rôle, quitte à s'y perdre. Les scènes sont dures, presque malaisantes, montrant une femme prête à tout pour une once de reconnaissance. C’est une trajectoire sombre, mais c’est l’une des rares qui tient vraiment la route émotionnellement dans cet épisode. On voit les dégâts psychologiques en direct, et ça, c’est du pur The Boys. À côté de ça, l’intrigue de Black Noir part en vrille totale. On est habitués à la violence gratuite avec lui, mais là, ça tape fort après un incident impliquant The Deep. Le souci, c’est que l’épisode hésite trop entre la tragédie pure et l’absurde complet.
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On regarde ça avec un œil un peu distant, en se demandant si on doit rire ou être choqué, sans que la série nous donne vraiment la clé. C’est percutant visuellement, mais niveau écriture, on reste un peu sur notre faim. Et puis, il y a cette séquence avec Terror, le chien de Homelander. On connaît l’ADN de la série, ce goût pour le décalage et l'humour un peu crade ou bizarre. Mais là, en plein milieu de la dernière saison, on se demande franchement ce que ça vient faire ici. C’est drôle deux minutes, mais ça ressemble à un détour narratif dont on n’avait pas vraiment besoin alors que les enjeux principaux sont censés brûler. Ça donne l’impression que le récit piétine volontairement pour remplir le temps.
Sister Sage, de son côté, continue de jouer les génies de l’ombre. Son plan prend une dimension mondiale, et on commence à voir poindre l'idée d'un conflit global. C’est ambitieux, c’est clair. Mais par moments, c’est presque trop théorique. Ses manipulations sont millimétrées, certes, mais on perd un peu en crédibilité. On a parfois l'impression que les autres personnages deviennent stupides juste pour que Sage paraisse plus intelligente. Le gros morceau de l’épisode reste la traque du composé V1. Voir Soldier Boy et Homelander faire équipe, c’est le fantasme de beaucoup de fans. Ils suivent une piste qui les mène vers une vieille figure des Supes, et là, ça part en comédie parodique totale.
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C’est chaotique, c’est bourré de dialogues absurdes et de nostalgie acide. C’est plaisant, mais est-ce que ça fait avancer l'histoire ? Pas vraiment. Pire, le personnage de Soldier Boy devient un peu flou. Il change d’avis, hésite entre détester Homelander et s'attacher à lui... on finit par ne plus trop savoir sur quel pied danser avec lui. Heureusement, le final rattrape le coup avec la conclusion de l'arc de Firecracker. C’est brutal, c’est logique, et ça ne cherche pas à nous brosser dans le sens du poil. C’est la partie la plus solide techniquement, parce qu’elle vient conclure une tension qui montait depuis plusieurs épisodes. C’est le genre de moment qui nous rappelle pourquoi on regarde la série.
Pour le reste, on sent que l’épisode fait du surplace. Les discussions entre Butcher et Hughie sont sympas, elles apportent un peu de chair aux personnages, mais on a surtout l’impression qu’ils attendent le prochain épisode pour agir vraiment. Cette structure éclatée, si elle permet de varier les plaisirs, finit par casser le rythme. On a plus l’impression de regarder une compilation de courts-métrages qu’un épisode de série cohérent. Il ne reste plus beaucoup de temps avant le grand final.
Note : 5/10. En bref, si l’épisode 5 pose des pions intéressants, il manque de fluidité. On a la variété, on a les angles de vue, mais il manque ce liant qui fait qu'on ne décroche pas une seconde. La suite va devoir sérieusement resserrer les boulons et choisir ses priorités. On veut de la tension, on veut que ça explose, mais on veut surtout que tout ça ait un sens avant le générique de fin définitif.
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